Un manifestant, présent devant l’Assemblée nationale, a eu la main arrachée. Partout en France, les « gilets jaunes » manifestent, pour leur acte XIII.

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 14h11, mis à jour à 15h09

Temps de Lecture 2 min.

Les forces de police et les « gilets jaunes », devant l’Assemblée nationale, le 9 février.
Les forces de police et les « gilets jaunes », devant l’Assemblée nationale, le 9 février. ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Un manifestant présent dans le cortège parisien des « gilets jaunes » a eu une main arrachée samedi 9 février à la mi-journée, à hauteur de l’Assemblée nationale, où de vives tensions ont eu lieu, a constaté notre journaliste présent sur place.

Cet homme a été évacué par les pompiers de l’Assemblée, un bandage au bout de l’avant-bras, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). La préfecture de police confirme qu’un « manifestant blessé à la main » a été pris en charge par les pompiers, sans donner plus de précisions.

La cause exacte de la blessure n’était pas établie dans l’immédiat. Mais, selon un témoin direct qui a filmé la fin de la scène, Cyprien Royer, il s’agit d’une « grenade de désencerclement » lancée par les forces de l’ordre. La victime « prenait des photos des gens en train de pousser les palissades de l’Assemblée nationale », a rapporté cet homme de 21 ans, dont l’AFP a pu visionner les images.

« Quand les flics ont voulu disperser les gens, il a reçu une grenade de désencerclement au niveau de son mollet, il a voulu mettre un coup de main dedans pour ne pas qu’elle explose vers sa jambe et elle a pété quand il l’a touchée. On l’a mis sur le côté, on a appelé les “street medics”, c’était pas beau : il hurlait de douleur, il n’avait plus aucun doigt, il n’avait plus grand-chose au-dessus du poignet. »

Selon la préfecture de police, dix personnes ont été interpellées lors de la manifestation parisienne.

Une mobilisation des « gilets jaunes » dispersée

Pour leur acte XIII, les « gilets jaunes » ont commencé samedi à manifester en ordre dispersé, après presque trois mois de contestation.

Quelques milliers de manifestants étaient rassemblés à la mi-journée sur les Champs-Elysées, d’où un cortège est parti à 12 heures pour le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel.

A hauteur de l’Assemblée nationale, des manifestants ont uriné sur les grilles d’enceinte et tenté d’enfoncer les palissades qui protègent l’entrée de l’Assemblée. Des tirs de grenades lacrymogènes ont répondu à des jets de projectiles au-dessus de ces palissades, et les manifestants ont été immobilisés sur le pont de la Concorde, avant que le cortège puisse repartir par le boulevard Saint-Germain. Quelques Abribus ont été cassés au passage du cortège.

En province, des rassemblements sont prévus à Bordeaux et Toulouse, pôles depuis plusieurs semaines de contestations souvent émaillées de heurts. Diverses actions sont également programmées dans d’autres villes : Montpellier, Lille, Nantes, Rennes, Brest, Caen, Lorient…

Malgré une mobilisation globalement en baisse, les 58 600 « gilets jaunes » manifestant avaient retrouvé une certaine unité à l’occasion de l’acte XII, samedi 2 février, placée sous le signe d’un hommage aux personnes blessées depuis le début de la contestation.

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