Gaëlle Lenfant accuse Eric Zemmour de l’avoir “embrassée de force” – Le HuffPost

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JOEL SAGET via AFP
Eric Zemmour, journaliste au “Figaro” et polémiste

POLITIQUE – C’est l’affiche de trop. Alors qu’une grande pancarte “Zemmour 2022” a été déployée sur un échafaudage d’Aix-en-Provence ce samedi 24 avril -elle a été retirée depuis- une conseillère municipale d’opposition socialiste a décidé de prendre la plume sur son compte Facebook le même jour, dans la soirée.

À visage découvert, Gaëlle Lenfant écrit d’abord avoir “découvert avec stupeur et dégoût cet affichage”, se demandant, sur le plan politique, si la ville, dirigée par Maryse Joissains (LR) avait “donné son consentement”. Avant de livrer ensuite un témoignage bien plus personnel, ciblant le polémiste Éric Zemmour.

Les faits remonteraient à 2004 ou 2006 selon Gaëlle Lenfant qui dit ne pas se souvenir exactement de l’année tant les faits sont anciens. Ils se seraient déroulés lors d’une université d’été du Parti socialiste à La Rochelle. “J’étais alors jeune militante du PS, et je participais à notre Université d’été annuelle, à La Rochelle. La veille, nous avions dîné à 5 dans un petit resto, près du port. Il y avait là Mélenchon, Bartolone, un militant PS des BDR (Bouches-du-Rhône, NDLR), moi, et… ce journaliste du Figaro dont je n’avais jamais entendu parler, Éric Zemmour. La soirée se passe bien, il ne se passe RIEN, rien d’autre que des conversations polies avec Zemmour”.

“Et il m’embrasse. De force.”

Voilà comment débute le récit de Gaëlle Lenfant, qui, contactée par Le HuffPost, n’a pas souhaité en dire plus à ce stade. “Le lendemain matin, je participe à un atelier animé par Jean-Luc Mélenchon (qui était alors au PS et avait fondé le courant auquel je participais). Je m’assois, et environ une demi-heure plus tard, Zemmour arrive. S’assoit sur la chaise devant moi. Me reconnaît, me dit bonjour et me demande ce qu’il a raté. Je lui résume l’intervention. L’atelier se termine, je me lève, il se lève aussi. M’attrape par le cou. Me dit ‘cette robe te va très bien, tu sais ?‘”, poursuit l’élue municipale.  

“Et m’embrasse. De force. Je me suis trouvée tellement sidérée que je n’ai rien pu faire d’autre que le repousser et m’enfuir en courant. Trembler. Pleurer. Me demander ce que j’avais bien pu faire. Qu’avais-je donc pu faire ?”, interroge-t-elle dans ce post commenté par plus d’un millier de personnes ce mardi 27 avril.

Un baiser forcé correspond à la définition juridique d’une agression sexuelle, qui inclut tout attouchement de nature sexuelle non désiré ou forcé.

L’élue d’opposition évoque “cet instant de ma vie dégoûtant, qui, chaque fois que j’y repense (et j’y repense…) me rend nauséeuse, de colère et de honte, parce que même en raisonnant, je ne peux me dépouiller de cette honte ancestrale, celle que chaque femme agressée qui me lira comprendra”.

Eric Zemmour n’a pas réagi

Contacté par Le HuffPost ce lundi, Éric Zemmour n’a pas donné suite à nos sollicitations. France Bleu a contacté son avocat qui n’a pas souhaité s’exprimer non plus.

Libération, de son côté a mené l’enquête et confirme la présence d’Éric Zemmour aux universités d’été de La Rochelle de 2004 et 2005. S’il n’était pas au courant de l’agression, Jean-Luc Mélenchon, contacté par nos confrères, déclare: “C’est très possible que ce repas ait eu lieu, car on travaillait beaucoup à intéresser les rubricards à notre thèse du ‘non’ (au référendum européen, NDLR) qui était “ultra-minoritaire”. À propos de l’élue d’opposition d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Mélenchon, qui ne l’a pas revue depuis son départ du PS, ajoute: “C’est une femme très sérieuse et très posée et je ne vois vraiment pas pourquoi Gaëlle Lenfant inventerait une histoire aussi traumatisante”.

Libération a également retrouvé des amis de Gaëlle Lenfant à qui elle s’était déjà confiée par le passé sur cet épisode, sans toujours préciser le nom de son agresseur. 

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