Face à la hausse des prix de l’énergie et des carburants, Jean Castex annonce une « indemnité inflation » de 100 euros – Le Monde

Le premier ministre, Jean Castex, sur le plateau de TF1, jeudi 21 octobre.

Le sujet est sensible, car il touche au quotidien de la population : compte tenu de la hausse des prix de l’énergie et des carburants, le gouvernement a décidé de prendre des mesures, annoncées par le premier ministre, Jean Castex, jeudi 21 octobre.

Plutôt qu’un chèque aux automobilistes, une « usine à gaz » selon le premier ministre, ou une baisse de taxes – « il n’y a pas que l’essence » qui augmente –, le gouvernement a choisi une troisième voie : une « indemnité inflation » de 100 euros qui sera attribuée automatiquement à chaque personne qui gagne moins de 2 000 euros net par mois, a déclaré le premier ministre au « 20 heures » de TF1. « Une indemnité classe moyenne », a estimé M. Castex.

La prime – défiscalisée, a précisé Matignon – sera versée en une seule fois, dès la fin de décembre par les employeurs aux salariés et entre janvier et février pour les autres catégories, comme les retraités, indépendants, étudiants boursiers ou apprentis, sans besoin d’aucune démarche, a précisé le premier ministre.

Une solution surprise, élaborée après plusieurs jours d’hésitation, afin d’éviter, à six mois de l’élection présidentielle, une montée des contestations dans ce dossier ultrasensible. « On nous dit : “Vous avez mis huit jours à décider.” Ben oui, c’est un sujet compliqué », a commenté le chef du gouvernement, défendant la solution « la plus juste, la plus efficace ». Les prix à la pompe ont encore augmenté de 2 centimes la semaine dernière, atteignant des niveaux historiquement hauts, à 1,56 euro le litre pour le gazole en moyenne et 1,62 euro pour l’essence sans plomb.

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Le chef du gouvernement a mis en parallèle ce montant de 100 euros de l’« indemnité inflation » à une somme de 80 euros qu’il assimile à la facture, en moyenne, de la hausse des carburants sur l’année : il se base sur 9 centimes par litre de plus à la pompe sur l’année et une distance moyenne parcourue de 14 000 kilomètres.

Malgré cette dépense supplémentaire de 3,8 milliards d’euros, le premier ministre a assuré que la France tiendrait ses engagements en matière de déficit public. Il a également tenu à « confirmer, ce soir, ce qu[’il avait] dit à cette antenne le 30 septembre » : « En 2021, le pouvoir d’achat des Françaises et des Français augmentera, je vous donne rendez-vous. »

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Blocage du prix du gaz

Par ailleurs, le prix du gaz sera bloqué « tout le long de l’année 2022 », et pas seulement jusqu’au mois d’avril. Les experts « nous disent que, vraisemblablement, la décrue » des prix « sera plus lente » que prévu et « donc nous avons pris nos responsabilités en maintenant le blocage des prix sur tout le long » de l’année prochaine, a dit le chef du gouvernement.

M. Castex avait déjà annoncé, le 30 septembre, le blocage du prix du gaz pour environ cinq millions d’abonnés pour faire face aux hausses constantes depuis des mois. « Les prix du gaz, par rapport à 2019, ont été multipliés par six », a ainsi observé le premier ministre, jeudi.

Ce « bouclier tarifaire » devait cependant échoir en avril 2022, en s’appuyant sur des prévisions selon lesquelles « le prix du gaz devrait dégringoler » à cet horizon.

Selon le dispositif de lissage prévu par l’exécutif, à compter de 2023, les consommateurs paieront un peu plus cher le gaz que les cours du marché, afin que les sommes non payées par les abonnés en 2022 soient progressivement récupérées par les opérateurs.

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Le Monde avec AFP

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