Face à Omicron, Emmanuel Macron s’accroche à sa stratégie vaccinale – Le Monde

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Comme en 2020, les vœux d’Emmanuel Macron, le 31 décembre, seront prononcés au coin du feu brûlant de l’épidémie de Covid-19. Le chef de l’Etat ne s’attendait pas, il y a un an, à tourner en rond de la sorte. Cette dernière adresse traditionnelle du quinquennat devait, en théorie, marquer la césure entre l’étape de valorisation de son bilan – avec en point d’orgue une longue interview sur TF1 et LCI – et celle de projection vers l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022. Las, l’irruption du variant Omicron le contraint au surplace. Comme dans Un jour sans fin, M. Macron, dans un message publié sur les réseaux sociaux, jeudi 23 décembre, a une nouvelle fois appelé les Français à se faire tester avant les retrouvailles de Noël.

D’ici la fin du mois, la France « dépassera très vraisemblablement les 100 000 contaminations par jour », a prévenu, mercredi, sur BFM-TV, le ministre de la santé, Olivier Véran. Un record. « La situation est critique », a ajouté, le même jour, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du conseil des ministres. Et ce même si les doutes sur la dangerosité de ce nouveau variant ne permettent pas encore d’anticiper l’ampleur de la vague qui touchera l’hôpital. Seule certitude : cette configuration place Emmanuel Macron au centre du jeu, une fois de plus, à moins de quatre mois du principal rendez-vous électoral du pays.

Lundi 27 décembre, un conseil des ministres extraordinaire doit se réunir à l’Elysée. L’occasion d’examiner le projet de loi visant à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal, dont l’exécutif espère l’adoption au Parlement au plus tard à la mi-janvier. Selon une version du texte que Le Monde a pu consulter, ce passe vaccinal devrait être réclamé « pour l’accès aux activités de loisirs, aux restaurants et débits de boisson, aux foires, séminaires et salons professionnels ou encore aux transports interrégionaux ».

Le couvre-feu « pas privilégié »

Au-delà de ce projet de loi, la réunion de lundi devra permettre de « réévaluer la situation sanitaire » au lendemain des fêtes de Noël, a anticipé M. Attal. Et de décider de nouvelles restrictions éventuelles, après la fermeture des discothèques ou l’interdiction de cérémonies de vœux.

Pour l’heure, le gouvernement s’accroche à sa stratégie vaccinale. L’ambition est d’administrer au plus vite un rappel à tous les adultes (20,5 millions de personnes ont reçu cette troisième dose), d’amener à la vaccination les plus de cinq millions de récalcitrants, mais aussi d’inciter les parents à faire injecter le sérum à leurs enfants (les 5-11 ans y ont accès depuis mercredi). En effet, ces derniers contribuent fortement à la circulation du virus. « Aujourd’hui, un enfant sur cent est positif au Covid », a souligné M. Véran. Ce dernier en a profité pour rappeler que les formes graves de la maladie se déclarent plus souvent chez les non-vaccinés, qui représentent « une petite majorité » des patients admis en réanimation.

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