Une nouvelle journée de manifestation du mouvement de contestation sociale s’est déroulée ce samedi avec au moins 27.000 manifestants à travers le pays. Alors même que le grand débat initié par l’exécutif a été lancé cette semaine.

Pour la dixième semaine de mobilisation des «gilets jaunes», le mouvement ne semble pas faiblir. Ils sont plusieurs milliers à avoir bravé le froid ce samedi pour manifester à Paris et dans les grandes villes de France. Cette journée fait office de test pour le gouvernement qui a lancé cette semaine son «grand débat national». À 14h, les autorités ont compté 27.000 manifestants, contre 32.000 à la même heure la semaine dernière.

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«Une mobilisation au moins égale à la semaine dernière est attendue», avait indiqué une source policière à l’AFP. L’acte IX du 12 janvier avait vu plus de 80.000 personnes dans les rues selon les estimations des autorités, contre 50.000 une semaine auparavant.

● À Paris

Des fleurs pour honorer les morts et les blessés du mouvement.
Des fleurs pour honorer les morts et les blessés du mouvement. Zakaria ABDELKAFI / AFP

En milieu d’après-midi, la police parlait d’environ 7000 manifestants quand l’agence Reuters en avait dénombré au moins le double. Le cortège s‘est élancé dans le calme et sous haute surveillance à la mi-journée des Invalides vers la Place d’Italie au son des «Macron démission!». Pour ce dixième samedi dans les rues de la capitale, la manifestation a rallié la place d’Italie, dans l’est de Paris, avant de revenir aux Invalides. Un aller-retour de 14 kilomètres le long de la rive gauche qui jusqu’ici a échappé aux grands rassemblements hebdomadaires.

Les organisateurs avaient invité les participants à apporter «une fleur ou une bougie en hommage» aux personnes tuées ou blessées «pour (leur) cause» depuis le début du mouvement le 17 novembre. Dix personnes sont mortes, pour la plupart lors d’accidents à des barrages, et plus de 2000 ont été blessées (du côté des manifestants ou des forces de l’ordre).

PHILIPPE LOPEZ/AFP

En fin d’après-midi, une fois revenus aux Invalides, de nombreux manifestants ont préféré quitter les lieux plutôt que d’être pris dans la nasse des policiers. Des tensions étaient signalées en différents endroits du secteur.

Samedi en fin d'après-midi aux Invalides à Paris.
Samedi en fin d’après-midi aux Invalides à Paris. STEPHANE KOVACS / LE FIGARO

Les journalistes ont aussi sorti les pancartes pour cet acte X, dénonçant les violences qu’ils subissent de la part des policiers et des manifestants. Place de la République, ils étaient une trentaine à réclamer la «liberté d’informer».

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● Dans les autres villes

Des milliers de manifestants se sont réunis dans les grandes villes françaises. À Toulouse, près de 5000 manifestants se sont par exemple rassemblés. En marge de la manifestation, un cortège de la CGT FSU mêle gilets jaunes et gilets rouges. Le cortège qui réunit 200 personnes marche sur les boulevards. C’est la quatrième manifestation syndicale depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».

Bordeaux accueillait une nouvelle fois un important rassemblement. Ils étaient quelque 4000 «gilets jaunes», selon la préfecture, à défiler en centre-ville. Le mouvement n’a cependant pas réussi à mobiliser autant que la semaine dernière: dans la capitale girondine, les autorités avaient alors recensé un record de 6000 personnes.

À Marseille, 2500 manifestants, selon la préfecture de police – soit presque autant que la semaine dernière (2700 selon la même source) – ont manifesté depuis le Vieux-Port à travers la ville. Après de brefs affrontements avec les forces de l’ordre qui tentaient de l’empêcher d’approcher de la préfecture, le cortège est reparti dans les rues et a rejoint la gare Saint-Charles. En fin de journée, douze personnes avaient été interpellées, selon la préfecture de police.

Environ 2500 «gilets jaunes», selon la préfecture, se sont retrouvés à Angers samedi en début d’après-midi pour un rassemblement plutôt pacifique et bon enfant, a constaté un photographe de l’AFP. En fin d’après-midi, les forces de l’ordre ont cependant dispersé aux grenades lacrymogènes et au canon à eau des «gilets jaunes» qui cherchaient à s’approcher de la préfecture, a constaté le photographe. Selon la préfecture, les manifestants continuaient à déambuler en ville en fin d’après-midi.

Plus de 2000 personnes ont déambulé dans les rues de Caen. Vers 14h30 les tensions entre manifestants et forces de l’ordre ont commencé dans les rues du centre-ville. Rue Saint-Jean, les forces de l’ordre ont lancé des grenades lacrymogènes avant de lancer une charge.

Environ 2000 «gilets jaunes» ont manifesté à Nancy. Le rassemblement a été marqué par quelques heurts avec les forces de l’ordre et plusieurs interpellations ont eu lieu, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À Rennes, les «gilets jaunes» ont mené une opération escargot sur la rocade en fin de matinée avant de rejoindre le centre-ville. Ils étaient environ 2000 entre la place de la République et celle de la mairie. Les premiers heurts ont été observés en cours d’après-midi par Ouest France qui a rapporté des tirs de grenades lacrymogènes.

À Toulon, 1.700 personnes ont défilé avant que n’éclatent des échauffourées au moment de la dispersion de la manifestation entre 150 personnes masquées et cagoulées et les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture du Var.

Environ 1500 «gilets jaunes» selon la préfecture du Nord, et 3000 selon les responsables de la manifestation, ont défilé samedi après-midi dans les rues de Lille. Au total, seize personnes ont été interpellées notamment pour «outrage», «jets de projectiles» et «maintien dans un attroupement malgré les sommations d’usage», a indiqué la préfecture du Nord à l’AFP précisant que sept d’entre elles étaient actuellement en garde à vue.

À Belfort et à Bergerac, ils étaient environ 1500 à manifester.

1300 manifestants ont défilé dans le centre de Montpellier. En fin d’après-midi des heurts ont éclaté devant la préfecture avec un groupe de 100 à 200 personnes qui a lancé des projectiles contre les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l’AFP. La préfecture fait état d’une interpellation et n’a pas recensé de blessé à ce stade.

À Lyon, un cortège a réuni plus d’un millier de personnes. La police a contenu les manifestants qui voulaient rejoindre le centre-ville en tirant des grenades lacrymogènes. Des cordons de CRS barraient les grandes rues commerçantes comme la rue de la République et la rue Victor Hugo.

À Foix, un millier de «gilets jaunes» se sont rassemblés devant la maison d’arrêt où deux d’entre eux sont incarcérés pour la dégradation d’un péage le 31 décembre.

Un millier de «gilets jaunes» ont défilé à La Rochelle, tandis qu’à Nantes, un rassemblement a réuni entre 800 et 900 «gilets jaunes», selon la préfecture de Loire-Atlantique. Evoquant «quelques frictions» avec les forces de l’ordre, la préfecture a précisé que huit personnes y avaient été interpellées.

900 «gilets jaunes» ont défilé à Besançon sans incident majeur.

À Béziers ont manifesté plusieurs centaines de «gilets jaunes», 400 selon la police et 800 selon les organisateurs. Considérée comme «à risque» par les autorités, la manifestation qui devait être «régionale» s’est déroulée sans incident. De nombreux commerces du centre ville avaient décidé de fermer pour l’occasion et baissé leurs rideaux de fer.

300 «gilets jaunes» ont défilé à Strasbourg.

À Brioude (Haute-Loire), une minute de silence a été observée en hommage aux manifestants morts et blessés depuis le 17 novembre.

● Quelques échauffourées à Paris et Bordeaux

De premières échauffourées se sont produites samedi après-midi à Paris dans le secteur des Invalides entre manifestants et forces de l’ordre, à l’issue d’un défilé de «gilets jaunes» qui s’est déroulé dans le calme, ont constaté plusieurs reporters sur place dont Stéphane Kovacs, journaliste au Figaro.

Avenue de Tourville, des «gilets jaunes» ont arraché un feu de signalisation. La police a répliqué en envoyant du gaz lacrymogène. Les forces de l’ordre ont également fait usage d’un canon à eau pour tenter de disperser des manifestants qui jetaient des bouteilles et pavés. Autour des Invalides, toutes les rues menant aux ministères ou autres grandes institutions étaient bloquées par les CRS.

À Bordeaux, où quelque 4000 «gilets jaunes» ont défilé, le cortège des manifestants a d’abord emprunté les rues commerçantes dans le calme. Mais la situation a vite dégénéré autour de la place Pey Berland, entre la cathédrale et la mairie, où les premiers affrontements avec les forces de l’ordre ont débuté avant même la tombée de la nuit.

Les journalistes de l’AFP ont notamment vu de très jeunes hommes casqués, masqués, en tenue de camouflage, très organisés, utiliser disqueuses et marteaux pour déterrer et transporter des pavés, se relayant pour les amener face aux forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

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