Sylvia Auchter avait 40 ans et travaillait à l’hôpital de Bischwiller en tant qu’assistante de service hospitalier. Elle est morte dimanche 10 novembre au soir sur le seuil de son appartement, frappée de plusieurs coups de couteau. L’auteur présumé des faits n’est autre que son mari, Jacky Walter, 58 ans, dont elle avait demandé le divorce.

« Elle m’a appelée hier soir vers 23 heures en me disant qu’il avait sorti un couteau, raconte sa fille de 20 ans, Stella Guitton. Je suis venue tout de suite. » À son arrivée avec son compagnon et son meilleur ami, la jeune femme prévient les secours. « J’ai escaladé le portail et je l’ai vu donner un dernier coup de couteau au niveau du cou. Elle a juste eu le temps de sortir et de s’écrouler dans mes bras. »

De l’autre côté de la rue, un voisin sorti fumer est alerté par des cris. « Au départ, je pensais que c’étaient des jeunes qui faisaient du bruit, puis j’ai entendu : «  Elle est en train de mourir ! Au secours ! » Je suis rentré enfiler des chaussures et j’y suis allé. » « Quand on est arrivé, on voulait faire un point de compression, mais il n’y avait plus rien à faire », se remémore sa compagne, qui évoque d’un geste une large plaie au niveau du cou.

À l’arrivée des secours, Sylvia Auchter est décédée. Lorsque les gendarmes de Haguenau et le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Wissembourg arrivent sur place, le mari de la victime est encore à l’intérieur de l’appartement. Ces derniers utilisent alors un taser pour neutraliser l’individu, qui menaçait de mettre fin à ses jours. Interpellé, l’homme a été placé en garde à vue.

L’intention d’organiser prochainement une marche blanche

Au lendemain du drame, Stella Guitton est en colère. « Cela faisait des mois qu’elle m’appelait pour me demander de l’aide, mais je ne pouvais rien faire », raconte la jeune femme, qui lui avait proposé de venir habiter chez elle. « Il lui disait : « Je vais te buter, j’ai plus rien à perdre. Si c’est pas aujourd’hui, je le ferai demain. » Et demain a fini par être aujourd’hui. Qu’on ne me dise pas que ce n’était pas prémédité. » Selon la fille de la victime, cette dernière avait déposé plainte pour menace de mort il y a un mois. Les voisins évoquent de leur côté une intervention des gendarmes trois jours avant le meurtre.

Le couple se fréquentait depuis trois ou quatre ans, et s’était marié en 2018. Selon Stella, les violences auraient commencé avant même leurs noces : « Il ne voulait pas que ma mère travaille, il trouvait qu’elle n’en faisait pas assez à la maison, la traitait de feignasse. En juillet, il a sorti un couteau pour la première fois, poursuit la jeune femme. C’est là que ma mère a demandé le divorce. »

Endeuillée mais déterminée, Stella Guitton a l’intention d’organiser prochainement une marche blanche en mémoire de sa mère. « Je me battrai pour elle, pour les autres, et pour ceux qui, comme moi, ont vu leurs parents mourir sous des coups, martèle-t-elle. Je veux que ça se sache. Il y a trop de femmes qui subissent ça. Mais beaucoup n’en parlent pas. Ça reste des histoires sourdes. »

Depuis le début de l’année 2019, 130 femmes sont mortes en France, tuées de la main de leur compagnon. Sylvia Auchter est la 131e.

Il y a quatre ans, le meurtre d’Élisabeth Hoerth

Il y a quatre ans presque jour pour jour, le 8 novembre 2015, Élisabeth Hoerth décédait sous les coups de son mari, Gérard Hoerth. Trois coups de gourdin mortels assénés sur son crâne dans son atelier, par celui avec qui elle était alors en instance de divorce. Les faits s’étaient produits au domicile de la victime, 54, route de Schirrhein. Adresse également de la boutique Betty couture, dont Élisabeth Hoerth était la gérante. Une personnalité bien connue de la commune, en raison de son activité artisanale.

Jugé par la cour d’assises du Bas-Rhin en novembre 2017, Gérard Hoerth avait été reconnu coupable du meurtre de son épouse et condamné à 18 ans de réclusion criminelle.

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