Face à la légère reprise de l’épidémie, Jean Castex appelle à « plus de vigilance » – Le Monde

Spread the love
A Laval, dans le Finistère, le 15 juillet.

Deux mois après le déconfinement, alors que les signaux montrant une légère reprise du nombre de personnes infectées par le coronavirus se multiplient, le premier ministre, Jean Castex, a appelé à « plus de vigilance », lors d’un entretien au « 20 heures » de France 2, vendredi 17 juillet. « [Nous ne sommes pas] dans une situation grave, mais c’est une situation qui appelle plus de vigilance », a déclaré le chef du gouvernement, alors que le taux de reproduction du virus est en hausse dans plusieurs régions, dont la Bretagne.

Jean Castex a, en outre, indiqué que les tests salivaires étaient en cours de développement, alors que les tests virologiques ne se font actuellement que par prélèvement nasal, et que « les dispositifs dans les ports et les aéroports » étaient en train d’être « renforcés ».

Afin de lutter contre la propagation du virus, le gouvernement a décidé d’imposer le port du masque dans tous les établissements clos recevant du public à partir de la semaine prochaine. Dès lundi, il sera obligatoire dans les principales enseignes de la grande distribution française, a annoncé, vendredi, la Fédération du commerce et de la distribution. Cette obligation sera valable dans tous les établissements Auchan, Aldi, Carrefour, Colruyt, Cora, Groupe Casino, Intermarché, Leclerc, Lidl, Netto, Supermarché Match et Système U, précise-t-elle.

Le gouvernement souhaite aussi accélérer les dépistages. Vendredi, le ministre de la santé, Olivier Véran, a appelé les laboratoires d’analyses à « augmenter encore leur mobilisation », pour que l’accès aux tests de dépistage et aux résultats soit « le plus fluide possible ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos, un outil contre une possible deuxième vague
  • Une « tendance au relâchement »

Avec 3 800 cas détectés par semaine, le virus continue à circuler sur le territoire national, a annoncé, dans un communiqué, le ministère de la santé, vendredi 17 juillet au soir. La France compte seize nouveaux clusters depuis la veille (512 cas groupés, y compris ceux détectés en Ehpad, depuis le 9 mai, mais 324 clôturés).

L’épidémie a fait quatorze morts de plus au cours des vingt-quatre dernières heures dans le milieu hospitalier, ce qui porte le bilan depuis le 1er mars à 19 611 décès à l’échelle nationale dans les seuls hôpitaux, selon la Direction générale de la santé. Les chiffres concernant les établissements sociaux et médico-sociaux seront actualisés, le 21 juillet.

Le bilan global s’élevait, vendredi, à 30 152 morts. Au total, 6 688 personnes sont actuellement hospitalisées, soit 150 de moins que jeudi. En ce qui concerne les patients en réanimation, ils sont 477, alors qu’ils étaient 481 la veille. Dix-sept nouveaux cas graves ont été admis en réanimation, où le solde reste cependant négatif, avec quatre malades en moins. Quatre régions (Ile-de-France, Grand-Est, Hauts-de-France et Guyane) regroupent 71 % des patients en réanimation.

Au niveau national, le taux de reproduction effectif du virus (ou « R effectif », basé sur les tests virologiques positifs) est repassé légèrement au-dessus de 1 depuis la première semaine de juillet et se situe actuellement à environ 1,20, selon Santé publique France. Cela signifie que chaque malade du Covid-19 contamine en moyenne 1,2 autre personne, ce qui va dans le sens d’une tendance à l’augmentation de la circulation du virus. Il dépasse le seuil de 1 dans huit régions de France métropolitaine sur 12, selon des données de l’agence sanitaire datant de mardi, atteignant même 1,55 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 2,62 en Bretagne.

« La circulation du virus suscite de vives inquiétudes en France métropolitaine », a pointé, jeudi, l’Académie de médecine, inquiète d’une « tendance au relâchement dans l’observation des mesures barrières » qui « tend à s’aggraver avec la saison estivale ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : les signaux d’une légère reprise de l’épidémie en France se multiplient
  • La situation en Bretagne « pas alarmante »

Malgré une augmentation du taux de reproduction due à la découverte de plusieurs foyers épidémiques, la situation sanitaire en Bretagne n’est « pas alarmante », la circulation du coronavirus y restant « faible », a souligné, vendredi 17 juillet, Santé publique France, ajoutant qu’elle faisait toutefois « l’objet d’une grande attention ».

« En Bretagne, le taux de reproduction est de 2,62 », en hausse par rapport aux dernières semaines, selon la même source. Mais ce taux, s’il est « un des paramètres importants pour évaluer la dynamique de la transmission du virus », peut aussi « être influencé artificiellement à la hausse si les données utilisées pour son calcul reflètent d’autres facteurs que la transmission du virus dans la population », souligne l’Agence :

« Par exemple, la survenue d’un cluster dans une entreprise peut conduire à des actions de dépistage et un afflux de patients dans un service d’urgence ou dans un laboratoire, faisant augmenter ponctuellement, (…) sans pour autant qu’il y ait une réelle intensification de la circulation du virus. »

C’est justement le cas pour la Bretagne, où quatre foyers ont été identifiés dans le Finistère et un dans les Côtes-d’Armor, ce qui a « induit un plus grand nombre de dépistages » et, donc, une augmentation du taux de reproduction, est-il précisé. « Mais la circulation du virus reste faible en Bretagne avec un taux d’incidence de 2,8 cas pour 100 000 entre le 6 et le 12 juillet (contre 4,3 pour l’ensemble du territoire) », selon la même source.

La Bretagne compte, pour la semaine écoulée, 107 cas dans le Finistère, cinq dans le Morbihan, 44 en Ille-et-Vilaine et 18 dans les Côtes-d’Armor. Le Finistère est le département dont le taux d’incidence est le plus élevé avec 5,4 pour 100 000 habitants, contre 2,6 en Ille-et-Vilaine, 1,9 dans les Côtes-d’Armor et 0,79 dans le Morbihan.

Par ailleurs, le préfet du Finistère a rendu obligatoire le port du masque sur certains marchés et dans les établissements clos des îles à Laval et cinq communes de sa périphérie :

« Le périmètre de l’arrêté, la durée de son application dépendront de l’évolution de la situation sanitaire ainsi que des conditions d’entrée en vigueur de dispositions similaires envisagées au niveau national. »

Lire aussi Coronavirus : dans quels départements teste-t-on le plus ? Où y a-t-il le plus de nouveaux cas détectés ?
  • La Mayenne a dépassé le seuil d’alerte

La Mayenne a dépassé légèrement le seuil d’alerte avec 50,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants détectés en sept jours. Le taux de reproduction y est aux alentours de 1,5 contre environ 1,2 au niveau national, a souligné Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire.

Dans ce département, où une campagne de dépistage massif est en cours après une augmentation inquiétante des cas, le port du masque est obligatoire depuis jeudi dans les lieux clos recevant du public de six communes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Tourisme : avec le coronavirus, un été placé sous le sceau de l’imprévu pour les Français
  • La contamination progresse à La Réunion par importation de cas

Le taux de reproduction du coronavirus à la Réunion a augmenté depuis jeudi, mais en raison surtout de l’arrivée sur l’île de malades ayant contracté le Covid-19 ailleurs, et non par une hausse de sa circulation, selon les autorités sanitaires.

L’indice de mesure du nombre de personnes contaminées par un malade atteint 2,26, ce qui signifie qu’une personne contaminée en contamine plus de deux autres, selon la carte du ministère de la santé. Il est de 1,18 en France métropolitaine.

L’agence régionale de santé de l’océan Indien a toutefois relativisé vendredi ce taux de reproduction. « Il ne peut pas se calculer comme celui de la métropole » parce qu’« on est sur une situation d’importation, et non pas de circulation », a expliqué sur la chaîne télévisée Réunion La 1ère François Chieze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l’ARS : « On ne peut pas considérer qu’on est dans une situation d’inquiétude par rapport à une situation virale en augmentation. »

Lire aussi Coronavirus : visualisez le nombre de personnes hospitalisées en France et département par département
  • « Evolution inquiétante » en Nouvelle-Aquitaine

La propagation du Covid-19 marque en revanche une « évolution inquiétante » en Nouvelle-Aquitaine, région jusqu’ici très épargnée par le virus, a mis en garde jeudi l’agence régionale de santé, appelant la population à « se ressaisir et appliquer rigoureusement les gestes barrières ».

L’ARS Nouvelle-Aquitaine recense 10 clusters (au moins trois cas groupés), alors que son précédent point de situation, vendredi dernier, n’en comptabilisait que trois dans cette région qui avait été la moins touchée de France durant le confinement.

Sur ces dix foyers, un seul se trouve dans un Ehpad, en Dordogne, six, notamment à Bordeaux, Brive ou Châtellerault, sont liés à des « événements privés » comme des fêtes ou des mariages, et deux dans la Vienne sont issus d’un « réseau familial élargi ».

Ces cas sont dus au « manque d’application des gestes barrières », souligne l’ARS, relevant que « la saison propice aux retrouvailles familiales et aux festivités diverses présente un contexte favorable à une reprise active de la circulation du virus en Nouvelle-Aquitaine, région, de surcroît, très touristique ».

Notre sélection d’articles sur le coronavirus

Le Monde avec AFP

Leave a Reply