Face aux mobilisations sociales, de plus en plus de pays choisissent de bloquer Internet

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C’est une tendance inquiétante qui se confirme sur la durée. Selon les données récoltées par le fournisseur de services VPN, SurfShark, 62 pays sur 185 ont appliqué des mesures de restrictions des réseaux sociaux au cours de ces cinq dernières années. Dans le détail, les analystes ont épluché les stratégies de ces États autour de plateformes telles que Facebook, Instagram, YouTube, ou encore WhatsApp et Viber.

L’Asie est le continent le plus touché par ces pratiques avec 27 pays sur 48 qui ont appliqué des mesures. Il en va ainsi de la Chine où on sait que Facebook et d’autres plateformes sont par exemple interdites. L’Afrique est également frappée, mais la censure est moins systématique. Elle intervient dans des périodes politiques sensibles telles que des élections ou des mobilisations sociales. Le reste du monde semble pour le reste assez épargné, même si l’Amérique latine s’est illustrée pour ces restrictions appliquées au Venezuela et l’Europe, avec la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie.

Un coût économique loin d’être négligeable

Outre des problèmes évidents d’atteinte aux libertés fondamentales, l’efficacité réelle de ces mesures est remise en question. Une étude de l’organisation de protection des libertés civiles Ranking Digital Rights n’a par exemple pas permis d’établir de lien entre la censure du web et la diminution de l’intensité d’une protestation.

Les citoyens mobilisés font en effet souvent preuve d’ingéniosité pour continuer de communiquer. Des applications telles que Telegram, mais aussi des services de VPN sont désormais massivement utilisés.

Il faut enfin noter que les coupures d’Internet ont un coût économique loin d’être négligeable. Rien qu’en Inde, l’impact de la censure représente 2,8 milliards de dollars pour l’année écoulée. Ces problèmes ont d’ailleurs affecté des populations rurales souvent plus pauvres que dans les zones urbaines, ce qui renforce du même coup les inégalités.

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