Etats-Unis : Jacob Blake devrait rester paralysé, sa famille appelle au calme – Le Parisien

Spread the love

Les tensions continuent de monter aux Etats-Unis autour de l’affaire Jacob Blake, ce Noir-Américain de 29 ans dans le dos duquel des policiers ont tiré alors qu’il montait dans une voiture. Hospitalisé dans un état grave, ce père de trois enfants devrait rester paralyser. Par ailleurs, sa mère a lancé un appel au calme alors que les violences se multiplient.

« Mon fils se bat pour sa vie », a déclaré, émue, Julia Jackson, mère de la victime, lors d’une conférence de presse à Kenosha, dans l’Etat du Wisconsin, où les tirs ont eu lieu. « Si Jacob savait ce qu’il se passe, la violence et la destruction, il serait très mécontent […] Nous avons besoin de guérir », a-t-elle ajouté alors que son fils était à nouveau au bloc opératoire.

L’une de ses sœurs s’est également exprimée dans une intervention marquante. « Je ne suis pas triste, je suis en colère, je suis fatiguée, a-t-elle lancé. Je n’ai pas pleuré une seule fois. J’ai arrêté de pleurer il y a des années. Je regarde la police assassiner des gens qui me ressemblent depuis des années ». « Je ne veux pas de votre pitié, a-t-elle martelé, je veux que les choses changent ».

Moelle épinière, reins, foie et intestin endommagés

« Le diagnostic médical pour le moment est qu’il est paralysé », a affirmé l’avocat de la famille, Ben Crump. Il a subi de « graves dommages corporels, dont une section de la moelle épinière », ses reins et son foie ont été endommagés et ses blessures ont nécessité « l’ablation d’une partie de l’intestin », a précisé l’avocat Patrick Salvi, lui aussi sur le dossier. La famille de Jacob Blake va porter plainte au civil.

Les avocats ont par ailleurs annoncé qu’ils se rendront à Washington, la capitale américaine, vendredi. Ils rejoindront une marche contre les violences policières organisées le jour de l’anniversaire du célèbre discours de Martin Luther King « I have a dream » (« J’ai un rêve »), militant pour les droits des Noirs-Américains assassiné en 1968.

Comme pour George Floyd, un quadragénaire noir mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc il y a trois mois, la tentative d’interpellation de Jacob Blake a été filmée par un témoin dimanche. Les images montrent le jeune Afro-américain suivi par deux policiers ayant dégainé leurs armes alors qu’il contourne une voiture. Un agent attrape son débardeur blanc au moment où il ouvre la portière et tente de s’installer sur le siège conducteur. Le policier fait alors feu (l’enregistrement laisse entendre sept tirs), atteignant ce père de famille de plusieurs balles dans le dos.

Plusieurs villes américaines sont devenues depuis dimanche le théâtre de rassemblements parfois violents, des milliers de personnes exigeant que justice soit faite pour Jacob Blake. A Kenosha, ville de 170 000 habitants où a eu lieu le drame, des échauffourées ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi entre manifestants et forces de l’ordre après l’entrée en vigueur d’un couvre-feu. Des affrontements entre un groupe de manifestants lançant des pétards et des policiers ripostant avec des balles en caoutchouc se sont produits mardi soir. D’autres violences ont eu lieu dans la foulée.

« L’épuisement d’être Noir dans notre Etat et notre pays »

Emma, une Afro-américaine de 27 ans, est venue plus tôt dans la journée avec sa fille de 8 ans, à qui elle a parlé du drame. « Elle n’a pas peur de la police, je ne lui ai pas appris à en avoir peur. Mais on dirait une guerre raciale. Ma propre mère s’est battue contre les mêmes choses. »

Le gouverneur démocrate du Wisconsin, Tony Evers, a réitéré ses appels à des manifestations pacifiques et annoncé que des soldats supplémentaires de la Garde nationale sont envoyés sur place en renfort. En parallèle il a mentionné « l’épuisement d’être Noir dans notre Etat et notre pays ».

Le président américain, Donald Trump, qui a fait de « la loi et l’ordre » un de ses thèmes de campagne dans la perspective des élections de début novembre, a soutenu le recours à la Garde nationale, une armée de réserve. Son adversaire démocrate, Joe Biden, a quant à lui estimé que le racisme est « une crise de santé publique » aux Etats-Unis.

Leave a Reply