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Enquête ouverte après l’agression filmée d’un « gilet jaune » par un policier – Le Monde

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Les violences policières continuent d’émailler le mouvement des « gilets jaunes ». Alors que des milliers de manifestants défilaient samedi 18 janvier dans les rues de Paris, marquant ainsi la 62e journée de mobilisation, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient de nouveaux actes de violence sur des « gilets jaunes ». Une enquête judiciaire a été ouverte dimanche après la diffusion de vidéos montrant un jeune homme le visage en sang, couché à terre et frappé par un policier lors de son interpellation lors de la manifestation, a appris l’Agence France-Presse auprès du parquet de Paris.

L’enquête du parquet a été ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » et confiée à l’IGPN, la police des polices. « Le préfet de police a demandé à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de faire toute la lumière sur cette action », a déclaré la préfecture de police à l’AFP. Une « enquête administrative interne a été confiée au service d’évaluation et de contrôle » afin « de faire toute la lumière sur cette action », a-t-elle ajouté.

Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, le manifestant est allongé au sol devant l’armurerie de la gare de l’Est, le visage ensanglanté, quand le policier qui le maintient lui assène au moins deux coups de poing. Sur un autre angle de la scène, filmée par l’AFPTV autour de 14 h 30, l’homme, couché sur le ventre et déjà menotté, crie de douleur quand le policier lui appuie son genou sur le bras.

Le jour où la doctrine du maintien de l’ordre a basculé : « Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter. Ça fera réfléchir les suivants »

Soixante interpellations le 18 janvier à Paris

Quelques milliers de manifestants ont défilé samedi après-midi à Paris, en scandant des slogans anti-Macron, anti-policiers ou contre la réforme des retraites. Dès le début de l’après-midi, des tensions avec les forces de l’ordre étaient intervenues « pour disperser un bloc qui tentait de se constituer en tête de cortège », selon la préfecture de police de Paris (PP). Mais c’est surtout à l’arrivée devant la gare de Lyon que le face-à-face s’est durci, avec notamment l’incendie d’une baraque de chantier devant la gare.

Les forces de l’ordre, déployées en nombre depuis le début de l’après-midi, ont fait usage à de nombreuses reprises de gaz lacrymogène mais également de canon à eau. Après 18 heures, alors que les CRS appelaient les manifestants à évacuer la zone, plusieurs groupes se sont alors dispersés dans les rues alentours, allumant des feux de poubelles.

Au total, 60 personnes ont été interpellées, dont 45 placées en garde à vue, selon les autorités, lors de ce rassemblement marqué par des tensions avec les forces de l’ordre, a constaté une journaliste de l’AFP.

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Un début d’année marqué par des violences

Ces nouvelles enquêtes, judiciaire et administrative, sont ouvertes alors que l’exécutif a changé de ton face aux violences policières. L’année 2020 est déjà marquée par plusieurs affaires, dont la mort du livreur de 42 ans, Cédric Chouviat, à la suite d’un contrôle routier ou encore la diffusion massive d’images soulignant la brutalité parfois disproportionnée des forces de l’ordre au cours des manifestations contre la réforme des retraites.

A Paris, au moins trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour des violences policières commises le 9 janvier lors de la manifestation contre la réforme des retraites, dont un tir de LBD à bout portant. Une enquête préliminaire a notamment été ouverte mardi par le procureur de la République de Toulouse concernant le croche-pied d’un policier à une manifestante. Le 6 décembre, une autre enquête avait été ouverte sur la base de vidéos montrant deux policiers frappant une personne au sol lors de la manifestation de la veille contre cette réforme.

Mardi, le président de la République a fait pression sur le ministère de l’intérieur en réclamant des « propositions » rapides « pour améliorer la déontologie » des forces de l’ordre. La semaine dernière, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait consacré une bonne partie de ses vœux à la police nationale au devoir « d’exemplarité » et à l’éthique. Des déclarations qui ont braqué des policiers,sous pression après des mois de manifestations et de mouvement des « gilets jaunes », émaillés de nombreuses violences.

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