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Freinés par le confinement, les opérateurs en appellent aux autorités

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Freinés par le confinement, les opérateurs en appellent aux autorités

La crise sanitaire actuelle ne doit pas freiner le déploiement des réseaux fixes et mobiles en France. Voilà en substance ce qu’a prôné le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, lors d’une audition tenue mercredi matin au Sénat.

Mais, pour cela, il faudra que les opérateurs soient au rendez-vous et tiennent leurs obligations, malgré les mesures de confinement imposées par les autorités. Si le président du gendarme des télécoms a reconnu que la période actuelle pourrait déboucher sur des retards de déploiement, il a également promis d’étudier les demandes de report des échéances formulées par les opérateurs au cas par cas. Non sans poser des garde-fous en prévenant qu’il “n’acceptera pas n’importe quel retard justifié par la crise”.

“Avec la moitié du territoire non couverte en très haut débit et plusieurs milliers de zones blanches mobiles devant encore être résorbées, une partie de notre population est aujourd’hui déconnectée en plus d’être confinée. Pour ces Français, les pouvoirs publics se doivent, plus que jamais, d’atteindre les objectifs des programmes de couverture du territoire”, a de son côté rappelé Hervé Maurey, le président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, au sein de laquelle était auditionné le président du régulateur du secteur.

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Des aménagements nécessaires

Reste que pour s’adapter à cette nouvelle donne, des aménagements pourraient être nécessaires afin de laisser aux opérateurs le temps de répondre à leurs obligations. Ce qui pourrait passer par un gel de la période de confinement et du délai de redémarrage des travaux ainsi que par un décalage dans le temps des échéances du New Deal Mobile comme du plan France THD, comme l’a proposé le Sénateur Patrick Chaize

Des propositions qui devraient susciter l’assentiment des opérateurs, comme le confirmait au même moment Michel Combot, le directeur général de la Fédération française des télécoms, qui représente des opérateurs comme SFR, Orange ou Bouygues Telecom. Interrogé devant la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale, celui-ci a en effet estimé que la réponse à la crise “passera forcément par des aménagements législatifs pour fluidifier les procédures administratives”.

“L’urgence a été traitée lors des deux premières semaines du confinement. Désormais l’enjeu est de se placer dans le temps long parce que l’accès des Français à internet est devenu encore plus crucial avec cette crise sanitaire”, a relevé le dirigeant, rappelant la période faste qu’a connu le secteur avant la mise en place de mesures de confinement imposées par les autorités à compter de la mi-mars.

Un frein brutal au déploiement

“Nous étions dans une période d’intenses déploiements avant la crise, que ce soit pour la fibre optique et la 4G”, a ainsi détaillé ce dernier, chiffrant à quelques 15 000 prises de fibre optique supplémentaires le déploiement quotidien des réseaux fixes sur le territoire depuis le début d’année. Un rythme conséquent qui a été très largement freiné dès les premiers jours de la crise sanitaire.

“Ce frein a été aussi très brutal pour l’ensemble des PME sous-traitante dans le déploiement de la fibre optique ou de la 4G”, soulève le dirigeant, qui rappelle que “plusieurs mesures ont été prises en terme de réduction drastique des délais de paiement pour apporter un bol d’air à ces PME”, tant du côté d’Orange, que de SFR, Free ou Bouygues Telecom. Et de chiffrer entre 1,5 et 3 milliards d’euros le manque à gagner pour ces PME durant la période de confinement.

“L’idée serait désormais de retrouver le rythme de croisière qui était le nôtre jusqu’à maintenant”, a de son côté fait valoir Olivier Riffard, directeur des affaires publiques auprès de la Fédération. Il faudra pour ce faire surmonter de nombreux obstacles, a toutefois précisé ce dernier.

Faire des télécoms un sujet prioritaire

“Aujourd’hui nous avons plusieurs difficultés : d’une part la plupart des constructeurs de pylônes sont fermés avec l’impossibilité d’importer des pylônes construits à l’étranger”, a-t-il expliqué. “Nous avons également des problèmes d’approvisionnement en béton pour fabriquer les dalles sur lesquels sont posés les pylônes ainsi que des difficultés à trouver des grutiers”. Des problèmes existent également en matière d’approvisionnement de produits métalliques qui servent à construire les pylônes et qui proviennent notamment d’Italie.

Autre problème soulevé par la FFT, celui du raccordement des sites déjà construits – chiffrés entre 50 et 80 – au réseau électrique. “Nous disposons d’un grand nombre de sites qui sont prêts à être allumés, mais Enedis n’a pas prévu de mettre en oeuvre son plan de continuation d’activité pour les télécoms qui ne sont pas prioritaires, ce qui nous pose de grosses difficultés”, résume le chargé des affaires publiques de l’organisation, qui réclame une meilleure prise en compte du secteur par le fournisseur d’électricité.

Dernier problème, celui de la reprise ou de l’organisation de travaux de voirie. Les permissions de voirie, qui permettent par exemple de bloquer la circulation dans telle ou telle zone pour commencer des travaux de déploiement de réseaux fixes ou mobiles, sont très longs à obtenir, comme l’a en effet regretté l’organisation. Face à la lenteur de l’administration celle-ci propose de “passer du régime de silence vaut rejet à celui de silence vaut accceptation”.

Si l’organisation représentant les opérateurs a admis ne pas avoir eu de retours positifs à cette demande, elle précise que celle-ci pourrait considérablement lui faciliter la tâche. Quoi qu’il en soit, cela ne peut-être pas suffisant pour permettre aux opérateurs de respecter l’ensemble des engagements de déploiement, eux qui sont impactés, comme tant d’autres acteurs économiques, par la soudaineté d’une crise qu’il faudra pourtant surmonter dans les semaines et les mois à venir.

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