Plus d’un mois après la catastrophe de Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), Emmanuel Macron était en visite dans la capitale normande mercredi 30 octobre. Que faut-il en retenir ?

Le président de la république est venu donner un «message d'amitié et de soutien aux Rouennaises et aux Rouennais », mercredi 30 octobre 2019.
Le président de la République est venu donner un «message d’amitié et de soutien aux Rouennaises et aux Rouennais », mercredi 30 octobre 2019. (©M-L/76actu)

Le président de la République, Emmanuel Macron est arrivé aux alentours de 18h15 à Rouen (Seine-Maritime) mercredi 30 octobre 2019. Il s’est d’abord entretenu avec le maire et le préfet au sujet de l’incendie de Lubrizol avant de se rendre dans l’hyper-centre délivrer son « message d’amitié et de soutien envers les Rouennaises et les Rouennais. » Une visite à l’improviste annoncée très tardivement, ce qui a eu pour conséquence une très faible mobilisation du collectif unitaire qui avait appelé à une manifestation à cette occasion

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« Un message d’amitié » mais une sortie par la petite porte

La venue d’Emmanuel Macron à Rouen (Seine-Maritime) après l’incendie de Lubrizol était attendue depuis le 4 octobre dernier. Dans un contexte de défiance vis à vis de l’État et de critiques liées à un manque de communication, le président avait assuré qu’il se rendrait dans la capitale normande, sans préciser quand.

S’il a bien insisté, mercredi soir, sur « le message d’amitié que je souhaite délivrer auprès des Rouennaises et des Rouennais » dans sa prise de parole qui a fait suite à un entretien privé avec le maire Yvon Robert et le préfet Pierre-André Durand, le président a assumé pleinement son absence depuis le début catastrophe.

Le rôle du président n’est pas de se précipiter. Mon rôle n’est pas de me substituer aux ministres. Le président de la République n’a pas pour vocation à être un homme orchestre. Plusieurs ministres et le Premier ministre sont venus à plusieurs reprises pour partager les informations qui étaient les leurs », a-t-il indiqué. 

Promettant à maintes reprises « la transparence et le dialogue »,  Emmanuel Macron n’a pas échangé avec les manifestants du collectif unitaire, qui pourtant avaient préparé de très nombreuses questions à lui poser. 

Des manifestants peu nombreux et repoussés sans difficulté par les forces de l’ordre lorsqu’ils ont voulu rejoindre l’hyper-centre. De leur présence, on retiendra les huées lorsque le président a quitté l’hôtel de ville.

Une sortie qui s’est faite par la petite porte, évitant ainsi notamment de croiser la route d’un petit groupe de Gilets jaunes, bloqué par la police sur le parvis de l’hôtel de ville. Le tout avant de prendre la direction des rues piétonnes pour un bain de foule avec le préfet Pierre-André Durand à ses côtés. 

Dans la rue, des Rouennais lui ont confié leur peur

Si le président a assumé sa position lors de sa prise de parole, il a également insisté sur son soutien envers le préfet de Région, Pierre-André Durand, vivement critiqué dans sa façon de gérer la catastrophe et la communication qui a suivi.

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Les services de l’État, dès les premières minutes ont eu les bonnes réactions. Ils ont été pleinement mobilisés jour et nuit pour agir, expliquer, procéder aux enquêtes, audits, mesurer les normes sanitaires, la pollution. Le préfet a fait son travail, a assuré le président. 

Et face à la défiance, Emmanuel Macron n’a pas hésité a évoqué de son côté « les rumeurs. »

Je sais le choc que les habitants de la ville, des villes alentours qui a été ressenti. L’inquiétude qui a été vécue, les odeurs et les doutes. J’ai entendu tous ces messages et nous continuons de les entendre… 

Lors de son bain de foule, le président a été pris à partie par des Rouennais qui n’ont pas hésité à lui décrire la peur qu’ils ont ressenti. Parmi eux, Lou, enseignante dans une école de l’agglomération rouennaise. Elle a profité de la venue du chef de l’Etat pour lui faire part de ses inquiétudes, notamment sur les conséquences de l’incendie dans les écoles du secteur. « Il a tenu des propos rassurants mais c’est du flan, je n’y crois pas. Ce qu’on respire à Rouen aura probablement un impact sur nous et nos enfants à l’avenir. Le président essaie de rassurer, et c’est son rôle », s’est-elle confiée, peu convaincue, à l’issue de son aparté avec Emmanuel Macron

Vers 20h30, le président est reparti de Rouen. Aura-t-il convaincu les Rouennais ? 

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