Fin du RTC : attention aux conséquences pour les entreprises !

  • En résumé, la migration vers la téléphonie IP doit être bien préparée, en étant accompagné, autant que possible, par un professionnel qui puisse proposer divers scénarios (IPBX ou pas, lien avec la téléphonie mobile ou pas, ‘trunk SIP’, etc.). Un prochain article passera en revue les différentes options possibles.

Mise à jour 19/09/2019 : La fin de la téléphonie sur le réseau commuté (RTC), qui sera progressive à partir de la fin 2018 et jusqu’en 2022 selon les régions, oblige les entreprises à faire un état de la situation.

Un inventaire de l’existant s’impose. Dans certaines organisations, grandes ou moyennes, c’est une excellente occasion de revisiter les installations en place. Il n’est pas rare, en effet, de faire de découvertes inattendues en établissant un relevé exhaustif des lignes télécoms en place : on vérifie leur utilité exacte, leur fréquence d’utilisation, etc. pour s’apercevoir que telle ligne, dédiée à un fax, ne sert quasiment plus jamais.

Ou que telle ligne était raccordée à un ascenseur ou un système de téléalarme ou à un système de télépaiement qui n’est plus utilisé, parce qu’il a été remplacé par une nouvelle solution plus récente. Or l’abonnement continue de courir… ou au mieux, la ligne sert en secours, ou pour des appels personnels à l’international…

 

L’évolution des terminaux et des usages

Ce recensement peut également révéler que certains terminaux sont devenus vétustes et ne sont quasiment plus utilisés car, dans certains métiers, comme le commercial, la téléphonie mobile – le smartphone – a pris le relais.

Dans d’autres services, en charge de la relation clients par exemple, beaucoup d’utilisateurs ont déjà opté pour des solutions du type Skype avec un kit micro-casque : ils travaillent à partir de bases de contacts qu’ils gèrent directement à l’écran. D’autres sont devenus adeptes de solutions de téléconférences, du type Webex.

La longévité des PABX / autocoms

La mise à plat de l’existant en téléphonie vise également l’installation principale : le PABX, le fameux ‘autocom’ qui a été installé il y a bien des années… Le fait est qu’il a la réputation de ne jamais tomber en panne. Même en cas de coupure d’électricité, il prouve sa robustesse grâce à ses batteries – ce qui suffit souvent comme argument pour décider ne pas y toucher ! Or, à y regarder de plus près, force est d’admettre que l’autocom, très largement amorti, coûte toujours autant voire plus, étant parfois en leasing, avec une valeur résiduelle proche de 0) car le coût de sa maintenance annuelle augmente. Et la moindre intervention sur cette « boite noire » fermée – pour une création de ligne, un changement de plan de numérotation – vient rajouter à la note payée, en forfait et au coup par coup, à un installateur.

En outre, le choix des terminaux est souvent restreint à des appareils désuets ou dont les fonctionnalités ne sont pas utilisées faute de n’être pas intuitives, difficiles à paramétrer – ce qui incite les utilisateurs à utiliser leur mobile sur lequel il retrouve aisément les derniers appels manqués, les messages vocaux clairement notifiés, etc. 

En clair, il existe une autre vie après le RTC et après le RNIS T0.

Des solutions provisoires : passerelles ou convertisseurs

Dans les services d’accompagnement que proposent les opérateurs figure souvent la proposition de conserver une partie de l’existant – terminaux, tels que le service de fax, pour des raisons de preuve juridique (secteur bancaire) ou des équipements très spécifiques liés à des connexions de machine à machine. La solution peut consister à installer des passerelles qui convertissent le signal. Certains opérateurs le préconisent pour faire perdurer les infrastructures d’autocoms… D’autres préconisent l’achat (ou la location) de Codec (les fameux G711) pour améliorer la qualité audio sur Numéris.

C’est souvent reculer pour retarder inutilement de faire le saut en avant. En refusant de migrer vers des générations nouvelles d’iPBX, pour des économies discutables, cette démarche revient à priver les utilisateurs de fonctionnalités nouvelles, riches, orientées vers le collaboratif ; ou des services vocaux interactifs (SVI) ou d’envois automatiques de fax ou SMS.  C’est priver les utilisateurs d’un confort réel et d’une meilleure productivité. Ce peut également l’occasion de valider l’éligibilité du site à la fibre optique.

Et pourquoi pas sans PABX ? 

Pour remplacer les PABX désuets et franchir le pas vers la téléphonie IP, beaucoup d’options restent ouvertes. D’abord le choix d’autocoms IP de nouvelle génération, notamment ceux qui sont dits « IP natifs », c’est-à-dire prêts à accueillir des plateformes de communication unifiée (cf. les offres Microsoft, Cisco, Nokia, Mitel…). Ils sont notamment pré-équipés pour supporter la téléconférence en mode IP audio ou visio.  

Il existe également depuis plusieurs années déjà, dans le monde de la voix sur IP, la possibilité de se passer totalement des autocoms. C’est le cas en France par exemple avec les offres dites ‘Centrex IP’ ou ‘Cloud’ d’Open IP ou de Keyyo Communications (groupe Bouygues). L’entreprise cliente n’investit plus en ‘CapEx’ (pas d’investissement de départ); elle se dote d’une robuste connexion Internet à haut débit (SDSL ou fibre optique, avec redondance); toutes les fonctions de téléphonie sont opérées à l’extérieur, par l’opérateur.

On peut parler ainsi de « téléphonie convergente » ou de « téléphonie sur le Cloud », d’autant que ce type d’offres permet d’interconnecter plusieurs sites comme s’il s’agissait d’un seul site. Les services de communication unifiée font partie des options disponibles. Il s’y ajoute pour certains, ayant le statut de MVNO (opérateur virtuel de mobiles), la possibilité de combiner les numéros mobiles et fixes, selon les choix des utilisateurs (passage de l’un à l’autre).

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