Forte inquiétude en Italie face à l’épidémie de coronavirus – Le Monde

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Transport de lits supplémentaires à l’hôpital de Codogno près de Lodi, dans le nord de l’Italie, le 21 février.

Transport de lits supplémentaires à l’hôpital de Codogno près de Lodi, dans le nord de l’Italie, le 21 février. LUCA BRUNO / AP

L’inquiétude concernant les progrès de l’épidémie de coronavirus a connu en Italie, dans les dernières heures, une nette augmentation, avec l’annonce de dix-sept nouveaux cas, quinze en Lombardie et deux en Vénétie. Vendredi soir 21 février, peu avant 23 heures, les autorités ont annoncé le premier décès sur le sol italien depuis le début de la crise. Et son profil comme son parcours n’ont rien de rassurant : en effet, il n’a jamais mis les pieds en Chine, et n’a jamais été en contact avec un malade connu.

La victime s’appelle Adriano Trevisan. Cet homme de 78 ans, maçon à la retraite, était hospitalisé depuis dix jours à Schiavonia, dans la province de Padoue (Vénétie). Il a commencé à développer la maladie alors qu’il était convalescent d’autres pathologies. Extrêmement faible, il n’avait jamais été jugé transportable dans l’hôpital du chef-lieu.

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Selon les informations transmises par le gouverneur de la région Vénétie, Luca Zaia, il n’avait eu aucun contact suspect durant les derniers jours, pas plus que le second malade identifié, un homme de 67 ans originaire du même petit bourg de Vo Euganeo. Des données de nature à jeter le trouble, faisant craindre un avancement réel de l’épidémie beaucoup plus important que ne le pensaient les autorités sanitaires.

Des tests doivent être pratiqués dans les prochaines heures sur pas moins de 4 200 personnes, des habitants des environs et des membres du personnel médical.

Mise en place de mesures radicales

« Je suis inquiet, j’ai parlé avec le maire de Vo Euganeo pour que toutes les mesures soient adoptées. Nous avons décidé de la fermeture des écoles et des commerces, tout en cherchant à reconstituer toutes les activités sociales et les contacts qu’ont eus ces personnes, afin de comprendre quel est le niveau du cordon sanitaire à mettre en place », déclare Luca Zaia.

La tâche s’annonce complexe dans la zone, alors même qu’on ne dispose d’aucune information quant au moyen par lequel les deux patients ont pu contracter la maladie. « Ils ne ressemblent pas aux habituels cas suspects », a ainsi concédé le gouverneur, convenant que ce dernier point était tout sauf rassurant.

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Si la situation en Vénétie est jugée préoccupante, c’est en Lombardie que l’épidémie a provoqué dans les dernières heures, la mise en place des mesures les plus radicales. Plus précisément dans la province de Lodi, vers laquelle tous les regards convergent désormais.

Là ont été identifiés quinze nouveaux cas. Dix communes de la zone, parmi lesquelles les plus importantes sont Codogno, Castiglione d’Adda et Casalpusterlengo, ont été mises en « isolement ». Dans cette zone, rassemblant environ 50 000 résidents, les écoles, les administrations et les bars ont été fermés, tandis que les habitants étaient appelés à rester chez eux. Des images de Codogno, survolée par un drone en fin de journée, montraient une petite commune aux rues soudain désertées, et aux airs de ville fantôme.

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