Etats-Unis : Joe Biden choisit comme vice-présidente Kamala Harris, « une personne intelligente, forte et prête à diriger » – Le Monde

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Les candidats démocrates, Joe Biden et Kamala Harris lors du troisème débat présidentiel, à Hourston (Texas), le 12 septembre.

Les préparatifs allaient bon train dans l’hôtel du Pont, à Wilmington, dans le Delaware, où Joe Biden a fait les annonces importantes de sa vie politique, notamment sa candidature à l’élection sénatoriale en 1972. Mais c’est via Twitter que le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre a annoncé le choix de sa vice-présidente : Kamala Harris, 55 ans, sénatrice démocrate de Californie. Les deux candidats devaient se présenter à la presse mercredi dans la journée.

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Ce n’est pas la première fois qu’une femme est désignée sur un « ticket » présidentiel – la démocrate Geraldine Ferraro fut colistière de Walter Mondale en 1984 face à Ronald Reagan, tandis que la républicaine Sarah Palin était la seconde de John McCain face à Barack Obama en 2008.

Mais c’est la première fois qu’une femme noire – la mère de Mme Harris est indienne, son père est jamaïcain — est choisie, et a de sérieuses chances d’être élue. Dans un parti traumatisé par l’échec d’Hillary Clinton à la présidentielle il y a quatre ans et avec une base révoltée par le comportement outrancier du chef de l’Etat, Donald Trump, vis-à-vis des femmes, M. Biden avait annoncé dès la mi-mars qu’il choisirait une femme comme colistière. Et lorsque est survenue fin mai la mort de George Floyd, un Afro-Américain étouffé par un policier blanc de Minneapolis qui venait de l’arrêter, il est devenu de plus en plus évident que M. Biden choisirait une femme de couleur.

Onze femmes auditionnées

La sélection a été menée par un comité ad hoc de quatre membres, présidé par l’ancien sénateur du Connecticut, Christopher Dodd, qui a multiplié les auditions auprès de onze femmes. Et l’affaire a montré que la classe politique américaine regorgeait de candidates de très grande qualité : noires – telles Mme Harris, Susan Rice, ancienne conseillère pour la sécurité de Barack Obama, ou Karen Bass, représentante de Californie – ou non, comme Gretchen Whitmer, gouverneure du Michigan, bastion de l’industrie automobile, et Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, qui incarne avec le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, l’aile progressiste du parti démocrate. Le secret a été parfaitement gardé, les médias n’osant plus parier sur personne.

M. Biden a finalement choisi Mme Harris, qui lui avait pourtant mené la vie dure lors d’un débat de la primaire démocrate en juin 2019 : elle avait reproché à M. Biden son opposition au busing, le transport d’élèves de quartiers défavorisés dans de meilleures écoles pour favoriser la mixité scolaire et raciale, ponctué d’un sibyllin « Je ne crois pas que vous soyez raciste ». C’était dans les années 1970… Ces derniers jours, un doute s’était instillé sur les chances de Kamala Harris, M. Biden ayant expliqué qu’il voulait « un partenaire pour gouverner » et quelqu’un « qui ne fait pas mal ». La sénatrice, selon la presse américaine, avait multiplié les coups de téléphone.

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