Enlèvement Mia : quatre suspects en garde à vue, la mère et la fillette… – Linternaute.com

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Enlèvement Mia : quatre suspects en garde à vue, la mère et la fillette à l'étranger ? Les quatre hommes suspectés de l’enlèvement de Mia sont en garde à vue, et leur présentation à un juge d’instruction “en vue de leur mise en examen se feront normalement dimanche”. Selon le procureur de la République d’Epinal Nicolas Heitz, la piste d’un départ à l’étranger de la mère avec la fillette n’est “pas exclu”.

[Mis à jour le 17 avril 2021 à 15h04] Un “geste d’amour”, voilà comment le père de Lola Montemaggi, la mère de la petite Mia, a décrit les actions de sa fille, samedi, lors d’un entretien au micro de Vosges FM. “On n’avait pas à lui retirer la garde de sa fille, c’est profondément injuste”, a poursuivi Claude Montemaggi. Selon ce dernier, la mère de Mia pourrait avoir emmené la petite fille en Espagne, où réside son père biologique. Quatre hommes sont, en effet, en garde à vue, trois d’entre eux sont les ravisseurs présumés de Mia, a indiqué le procureur de la République d’Épinal, Nicolas Heitz. “Lola Montemaggi les sollicitait via internet pour récupérer sa fille dont elle s’estimait injustement séparée dans le but de partir à l’étranger “, a précisé Nicolas Heitz, vendredi. 

Les quatre hommes ont été arrêtés en région francilienne et en Meurthe-et-Moselle, mercredi 14 et jeudi 15 avril. Leur garde à vue a été prolongée de 24 heures, puis de 48 heures, jusqu’à dimanche, à la demande du procureur de Nancy. Ce dernier a pris en charge l’affaire, car il s’agit désormais d’un enlèvement “en bande organisée”. Les trois hommes suspectés d’être les ravisseurs se seraient présentés au domicile de la grand-mère de Mia le 13 avril, se faisant passer pour des représentants de la protection de l’enfance. La petite fille de 8 ans était hébergée chez sa grand-mère, dans les Vosges, depuis janvier. Les auteurs présumés de l’enlèvement auraient ensuite remis Mia à sa mère “environ 20 minutes plus tard”. Selon une source judiciaire, ces suspects sont proches de la mouvance survivaliste. Leur présentation à un juge d’instruction de Nancy “en vue de leur mise en examen se feront normalement dimanche”, a annoncé le parquet ce samedi, selon l’AFP reprise par 20 Minutes. 

“L’opération a été préparée conjointement, de façon minutieuse et précise” a indiqué le procureur en conférence de presse. D’après les résultats de l’enquête, les ravisseurs se sont présentés au domicile de la grand-mère, dans le village des Poulières dans les Vosges, en qualité de professionnels du Service territorial éducatif du milieu ouvert (Stemo). Une ruse pour kidnapper Mia : les faux agents ont demandé une visite “inopinée du logement” afin de conduire la petite à “un rendez-vous” pour y rencontrer sa mère. Sans se douter du subterfuge, la grand-mère “en confiance” a laissé sa petite-fille partir avec ces trois inconnus. “Prise d’une mauvaise intuition”, elle a ensuite signalé cette étrange rencontre au service éducatif. Le parquet et la gendarmerie nationale ont immédiatement été saisis en constatant qu’aucune visite n’avait été prévue par un quelconque éducateur. Dans une conférence de presse tenue ce 16 avril au matin, le procureur a indiqué que les ravisseurs ont été “interpellés sur internet” par la maman qui souhaitait récupérer sa fille avant de partir à l’étranger. Au domicile de l’un des hommes interpellés, un discours, un “script” était présent. 

L’enfant, Mia Montemaggi, mesure 1m30. Elle a les yeux bruns, les cheveux longs et bruns avec une frange, et de petites boucles d’oreilles en or avec un dessin rouge. Au moment de sa disparition, la fillette portait un pantalon noir, un t-shirt, un gilet gris zippé avec des points dorés, une doudoune blanche avec des pois noirs et doublure en fourrure blanche. Celle-ci a été placée chez sa grand-mère maternelle suite à un signalement de “violences sur enfant” à la fin du mois de décembre dernier, “l’enfant était confrontée aux violences de sa mère” indique le procureur.

Les ravisseurs ont été arrêtés par la police  mercredi 14 avril dans un appartement du XIXe arrondissement de Paris mais également en Seine Saint Denis et en Seine et Marne. D’après Le Parisien, ces individus seraient des survivalistes qui étaient déjà suivis par la DGSI avant l’affaire Mia. Une source proche du dossier a indiqué au Parisien, que les suspects étaient surveillés par les services de renseignement, car “jugés potentiellement dangereux” et “proches des thèses de l’ultra-droite”. Dans l’appartement parisien (XIXe) de l’un des suspects, âgé de 58 ans, les gendarmes ont mis la main sur l’une des voitures recherchées. Des explosifs ” de type militaire ” ont également été retrouvés chez le suspect de 23 ans interpellé en Seine-et-Marne. Le procureur a également indiqué qu’un quatrième suspect a été interpellé.

Mouvance d’extrême droite, le survivalisme de façon “simple” signifie se préparer au pire et apprendre à vivre malgré une éventuelle attaque nucléaire, pandémie ou autre. Si certains apprennent à vivre dans la nature, à cacher des provisions, plusieurs d’entre eux apprennent à manier les armes et peuvent être potentiellement dangereux comme les trois suspects arrêtés qui étaient surveillés par la Direction générale de la sécurité intérieure.

Âgée de 28 ans, la mère de Mia ne se trouve plus à son domicile depuis plus de 48h, date de l’enlèvement. Elle mesure 1m70, est très mince, ses cheveux sont châtains clair mi-longs et elle présente deux tatouages ” étoiles ” à l’intérieur d’un poignet. Selon l’alerte, elle est susceptible de circuler à bord d’un véhicule Peugeot 207 noir, immatriculé BZ 370 GZ. Selon un automobiliste cité par Vosges matin, elle aurait été prise en stop mardi matin, dans un village à seulement une quinzaine de kilomètres des Poulières, lieu de l’enlèvement. Elle aurait confié vouloir se rendre à l’étranger. 

Plusieurs détails sur la vie de cette mère de famille ont été divulgués par le procureur. Cette dernière ne répondait à aucune convocation des services de la protection l’enfance depuis plusieurs mois. Lola Montemaggi qui n’avait plus la garde depuis décembre 2020, a “adopté devant le juge des enfants le 11 janvier une posture préoccupante, elle se disait malade, ne pas souhaiter que l’on s’immisce dans sa vie ni dans celle de de sa fille en arguant une position de rejet de la vie en société”. La mère avait fait savoir qu’elle souhaitait  vendre son appartement et ses biens pour partir en camping-car avec sa fille, pour passer “sous les radars de la société”.

Selon une amie, interrogée par Le Parisien, Lola Montemaggi est “une bonne femme pleine de convictions, souriante et gentille, mais qui s’enflamme vite. Elle ne fait pas les choses à moitié, elle les fait même à 200 %.” Interrogée sur ses convictions, “Julie” explique que la mère de Mia a “immédiatement adhéré au mouvement des Gilets jaunes dans l’aspect du rejet de la société. Je pense qu’elle a trouvé sa cause à ce moment-là”. Alors que le procureur a indiqué que Lola Montemaggi voulait déscolariser sa fille, son amie préfère nuancer : “Elle ne refusait pas que sa fille ait un enseignement scolaire, bien au contraire, mais elle voulait mieux pour sa fille. L’école publique ne lui plaisait pas, c’est pour cela qu’elle a demandé une scolarisation à domicile. Elle était beaucoup dans la recherche du bien-être.”

Peu après minuit, le dispositif a été enlevé suite à la décision du parquet d’Epinal même si la petite Mia n’a pas été retrouvée. 

Le Procureur de la République d’Epinal, Nicolas Heitz, joint par France Bleu Sud Lorraine ce mercredi matin a expliqué que cette décision était prise car la petite pouvait être en “danger”. “Compte tenu du contexte, on peut craindre qu’elle soit en danger. J’estime qu’il y a un risque pour son intégrité physique.” Lors de la conférence de presse, le Procureur a toutefois expliqué que le process de l’alerte enlèvement n’a pas vocation à durer plus de trois heures”. “Il n’y a pas de volonté cachée : maintenant l’enquête doit se poursuivre, le message est passé, les gens savent comment faire pour donner des éléments et nous souhaitons que l’enquête puisse se poursuivre. Tous les moyens les plus importants d’enquête et d’investigation sont déployés”.

Si vous localisez l’enfant, n’intervenez pas vous-même, appelez immédiatement le 0 800 36 32 68 ou envoyez un courriel à alerte-enlevement@gendarmerie.interieur.gouv.fr

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