EXCLUSIF. Les SMS de l’ex-plaignante qui défendent Gérald Darmanin – Le Journal du dimanche

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A la suite d’un signalement à la justice par un collectif féministe, mercredi, cette habitante de Tourcoing a écrit à plusieurs reprises au ministre de l’intérieur Gérald Darmanin des messages de soutien.

“Je trouve ça honteux qu’on puisse accuser à tort”. “Et je vais rajouter vous êtes pas un violeur moi je sais ce que c’est un violeur en 2003 j’ai failli être violée je me suis échappée”. Ces SMS ont été adressés jeudi au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Ils ont la particularité d’avoir pour auteure l’habitante de Tourcoing qui avait déposé plainte en février 2018 contre celui qui était alors le maire de la commune du Nord pour “abus de faiblesse”. La veille, elle avait déjà envoyé un premier message au ministre, après avoir “entendu à la radio” parler de son dossier. “Pour moi, il n’y a pas abus de pouvoir ni de trafic d’influence”, écrivait-elle notamment.

Ces propos sans ambiguïté viennent éclairer d’un nouveau jour l’action entreprise contre le ministre de l’Intérieur. Une association créée en juin, Pourvoir féministe, a en effet dénoncé, le 21 juillet, au parquet de Lille, un possible trafic d’influence dans cette affaire. Le maire de Tourcoing aurait, selon ce collectif composé d’une dizaine de personnes, contraint en 2015 cette femme à des rapports sexuels en échange de son aide pour obtenir un logement. A l’appui de ce signalement, Pourvoir féministe évoque des courriers de Gérald Darmanin à 4 bailleurs sociaux pour leur demander d’examiner le dossier. Pourvoir féministe dit avoir aussi alerté la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique du cas du ministre de l’Intérieur, en pointant le risque d’un éventuel conflit d’intérêts.

La question du trafic d’influence posée dans le cadre de l’enquête préliminaire

Ces éléments ne sont cependant pas nouveaux. Ils avaient déjà fait l’objet d’une enquête du parquet de Paris, à la suite de la plainte déposée le 13 février 2018, par l’habitante de Tourcoing. Le 16 mai de la même année, l’action en justice avait été classée sans suite après “plusieurs actes d’enquête” et un “examen approfondi”, comme le précisait le procureur dans son courrier à la plaignante. “Les investigations et auditions réalisées, dont celle du mis en cause, ne permettent pas de caractériser par ailleurs dans tous ses éléments constitutifs, matériel comme intentionnel, tout autre délit ou infraction”, ajoutait-il.

En outre, la question du trafic d’influence avait déjà été posée dans le cadre de cette enquête préliminaire, comme en témoigne la lettre du procureur à l’avocat de Gérald Darmanin, le 16 mai 2018 dans laquelle il lui indiquait sa décision de classement sans suite pour “abus de faiblesse” en faveur de son client. Il y rappelait en effet que l’élu avait “été entendu librement du chef de trafic d’influence passif”. Sollicité par le JDD, le parquet de Lille, de qui dépend la décision sur les suites à donner au signalement de Pourvoir féministe, nous a fait savoir qu’à ce jour la procureure n’avait pas encore pris connaissance du courrier de l’association.

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