A Paris, où 7 000 personnes ont manifesté dans le calme, selon les autorités, des heurts ont eu lieu une fois le cortège disloqué. Ailleurs en France, des dizaines de manifestations ont eu lieu.

Le Monde avec AFP et ReutersPublié aujourd’hui à 12h55, mis à jour à 17h30

Temps de Lecture 3 min.

Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier à Paris.
Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier à Paris. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Pour leur dixième samedi consécutif, les manifestations de « gilets jaunes » à travers la France ont rassemblé 27 000 personnes à 14 heures, samedi 19 janvier, selon le ministère de l’intérieur. Ces chiffres sont moins importants que ceux que de la journée du 12 janvier, où 32 000 manifestants avaient été comptabilisés au même moment. Des chiffres qui sont habituellement critiqués par les « gilets jaunes », qui communiquent eux-mêmes leur comptage via plusieurs pages Facebook.

A Paris, le cortège principal, beaucoup plus structuré que lors de précédentes manifestations, comptait 7 000 personnes, selon les autorités. Il est parti de l’esplanade des Invalides vers midi. La manifestation a ralié la place d’Italie, dans l’est de Paris, avant de revenir aux Invalides. Un aller-retour de 15 kilomètres le long de la rive gauche, qui abrite de nombreux ministères et lieux de pouvoirs, et avait jusqu’ici échappé aux grands rassemblements. Autour des Invalides, toutes les rues menant aux ministères ou autres grandes institutions étaient bloquées par les forces de l’ordre.

La traversée s’est effectuée dans le calme, mais une fois le cortège disloqué, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canon à eau contre les manifestants qui jetaient des bouteilles et pavés, dans le 7e arrondissement parisien. Un feu tricolore a été descellé et une voiture vandalisée.

Lire notre analyse :Une partie des « gilets jaunes » s’accroche, l’autre raccroche
Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier à Paris.
Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier à Paris. Thibault Camus / AP

Les organisateurs avaient invité les participants à apporter « une fleur ou une bougie en hommage » aux personnes tuées ou blessées « pour [leur] cause » depuis le début du mouvement le 17 novembre. Dix personnes sont mortes, pour la plupart lors d’accidents à des barrages, et plus de 2 000 ont été blessées, du côté des manifestants comme des forces de l’ordre.

Sur l’esplanade des Invalides, des« gilets jaunes » ont écrit sur un drapeau tricolore : « Force de l’ordre, ne tirez pas »

Ce nouveau samedi de mobilisation se déroulait en effet sur fond de polémique sur l’utilisation par les policiers de « lanceurs de balles de défense », cause de multiples blessures. Sur l’esplanade des Invalides, des« gilets jaunes » ont écrit sur un drapeau tricolore : « Force de l’ordre, ne tirez pas, nous sommes ici pour l’avenir de vos et de nos enfants. »

Sur une autre, un détournement de la Marianne de Shepard Fairey, tableau affiché dans le bureau du président à l’Elysée, a modifié le slogan de la République par un « Liberté, Egalité, Flashball ».

PHILIPPE LOPEZ / AFP
Lire notre enquête :Le lourd bilan des lanceurs de balle de défense de la police

Des dizaines de manifestations dans toute la France

Selon la préfecture, 5 000 policiers et gendarmes mobiles, dont 35 détachements d’action rapide pour les interpellations, ainsi que huit véhicules blindés à roue de la gendarmerie, sont mobilisés dans la capitale pour le maintien de l’ordre.

Sur le plan national, le ministère de l’intérieur fait état d’un dispositif comparable en ampleur à celui du 12 janvier. Près de 84 000 personnes avaient manifesté la semaine passée dans le pays, une mobilisation en hausse par rapport aux 50 000 de la semaine précédente, mais bien inférieure aux centaines de milliers rassemblées en novembre ou décembre. Quelque 80 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés au total.

Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier, à Angers.
Manifestation des « gilets jaunes », samedi 19 janvier, à Angers. STEPHANE MAHE / REUTERS

Plusieurs rassemblements, de moindre importance mais comptant parfois quand même plusieurs milliers de personnes, ont eu lieu dans plusieurs villes, comme Marseille, Saint-Etienne, Roanne, Valence, Clermont-Ferrand, Montélimar, Dijon ou Nevers.

  • A Lille, entre 1 500 et 3 000 personnes ont défilé dans le centre-ville, dans le calme.
  • A Lyon, des « gilets jaunes », qui défilaient sur les quais du Rhône, ont été empêchés d’accéder à l’hypercentre par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.
  • A Bordeaux, un bastion du mouvement, quelque 4 000 « gilets jaunes » ont défilé dans le centre-ville, sans mobiliser autant que samedi dernier où les autorités avaient recensé un record de 6 000 personnes.
  • A Rennes, la situation était plus tendue, avec 2 000 manifestants qui se sont parfois affrontés avec la police.
  • A Béziers, plusieurs centaines de manifestants, 300 selon la police, se sont retrouvés en milieu de matinée dans le centre aux cris de « Macron démission, Macron en prison ! ».
  • A Rouen, selon Paris Normandie, quelque 2 000 manifestants se sont retrouvés dans la ville, où la situation avait été particulièrement tendue le 12 janvier.
  • Dans le centre de Toulouse, quelque 5 000 « gilets jaunes » ont manifesté, selon la préfecture.

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Face à la police et à la justice

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