Enlèvement de Mia : Rémy Daillet devant la justice française – Le Monde

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Rémy Daillet, figure des milieux complotistes et soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement de la petite Mia en avril dans les Vosges, est arrivé, mercredi 16 juin, en France où il risque une mise en examen.

Arrêtés en Malaisie à la fin de mai, où ils résidaient, M. Daillet, sa compagne enceinte et leurs trois enfants de 17, 9 et 2 ans ont embarqué mardi soir à Singapour sur le vol Air France 257, qui a atterri à l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle aux alentours de 6 heures.

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« A l’arrivée à l’aéroport en France, le mandat d’arrêt du juge d’instruction de la JIRS [juridiction interrégionale spécialisée] de Nancy sera notifié », avait précisé François Pérain, procureur de la République de Nancy, dans un communiqué. Un mandat « notifié et exécuté par la gendarmerie des transports aériens », selon une source aéroportuaire.

Mandat d’arrêt international

M. Daillet devait alors être soit transféré « immédiatement à Nancy en vue de sa mise en examen », soit présenté « devant le juge des libertés et de la détention de Bobigny pour une incarcération provisoire », a précisé le procureur. Dans cette dernière hypothèse, Rémy Daillet serait « transféré jusqu’à Nancy pour être interrogé par les juges d’instruction (…) dans un délai de quatre jours ».

Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne exclu du parti centriste en 2010, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement de la petite Mia, 8 ans, perpétré à la mi-avril dans les Vosges. L’enfant avait été retrouvée cinq jours plus tard en Suisse, dans un squat de la commune de Sainte-Croix avec sa mère, qui n’en avait plus la garde.

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Le Français de 54 ans est soupçonné, selon M. Pérain, d’être l’« animateur » présumé de la « mouvance » antisystème des ravisseurs à l’origine du rapt. Sa famille et lui ont été arrêtés à la fin de mai sur l’île touristique malaisienne de Langkawi. Leurs visas ayant expiré, la Malaisie a procédé à leur expulsion vers la France. Mais celle-ci a été interrompue dimanche lors de leur escale à Singapour, où la compagne de Rémy Daillet, Léonie Bardet, enceinte, a été hospitalisée.

Selon MJean-Christophe Basson-Larbi, l’avocat de la famille, Léonie Bardet dispose de plusieurs certificats médicaux « qui attestent unanimement que sa santé ne lui permet pas de prendre l’avion ». Mme Bardet et ses enfants « n’ont aucun rapport avec l’information judiciaire relative à l’affaire dite Mia » et « sont les inadmissibles victimes de la volonté française de n’avoir aucun égard pour leurs vies », a estimé l’avocat dans un communiqué diffusé mardi.

Dix personnes mises en examen

La petite Mia, âgée de 8 ans, résidait chez sa grand-mère quand elle avait été enlevée par ruse le 13 avril, par plusieurs hommes, à la demande de la mère de l’enfant, qui n’avait plus le droit de la voir seule. Dans une vidéo mise en ligne après l’enlèvement, Rémy Daillet avait tenté de se justifier. Sans évoquer nommément Mia, il réfutait le terme d’enlèvement.

Dans d’autres vidéos plus anciennes, il soutenait l’idée d’un coup d’Etat populaire et se disait opposé aux impôts, aux vaccins, aux masques ou à la 5G. Celui qui est déjà père de sept enfants d’un premier mariage prônait par ailleurs l’éducation par les parents à la maison.

Dans cette affaire, dix personnes au total, dont la mère de la fillette, ont déjà été mises en examen et sept d’entre elles ont été placées en détention provisoire.

La justice s’interroge aussi sur le rôle de Rémy Daillet dans une autre affaire, celle d’un couple qui vivait en vase clos dans le Doubs et s’était retranché à son domicile en novembre, refusant de confier ses quatre enfants aux assistantes sociales comme le demandait un juge. C’est au contact d’un certain « Rémy, vivant en Malaisie, ancien membre du MoDem », que le couple aurait décidé de déscolariser ses enfants puis de se couper du monde.

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Le Monde avec AFP

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