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Face à la propagation du coronavirus, inquiétude et psychose en Chine – Le Monde

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A Wuhan, le 26 janvier, des patients sont guidés vers un hôpital.

A Wuhan, le 26 janvier, des patients sont guidés vers un hôpital. AP

La question était dans toutes les têtes : l’alerte sur la dangerosité du nouveau coronavirus de Wuhan, 2019-nCoV, ayant été donnée quatre jours avant le début des vacances du Nouvel An lunaire, et la mise en quarantaine de la ville la veille, combien de Wuhanais avaient déjà quitté la ville ? Le maire de Wuhan a donné la réponse dimanche 26 janvier : 5 millions sont partis, emportant potentiellement avec eux le virus aux quatre coins de la Chine et du monde. Dans toute la Chine, l’inquiétude tourne à la psychose face à l’explosion du nombre de cas.

Le temps d’un week-end, le bilan est passé de 688 cas pour 15 décès à près de 2 800 cas pour 80 décès. Le taux de mortalité est à peu près constant, autour de 3 %, beaucoup moins que celui du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), en 2003, qui tuait 10 % des malades. Mais ce nouveau coronavirus est aussi bien plus difficile à détecter : là où les symptômes du SRAS apparaissaient en quelques jours et pouvaient tuer rapidement, le temps d’incubation de ce nouveau virus est de douze jours en moyenne, pendant lesquels les patients peuvent contaminer leurs proches, a expliqué le chef de la Commission nationale de la santé lors d’une conférence de presse, dimanche.

Alors la Chine se barricade. Dans le désordre, chaque localité y va de ses mesures pour tenter de se prémunir du virus. Toute la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale, est en quarantaine : plus de transports avec l’extérieur, routes coupées, voire, dans certains cas comme à Wuhan, interdiction de circuler pour les voitures privées à l’intérieur de la ville. Seuls des volontaires enregistrés ont été autorisés à rouler pour transporter des patients vers les hôpitaux, ou acheminer des vivres. Ces villes deviennent des cités fantômes. A Wuhan, le calme semble être revenu après la panique des premiers jours, où des milliers de personnes ont afflué vers les hôpitaux pour vérifier si leurs symptômes étaient ceux du virus ou ceux d’une simple grippe. Certains magasins ont été dévalisés par des habitants craignant une pénurie. D’après les témoignages, la plupart des supermarchés ont été réapprovisionnés.

A Wuhan, le 26 janvier.

A Wuhan, le 26 janvier. HECTOR RETAMAL / AFP

Les cinq millions d’habitants de Wuhan qui ont quitté la ville, et ceux qui y ont séjourné sont invités à se signaler aux comités de quartier, les organisations de voisinage relais du Parti communiste. Ceux qui ne le font pas d’eux-mêmes sont recherchés dans tous le pays. « Les Wuhanais sont devenus des virus ambulants », déplore la réalisatrice de documentaire Ai Xiaoming, habitante de Wuhan, dans une tribune publiée par Le Monde. Le réseau de surveillance étroit mis en place par la police chinoise permet de traquer les cinq millions de personnes qui ont quitté la ville avant la quarantaine, ou ceux qui y ont séjourné. Les habitants de Wuhan en voyage sont contactés par la police, sur la base de leur numéro de téléphone lié à leur carte d’identité, de leur plaque d’immatriculation, ou simplement de signalements des voisins. Ils sont mis en quarantaine, plus ou moins strictement selon les lieux. Certains ont vu leurs données personnelles diffusées sur Internet. A Shanghaï, un journaliste de Reuters, David Stanway, de retour de reportage à Wuhan, a reçu la visite d’hommes en combinaison et masque à gaz qui lui ont donné un ordre de quarantaine pour quatorze jours. Des infirmières en combinaison passent prendre sa température régulièrement.

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