Fibre : pression maximale sur les opérateurs d’infrastructures

Spread the love
Fibre : pression maximale sur les opérateurs d'infrastructures

Le déploiement de la fibre optique a beau battre tous les records, les écueils à franchir pour garantir le très haut débit pour tous à horizon 2025 restent encore nombreux. A commencer par le dossier brûlant de la qualité de service, un sujet qui n’en finit pas de mobiliser les autorités. Les taux d’échec dans les raccordements finaux s’élèvent encore aujourd’hui à environ 17 %, contre 25 % quelques mois auparavant.

S’il y a du mieux sur ce front et que les « plats de nouilles » dans les points de mutualisation et les points de branchements optiques ont tendance à diminuer ces dernières semaines, la situation ne va toutefois pas sans irriter Cédric O.

Interrogé durant l’Université d’été du très haut débit, qui se tenait cette semaine à Saint-Etienne, le secrétaire d’Etat au Numérique n’a pas mâché ses mots à l’encontre des opérateurs d’infrastructure, chargés du déploiement de la fibre optique sur le territoire. « Si qualitativement, les choses semblent aller un peu mieux, nous ne sommes pas au bout de l’histoire », a-t-il estimé, avant de pointer à mots couverts la responsabilité d’Orange et XpFibre (ex-SFR FttH) dans ce dossier.

publicité

XpFibre et Orange pointés du doigt

A l’inverse de leurs concurrents Altitude, Axione et TDF, les deux opérateurs n’ont en effet toujours pas ratifié la nouvelle version du contrat de sous-traitance à l’opérateur commercial (STOC). Mise en place en il y a quelques mois, la V2 de ce cadre contractuel a pourtant la lourde tâche de remettre de l’ordre dans les relations entre les opérateurs d’immeubles, les opérateurs commerciaux (chargés des raccordements finaux) et leurs sous-traitants.

Un retard à l’allumage qui n’a pas manqué de susciter la colère du secrétaire d’Etat. « Les conventions STOC V2 n’ont pas été signés par l’ensemble des acteurs et je trouve ça tout simplement inacceptable », a regretté ce dernier lors de la grand-messe du secteur. Et de souligner que « dans ce dossier, il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour ».

Même son de cloche du côté de Laure de la Raudière. « Qu’il puisse y avoir des difficultés je peux le comprendre. En revanche, il faut pas que le réseau construit soit de mauvaise qualité et génère une insatisfaction pour les citoyens parce que la qualité de service ne serait pas au rendez-vous », a rappelé ce mercredi la présidente de l’Arcep. « Nous sommes déçus que la mise en place de la feuille de route du mode STOC, établis par les opérateurs, ait pris trop de temps », a également regretté cette dernière, alors que seules « ces nouvelles règles pourront permettre d’améliorer la situation ».

Un sac de noeuds pour les opérateurs

« Tout le monde a travaillé sur la mise en place de ce contrat STOC V2 », s’est toutefois défendu Lionel Recorbet, le président de XpFibre, tout en reconnaissant être « parti en retard » dans la conclusion de ce nouveau cadre contractuel. « Nous sommes dans la phase de signature avec l’ensemble des opérateurs commerciaux », a-t-il indiqué, précisant avoir déjà signé des conventions avec SFR et Bouygues Telecom, dont la signature est attendue cette semaine.

« Les défauts de raccordements ne sont pas acceptables et nous visons une amélioration significative rapidement pour aller dans le bon sens », a de son côté indiqué Corinne Di Fant, la directrice des opérations et services RIP d’Orange. « Il n’y a aucune ambiguïté sur le contrat STOC V2 et tout est en cours pour signer ces contrats », a fait valoir cette dernière, tout en précisant que l’opérateur historique a déjà signé ces contrats en qualité d’opérateur commercial avec un certain nombre d’opérateurs d’infrastructures.

Si le retard accumulé par XpFibre et Orange dans la signature du contrat STOC V2 pourrait bientôt être résorbé, il reste encore du pain sur la planche aux opérateurs d’infrastructures pour enjamber la marche cruciale des défauts de raccordement final. Pour rappel, ce problème de la qualité des raccordement finaux ne date malheureusement pas d’hier. Un groupe de travail constitué par l’Arcep sur le sujet faisait déjà état en 2019 de « taux de malfaçons importants dans la réalisation des opérations de raccordement final et de brassage au point de mutualisation ».

Leave a Reply