Google bannit encore cette application Android aux 50 millions de téléchargements

Après un premier bannissement du Play Store en mai 2023, l’application Android Downloader vient à nouveau d’être supprimé de la boutique d’applis par Google. La cause ? Une énième requête DMCA de violation des droits d’auteurs. Pour Elias Saba, développeur de Downloader, cette sanction est injustifiée. Explications.

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Crédits : Amazon

Si vous êtes un utilisateur d’un smartphone Android de longue date, vous faites peut-être partie des 50 millions d’utilisateurs à avoir téléchargé l’application Downloader. Lancée il y a plus de 7 ans, cette appli développée par Elias Saba, un ancien d’Amazon, a rapidement connu un grand succès sur le Play Store.

Pour rappel, Downloader combine un navigateur web et un gestionnaire de fichiers. Elle permet de télécharger facilement des fichiers depuis internet sur des appareils sous Android ou Android TV. Pour ce faire, il suffit de saisir une URL dans la barre de saisie dédiée.

En mai 2023, Downloader a été suspendue une première fois du Play Store par Google après un dépôt de plaintes de plusieurs sociétés de télévision israéliennes. Elles affirmaient notamment que l’appli était utilisée pour obtenir des fichiers protégés par le droit d’auteur sur des sites pirates. Finalement, l’appli a été réhabilitée par Google trois semaines plus tard. Mais le mal était déjà fait, puisque Downloader a perdu entre temps pas moins de la moitié de ses utilisateurs. Or, nos confrères d’Ars Technica nous apprennent que l’appli vient d’être à nouveau suspendue sur la boutique d’applis du géant américain ce mardi 28 novembre 2023.

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Crédits : Elias Saba

L’appli Downloader encore suspendue du Play Store

Votre application contient du contenu qui enfreindrait les droits d’auteur d’autrui et violerait les lois sur les droits d’auteur applicables dans le pays/juridiction concernée”, indique l’avis de Google. Cette sanction a été prononcée à la suite d’une plainte DMCA (Digital Millenium Copyright Act) déposée par MarkScan, une société de “protection des actifs numériques”.

Dans la plainte, il est précisé que MarkScan a agit au nom de Warner Bros. Discovery Inc, le célèbre studio de cinéma. Là où le bât blesse, c’est qu’un avis DMCA est censé identifier et décrire explicitement l’oeuvre concernée par la violation des droits d’auteur. Ce qui n’est pas le cas de la plainte de MarkScan, qui se contente d’identifier l’oeuvre comme “Propriétés de Warner Bros. Discovery Inc.”.

Autant dire que c’est plutôt vague pour un studio de cinéma avec un catalogue composé de 145 000 heures de programmes, avec plus de 12 500 films et 2 400 séries TV. Par ailleurs, un avis DMCA est également censé fournir un lien vers un site sur lequel on peut accéder légalement au contenu protégé. Ici, MarkScan a simplement ajouté l’URL du site officiel de la Warner, qui n’est autre qu’une simple vitrine des différentes productions du géant du 7e art.

“Google doit vérifier les demandes de retrait”

Pour Saba, il est à nouveau victime d’un abus d’avis DMCA. “On pourrait penser que Google vérifierait au moins que la demande de retrait constitue réellement une accusation plausible. Le champ le plus important du retrait, dans lequel le demandeur doit préciser où se trouve la violation du droit d’auteur, est dépourvu de tout détail”, dénonce-t-il.

Il conclut : “Si ce manque total d’informations suffit à retirer une application, alors aucune application du Google Play Store n’est à l’abri d’une suspension en quelques clics et en faisant une demande de retrait sans fondement”. 

Pour rappel, une fan page StarTrek sur Tumblr a récemment fait les frais du même genre d’abus. En avril 2022, c’est Nintendo qui a carrément fait supprimer des théories sur l’histoire du film Super Mario Bros. Pourtant, il s’agissait de simples discussions entres fans…

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