Florian Philippot tente de surfer sur le mouvement anti-passe sanitaire – Le Monde

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Le président du parti Les Patriotes, Florian Philippot, au rassemblement contre l’instauration d’un passe sanitaire, à Paris, le 24 juillet 2021.

Certaines choses ne changent pas chez Florian Philippot. Quatre ans après son départ du Front national (ancêtre du Rassemblement national, RN), l’énarque donne toujours ses rendez-vous dans le très chic 6e arrondissement de Paris et croit encore avoir un destin national. En ce mois d’août maussade, M. Philippot est de bonne humeur. Le mouvement contre le passe sanitaire connaît une mobilisation croissante et inédite pour un été. Samedi 7 août, cela fera « trente-huit semaines » – soit depuis la fin de l’automne 2020 – que lui et sa formation appellent à s’opposer au « passeport vaccinal ».

Une primeur dont il se sert comme gage de sincérité. Peu importe si son défilé parisien a réuni beaucoup moins de monde le 31 juillet que le principal cortège. Il sait que l’essentiel, en politique, est aussi d’occuper l’espace. Il est, en cela, bien aidé par les atermoiements du RN qui n’arrive pas à donner une ligne claire sur la question et qui regarde ces manifestations avec méfiance. L’occasion, pour lui, de prendre sa revanche sur un parti et sur sa présidente, Marine Le Pen, avec qui la rupture a été brutale après avoir travaillé en symbiose pendant huit ans.

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« La première manifestation a eu lieu après un déjeuner avec des militants des Patriotes, raconte le quasi quadragénaire, en sirotant son double expresso. On n’était pas beaucoup mais ça a augmenté dès la deuxième manif. » Selon lui, le tournant a eu lieu bien plus tard, lors de l’allocution d’Emmanuel Macron, le 12 juillet, mettant en place le passe sanitaire. « Ça s’est démultiplié à partir de là. Ça a mis le feu aux poudres. Il ne faut pas prendre les gens de haut », avance-t-il, avant de louer la « passion de l’égalité » des Français qui s’indigneraient de la « distinction faite entre les citoyens » avec cette mesure.

Changement de ligne

Florian Philippot tient à faire une distinction : il n’est pas antivaccin, même s’il n’est pas vacciné contre le Covid-19. Il admet « que le vaccin protège contre les formes graves de la maladie » mais pondère tout de suite son propos en citant le professeur Didier Raoult, qui estime qu’il « n’y a pas de baguette magique » et que le vaccin est un élément parmi d’autres dans la lutte contre le virus.

De même, il assume sans ciller son changement de ligne entre le début de la pandémie, où il demandait une politique très stricte de confinement et de fermetures, et son discours actuel. « J’étais très pro-confinement au début. Mais à l’été 2020, quand il ne se passait plus rien, il y a eu des mesures absurdes comme le masque à l’extérieur, c’est devenu de plus en plus délirant. » Il le jure : il n’a plus changé d’opinions depuis.

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