Gaia-X : Le hub français invite les volontaires à rejoindre ses rangs

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Gaia-X : Le hub français invite les volontaires à rejoindre ses rangs

Le French Gaia-X Hub a inauguré sa première plénière vendredi 22 janvier, porté par le Cigref et trois autres organisations partenaires : l’Académie des technologies, le pôle de compétitivité Systematic Paris-Region et la Direction générale des Entreprises.

Plus d’un an après la mise en route de ce projet européen de cloud souverain, le hub français, référent national du consortium Gaia-X, défend son rôle de “catalyseur” dans l’Hexagone, et dévoile sa feuille de route pour 2021.

Avec plus d’un millier de personnes connectées pour suivre en direct la conférence virtuelle, la curiosité suscitée par Gaia-X est bien réelle. « Nous sommes face à une opportunité historique pour l’Europe », insiste le ministre Cédric O. « Nous avons là une technologie clé des années à venir. (…) Les Allemands se sont structurés, il faut que nous le fassions de notre côté », ajoute le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, pour, insiste-t-il, « faire progresser le projet sur ses deux jambes ».

Derrière les enjeux géopolitiques du cloud souverain, l’objectif très concret est de stimuler la création d’espaces de données sectoriels en Europe, devant ainsi permettre aux entreprises de collaborer, d’échanger des données et d’accroître leur productivité. Et les premières échéances se rapprochent : d’ici la fin du premier trimestre, chacun de ces espaces de données devra disposer d’une feuille de route avec des cas d’usages.

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« L’ossature de l’équipe de France de Gaia-X »

Ce hub français, résume Mathieu Weill, chef du service de l’économie numérique à la DGE, sera « l’ossature de l’équipe de France de Gaia-X ». La prochaine étape consistera à voir émerger des projets concrets pour faire avancer le cloud en Europe, soutient-il.

La plénière a permis de présenter les “data spaces” déjà formés. Les organisations partenaires ont d’ailleurs, à de multiples reprises, encouragé les auditeurs à rejoindre l’initiative en contactant les coordinateurs du Cigref.

Anticipant dans son propos introductif les interrogations liées à l’intégration des partenaires extra-européens au sein de l’initiative Gaia-X, Bernard Duverneuil, président du Cigref, souligne qu’aucun acteur, même américain ou chinois, ne sera exclu du projet, à la seule condition d’en respecter les règles européennes. Une équation qui semble d’emblée difficile à appréhender au regard du Cloud Act et des controverses exprimées par le passé au sujet notamment de l’implication de Microsoft dans le Health Data Hub. Un sujet sensible sur lequel même le Conseil d’Etat admet qu’il n’y a pas de risque zéro à voir les données transférées outre-Atlantique.

« Nous serons vigilants de l’utilisation et la valorisation des données professionnelles, en particulier pour les secteurs les plus sensibles », affirme Bernard Duverneuil, mentionnant à ce titre l’énergie et l’aérospatiale, sans oublier la santé, parmi les secteurs clés.

L’ère du edge computing

Gérard Roucairol, président honoraire de l’Académie des technologies, redit la nécessité de proposer une « vision du cloud computing », pour « ne pas laisser le monopole de la vision aux hyperscalers américains ». Un constat partagé par Jean-Luc Beylat, président du pôle de compétitivité Systematic Paris-Region, pour qui la démarche de Gaia-X vise avant tout à « participer à cette grande transformation du edge computing ».

Une ère du edge computing que la Commission européenne anticipait aussi dans sa stratégie européenne pour les données, dévoilée en février dernier : « à l’heure actuelle, 80 % des opérations de traitement et d’analyse des données se déroulent dans des centres de données et des installations informatiques centralisées, et 20 % dans des objets connectés tels que des voitures, des appareils ménagers ou des robots de l’industrie manufacturière, ainsi que des installations informatiques proches de l’utilisateur. D’ici à 2025, ces proportions vont probablement s’inverser ».

L’association internationale de Gaia-X officialisée en février

Dans son intervention, Hubert Tardieu rappelle les bases et les ambitions du méta-cloud européen. Le CEO par intérim de Gaia-X AISBL (association internationale) évoque la vision commune et les principaux points d’étapes. « L’enjeu numéro un du cloud est d’arriver à constituer des écosystèmes par grands domaines », explique-t-il. « Nous pensons que seul un effort sur la portabilité des applications, la portabilité des infrastructures et l’interopérabilité entre les cloud permettra la pénétration du cloud. (…) On fait du cloud pour faciliter l’échange de données industrielles. »

Cela se traduira par un certain nombre de standards et de « policy rules », mais aussi par un certain nombre de « services délivrés en open source ».

Après un an de mise en route, l’association européenne de Gaia-X devrait être officialisée dès le mois de février, et sa première assemblée générale aura lieu le 7 juin prochain. Elle rassemble déjà 200 membres. Le conseil d’administration ne comprendra que des représentants d’entreprises européennes ayant leur siège global en Europe. Il sera accompagné par un conseil gouvernemental, un conseil d’utilisateurs, un “policy committee” et un “technical committee”.

Des data spaces portés par les Etats membres

Les hubs nationaux prendront le relais pour gérer les data spaces. « Il serait illusoire de régler le problème des data spaces à partir d’une organisation centrale basée à Bruxelles », soutient Hubert Tardieu. Il espère voir s’organiser ces écosystèmes sectoriels à une « échéance rapide », puisqu’en mars commenceront les premiers appels d’offre sur la mutualisation des données en France, et au deuxième trimestre au niveau européen.

Trois cas d’usage seront définis pour chacun de ces écosystèmes sectoriels, et les premiers prototypes seront démontrables à partir de septembre.

La Caisse des Dépôts, l’un des premiers membres du Cigref à s’intéresser à Gaia-X, a initié l’écosystème dédié à la finance et à l’assurance en juin dernier. Olivier Sichel, directeur général délégué de la CDC, a listé les priorités du groupe, parmi lesquelles figurent l’authentification, la gestion dématérialisée des processus ou encore le renforcement de la lutte anti-fraude.

Le data space mobilité, porté notamment par Air France-KLM, le groupe Aéroports de Paris et la société Amadeus, porte des ambitions immenses dans un secteur sinistré par la crise, qui rassemble une diversité d’acteurs multimodaux. Une plateforme commune pourrait, selon Jean-François Cases, directeur de la propriété intellectuelle d’Amadeus, être utilisée dans de nombreuses situations, pour faciliter par exemple l’identité digitale d’un voyageur dans un aéroport ou suivre la gestion des tests PCR. « Nous avons créé ce groupe structuré qui travaille déjà sur des cas d’usage. Nous essayons de monter en puissance autour d’une infrastructure fonctionnelle. »

Les ambitions de Health Data Hub s’inscrivent dans l’espace Gaia-X

Le pôle santé a bien sûr un rôle immense à jouer dans le contexte de la Covid-19. Et pour porter ce data space sectoriel en France, le Health Data Hub accueille déjà une cinquantaine de parties prenantes. En vertu du caractère sensible des données de santé, le HDH a pour mission de concevoir un « guichet unique pour accompagner dans les démarches réglementaires » et « partager les données dans une plateforme sécurisée, notamment pour pouvoir développer des cas d’usage avec l’IA », décrit Stéphanie Combes, directrice du Health Data Hub.

Après un an de mise en place, 2021 sera l’occasion de structurer le Health Data Hub en interne, évoque la directrice. « Sur la partie infrastructure technologique, c’est important de travailler sur les enjeux de cybersécurité et de réversibilité. » L’objectif est aussi de fédérer des HDH nationaux entre les 26 Etats membres parties prenantes à l’échelle européenne. Dans cette action conjointe, le hub français représente « 9 % de la charge de travail totale » pour un budget global de 4,17 millions d’euros pour tous les pays participants.

Avant d’être pleinement validé, le hub devra aussi dissiper les doutes en matière d’hébergement. Les inquiétudes que suscite l’implication de Microsoft dans la plateforme pousse le gouvernement à faire marche arrière. Le ministre de la Santé a demandé le rapatriement des données d’ici à deux ans.

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