Facebook se creuse le cerveau pour rendre la réalité augmentée familière

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Pour que la réalité augmentée s’impose dans nos vies quotidiennes, cette technologie doit sortir du cadre étriqué des smartphones. Si les lunettes sont le dispositif le plus logique pour afficher sans encombre des éléments virtuels dans le monde réel, se pose la question des interactions. Comment interagir avec ces objets virtuels sans se promener avec son smartphone dans les mains et sans prononcer à voix haute toutes sortes de commandes ? Facebook a sa petite idée.

Le Reality Labs Research du réseau social a imaginé des bracelets, nommés Bellowband et Tasbi, capables d’interpréter les gestes de la main. Contrairement aux contrôleurs des casques de réalité virtuelle, les bracelets n’utilisent pas des capteurs qui localisent la position des doigts. Ils tirent parti de l’électromyographie (EMG), c’est-à-dire l’étude de la conduction nerveuse dans le corps.

« Si vous envoyez une commande à vos muscles pour dire “je veux bouger mes doigts”, cette commande part de votre cerveau puis traverse votre colonne vertébrale jusqu’aux motoneurones [qui actionnent les muscles, ndlr]. C’est un signal électrique que l’on peut analyser afin de savoir que l’utilisateur veut bouger son doigt », explique Nathalie Gayraud, chercheuse chez Facebook.

Dans la vidéo de présentation du projet, Facebook présente toute une gymnastique digitale permettant de contrôler des objets virtuels comme réels (à condition qu’ils soient connectés pour ces seconds) sans rien d’autre que ses mains. L’équivalent d’un clic sur une souris serait un pincement avec son pouce et son index. Des gestes que l’on réalise sur les écrans tactiles pourraient être effectués dans la paume de la main, comme un glissement latéral pour contrôler la luminosité d’une lampe. On pourrait même taper du texte sur une table sans clavier.

Outre son capteur EMG, le Bellowband comprend des soufflets pneumatiques produisant des vibrations et des pressions sur le poignet pour donner du corps, si l’on peut dire, aux interactions virtuelles.

Tout comme les lunettes de réalité augmentée de Facebook, les bracelets n’en sont qu’au stade du prototype. « Les interfaces neuromotrices sont magiques quand elles fonctionnent bien, et nous avons encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine », déclare le neuroscientifique Thomas Reardon.

Si des expérimentations ont d’ores et déjà donné des résultats encourageants, les interactions et l’univers virtuel présentés dans la vidéo tiennent encore largement de la science-fiction. Il s’agit d’une vision sur dix ans, mais Facebook met véritablement la main à la pâte pour sortir la réalité augmentée de son cadre actuel.

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