Episode de gel : Jean Castex annonce un « fonds de solidarité exceptionnel » d’un milliard d’euros pour les agriculteurs – Le Monde

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Jean Castex en déplacement dans un vignoble de l’Hérault, samedi 17 avril.

Tandis que les agriculteurs sont durement touchés, depuis près de deux semaines, par un intense épisode de gel, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé samedi 17 avril la création d’un « fonds de solidarité exceptionnel » doté d’un milliard d’euros pour venir en aide à la profession.

« L’Etat doit être à la hauteur de cette catastrophe. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Je suis venu annoncer un effort significatif de l’Etat, à hauteur d’un milliard d’euros, car la situation le justifie », a déclaré Jean Castex à l’issue d’une table ronde avec des représentants agricoles et des élus à Montagnac, dans l’Hérault. Ce fonds s’ajoute à toutes les autres aides versées et se déclenchera en fonction des « pertes réelles » subies, qui seront déclarées dans les mois à venir par les producteurs.

Le premier ministre a évoqué d’autres mesures d’urgence, « qui seront rapidement déployées » : report et exonération de cotisations sociales, dégrèvements de taxes foncières sur le non bâti, mobilisation des dispositifs existants en matière d’activité partielle, enveloppe d’urgence allouée « sous dix à quinze jours » aux préfets pour apporter un soutien immédiat aux exploitations les plus en difficulté… L’indemnisation des arboriculteurs au titre du dispositif des calamités agricoles sera portée jusqu’à 40 % pour les pertes les plus importantes. Pour les filières qui ne sont pas aujourd’hui couvertes par ce régime de calamités agricoles, notamment les viticulteurs, un soutien exceptionnel similaire sera mis en place.

La moitié de la production de fruits pourrait être perdue

Un tiers au moins de la production viticole française « sera perdu » à cause du gel, ce qui représente « à peu près 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en moins » pour la filière, selon une première estimation communiquée vendredi par le secrétaire général de la FNSEA, Jérôme Despey.

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Du côté des producteurs de fruits, l’abricot figure déjà parmi les principales victimes, avec une perte de production estimée à ce stade à 60 %. « On risque d’avoir de l’abricot en début de saison et plus on va aller dans la saison, moins il y en aura », souffle Bruno Darnaud, président de l’AOP pêche et abricots de France. « En pêches et nectarines, on espère 60-65 % de récolte », ajoute M. Darnaud. Il craint qu’une partie des nectarines présente « un aspect visuel un peu plus compliqué », avec des « noyaux fendus, des fruits déformés » par le gel.

Pour les pommes, « on est encore dans le pré-bilan », avance prudemment Daniel Sauvaitre, président de l’Association nationale pommes poires (ANPP). A ce stade, « grosso modo, on se dit que les pertes au minimum seront autour de 30 %, et dans le pire des cas ça peut être 50 % » pour la production de pommes. « Historiquement, une demi-récolte, ce n’est jamais arrivé », relève-t-il. « Au doigt mouillé », M. Darnaud estime que la France peut s’attendre à perdre cette année « la moitié » de sa production de fruits, soit un manque à gagner de 1,5 milliard d’euros.

Pour les cultures de colza et de betterave, les pertes sont estimées à 10 % du chiffre habituel. Cet épisode de gel est un nouveau coup dur pour ces cultures qui collectionnent les désillusions depuis quelques années : sécheresses et recul inexorable des surfaces pour le colza ; fin des quotas sucriers, chute des cours puis maladie de la jaunisse pour la betterave. Pour cette dernière, il est possible de resemer. Mais avec de lourdes pertes de rendement et des frais importants : au total 600 euros de manque à gagner par hectare, selon le syndicat des betteraviers.

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Le Monde avec AFP

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