Enlèvement d’une fillette dans les Vosges : en garde à vue, ses ravisseurs désignent la mère – Le Monde

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Nicolas Heitz, procureur de la République d’Epinal, tient un portrait de Mia Montemaggi, 8 ans, disparue mardi 13 avril, lors d’une conférence de presse au palais de justice d’Epinal (Vosges), le 14 avril.

Quelques jours après le rapt, mardi 13 avril, de Mia Montemaggi, 8 ans, dans un village des Vosges, les circonstances de son enlèvement s’éclaircissent. Mais la fillette et sa mère restent introuvables pour le moment. « Il n’est pas à exclure qu’elles aient pu quitter le territoire national », a déclaré le procureur de la République d’Epinal, Nicolas Heitz, lors d’une conférence de presse, vendredi 16 avril, sa deuxième prise de parole médiatique après une première organisée mercredi en milieu de journée.

Dans le cadre de cette affaire, qui a entraîné la mise en place du dispositif « Alerte enlèvement », mardi, rapidement levé par le parquet d’Epinal, trois hommes ont été interpellés mercredi soir et jeudi matin, en région parisienne. Un quatrième l’a été en Meurthe-et-Moselle, jeudi après-midi. Les trois premiers sont considérés par la justice comme les ravisseurs de Mia. Placés en garde à vue, ils ont expliqué, selon M. Heitz, que Lola Montemaggi, la mère de l’enfant, les a sollicités sur Internet « pour récupérer Mia, dont elle s’estimait injustement séparée ».

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Depuis le 11 janvier et la décision d’un juge des enfants, la mère ne disposait que de deux droits de visite par mois, en présence d’un tiers. Mercredi, le procureur d’Epinal avait précisé que la mère avait tenu des « propos suicidaires » devant sa fille. Lors de son audition devant le juge des enfants, début janvier, a indiqué M. Heitz, elle avançait avoir « pour projet de partir en camping-car avec sa fille, dans le but de passer, je la cite, en dessous des radars de la société” ». Agée de 28 ans, la jeune femme partageait sur son compte Facebook des vidéos et des articles complotistes dénonçant « le nouvel ordre mondial sataniste » ou le « coronacircus ». La fillette était hébergée chez sa grand-mère, dans un petit village des Vosges, Les Poulières, à une centaine de kilomètres de la frontière allemande.

Documents à en-tête du ministère de la justice

Mardi en fin de matinée, la grand-mère voit débarquer deux hommes, se présentant comme des professionnels du Service territorial éducatif de milieu ouvert (Stemo). Ils lui montrent des documents à en-tête du ministère de la justice. Lui expliquent qu’ils veulent conduire la fillette pour un rendez-vous avec sa mère. Dans un véhicule Volkswagen, un chauffeur attend devant le domicile, pour transporter la fillette. Une fois sa petite-fille partie, la grand-mère, intriguée, appelle le Stemo, et découvre qu’on lui a menti. Elle avertit immédiatement la gendarmerie.

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