Lors de l’acte 10 des — P. Pavani / AFP
  • L’acte 10 des « gilets jaunes » a réuni plus de 10.000 personnes à Toulouse, selon la préfecture de la Haute-Garonne. Elle s’est terminée par des échauffourées avec la police et des dégradations.
  • Un appel à converger vers la Ville rose avait été lancé sur les réseaux sociaux et une figue emblématique du mouvement, Fly Rider, était présente.
  • Samedi, 40 personnes ont été interpellées. Ces arrestations viennent s’ajouter aux plus de 300 déjà recensées par le parquet de Toulouse depuis le début du mouvement.

De nombreux appels à converger vers Toulouse avaient été lancés sur les réseaux sociaux. Il semble avoir été entendu, puisque samedi, pour l’acte 10 du mouvement, la Ville rose est celle qui a recensé le plus de
«gilets jaunes».

La préfecture a recensé 10.000 manifestants au plus fort de l’après-midi, contre 6.000 la semaine précédente, ce qui était déjà un record. Selon les « gilets jaunes » ils étaient au moins 5.000 de plus.

C’est en tout cas dans la quatrième ville de France que la mobilisation a été la plus forte, devant Paris et Bordeaux. En queue de cortège, on retrouve souvent des antifascistes, très nombreux dans la Ville rose, et qui laissent souvent des traces de leur passage sur les murs.

Heurts en fin de manifestation

Au milieu du cortège se trouvait Maxime Nicolle, alias Fly Rider, une des figures du mouvement venue pour l’occasion.

La manifestation a débuté dans le calme à Jean-Jaurès, rejoignant celle organisée par les militants de la CGT et la FSU à Arnaud-Bernard.

Elle s’est achevée par des heurts, toutes les agences bancaires de la rue commerçante d’Alsace-Lorraine ayant été dégradées, ainsi que la façade du Capitole ou il a été tagué « Macron Bolsonaro, Non », en référence au président brésilien d’extrême droite.

Au cours de la semaine, les « gilets jaunes » s’étaient déjà mobilisés autour de la venue d’Emmanuel Macron à Toulouse-Francazal pour ses vœux aux Armées. Les manifestants avaient clairement indiqué qu’ils comptaient poursuivre la mobilisation, le « grand débat » étant pour eux « de la poudre aux yeux ».

Notre dossier «gilets jaunes»

Venus de tous les départements limitrophes, samedi ils ont clairement dénoncé les violences policières. Un leitmotiv des dernières manifestations toulousaines qui a été l’objet d’une performance artistique vendredi, à la veille de l’acte 10, demandant l’arrêt de l’utilisation des controversés lanceurs de balles de défense (LBD).

Samedi, les manifestants ont brandi les photos de manifestants blessés et pointé du doigt les propos tenus par le ministre de l’Intérieur lors de sa venue à Carcassonne​, indiquant qu’aucun policier n’avait attaqué de « Gilets jaunes ».

Plus de 360 personnes interpellées depuis le 17 novembre

Lors de la rentrée solennelle du tribunal de grande instance de Toulouse, vendredi le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari, a indiqué que depuis le début du mouvement, le 17 décembre, trois informations judiciaires pour « des pertes d’œil, ou des policiers mis en cause » ont été ouvertes et l’Inspection générale de la police nationale a été saisie à trois ou quatre reprises « pour une clarification parfaite de survenance de faits et répondre aux plaintes ».

Depuis le 17 novembre, plus de 300 personnes avaient été arrêtées, majoritairement le samedi. Parmi elles, 288 ont été placées en garde à vue. Cela s’est traduit par 176 réponses pénales parmi lesquelles 34 placements en détention et 80 interdictions de manifester en ville.

Samedi, 60 personnes ont à nouveau été interpellées, dont 46 placées en garde à vue selon la préfecture de la Haute-Garonne, 5 blessés légers chez les manifestants et huit chez les policiers ont été recensés.

71partages

Let a comment