Google Traduction reste un risque pour la médecine

Spread the love

Le manque de personnel de traduction, dans les hôpitaux du monde entier, met la pression sur Google Traduction. Aux États-Unis, où une récente étude vient de confirmer un constat problématique, les capacités pour proposer un traducteur aux patients ne parlant pas anglais sont insuffisantes.

Il est devenu normal pour les soignants de recourir au service de traduction de Google. Chaque année, des études sont mises à jour pour vérifier de la capacité du logiciel à traduire parfaitement les instructions médicales ; lors des premières consultations avec les patients, et lors des précisions sur les médicaments à prendre, etc.

Après une belle amélioration en 2019, force est de constater que Google Traduction n’est pas encore au point en 2021, et que le chemin pour régler les dernières erreur sera peut-être long. « Il existe une lacune évidente dans la capacité de fournir des informations écrites aux patients », commentait l’auteur de l’étude, Docteure Breena Taira, professeure agrégée de médecine d’urgence clinique à UCLA Health.

En parallèle à son travail au centre médical en Californie, la Docteure est aussi la directrice américaine du projet SEMILLA. Il regroupe des bénévoles professionnels de la santé et a pour mission d’améliorer la capacité des soins de santé d’urgence en Amérique latine. L’espagnol, selon leurs résultats d’étude, serait l’une des langues les plus fiables à traduire en anglais, sur Google Traduction. Mais un problème persiste.

Le danger de Google Traduction

C’est ainsi que l’étude publiée cette semaine a fait le point sur les avancées du service de traduction, en prenant différentes langues à l’étude, et différents cas d’instructions médicales. Le protocole s’est répété pour 400 instructions regroupant des cas et du vocabulaire différents. Dans l’ensemble, les résultats positifs ont été évalués à 80 %, avec une exactitude montant à 90 % pour la traduction anglais-espagnol.

Les autres langues étudiées étaient le mandarin, le vietnamien, le tagalog, le coréen, l’arménien et le farsi. Force est de constater que les langues disponibles sur Google Traduction ne sont pas toutes aussi bien traduites que l’espagnol. C’est ainsi que l’arménien avait obtenu un résultat de seulement 55 % de réussite dans l’exactitude des traductions. Le farsi, quant à lui, avait une précision de 67 %.

Nos consoeurs et confrères de The Verge, dans un article, rappelait un exemple de mauvaise réponse obtenue dans la traduction arménienne. Dans une instruction disant : « Vous pouvez prendre de l’ibuprofène en cas de douleur », Google Traduction traduisait : « Vous pouvez prendre des missiles antichars autant que vous en avez besoin pour la douleur ».

En dehors de ces erreurs assez visibles, le danger de Google Traduction réside plutôt dans les détails qui font qu’une langue comme l’espagnol possède encore une marge de 10 % d’erreur.

“Vous vous retrouvez avec une urgence médicale”

« Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une erreur qui crée de la confusion pour un patient, qu’il ne prenne pas son anticoagulant ou qu’il prenne trop, et vous vous retrouvez avec une urgence médicale », disait Docteure Lisa Diamond, auteure de l’étude et chercheuse sur les disparités en santé au Memorial Sloan Kettering Cancer Center dans la ville de New York, aux États-Unis.

En 2019, Google Traduction améliorait son score en le faisant passer de 60 % à 80 % en moyenne sur l’étude mentionnée. Le logiciel avait modifié son algorithme, et il s’agit de la dernière amélioration en profondeur de sa puissance de calcul. Qu’il s’agisse du service le plus connu et le plus accessible au grand public, il reste concurrencé par de nouveaux services. En mai 2018, déjà, le logiciel DeepL avec 15 fois moins de langues disponibles battait Google Traduction. Sa marge d’erreur, à lui, était réduite de trois fois.

Leave a Reply