Enlèvement de Mia : les trois ravisseurs présumés sont des survivalistes suivis par la DGSI – Le Parisien

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Il ne s’agit que d’une étape, mais elle pourrait s’avérer essentielle pour retrouver la petite Mia, âgée de 8 ans et enlevée mardi soir alors qu’elle était avec sa grand-mère dans une petite commune à proximité de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges). Selon nos informations, les trois hommes suspectés d’avoir enlevé la fillette en se faisant passer pour des représentants de la protection judiciaire de la jeunesse ont été interpellés dans la nuit de mercredi à jeudi par les gendarmes de la section de recherches de Nancy, appuyés par le GIGN, dans le XIXe arrondissement de Paris. Ils ont été placés en garde à vue. La petite fille et sa mère étaient en revanche toujours activement recherchées ce jeudi soir par les enquêteurs.

D’après des sources proches de l’enquête, le profil des trois kidnappeurs présumés réserve des surprises : ils sont inscrits comme des « objectifs » suivis par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en raison de leur appartenance à la mouvance survivaliste. Proches des thèses de l’ultra-droite, les suspects sont jugés potentiellement dangereux. Dans l’appartement où ils ont été interpellés, situé dans le quartier Jean Jaurès dans le XIXe, les gendarmes ont d’ailleurs mis la main sur des explosifs « de type militaire ». Les investigations sont en cours afin de déterminer quel devait en être l’usage. C’est notamment en raison de leur passé inquiétant que l’alerte enlèvement a subitement été levée alors que la fillette n’avait pas encore été retrouvée.

Mardi matin vers 11h30, ces trois hommes se présentent au domicile de la grand-mère de Mia, chez qui la petite fille est placée provisoirement sur décision d’un juge des enfants. Face à cette femme âgée, les trois suspects se présentent « comme des professionnels du Stemo, Services territoriaux éducatifs de milieu ouvert », et demandent à « réaliser une visite inopinée du logement, en donnant le nom d’un vrai éducateur », a détaillé Nicolas Heitz, le procureur de la République d’Epinal au cours d’une conférence de presse mercredi matin. Ils exhibent des documents à en-tête du ministère de la Justice pour crédibiliser leur récit. Les trois hommes expliquent ensuite devoir conduire la fillette à « un rendez-vous dans un centre spécialisé » et l’embarquent dans un fourgon sans violence. Prise d’un doute, la grand-mère de Mia contacte les éducateurs, qui lui assurent qu’aucune équipe du Stemo ne s’est présentée chez elle.

La maman refusait « toute collaboration avec les services éducatifs »

Selon les premiers éléments de l’enquête, Mia pourrait ensuite avoir été remise à sa mère, Lola Montemaggi, qui était absente de son domicile mercredi et reste introuvable à ce stade. Cette dernière, âgée de 28 ans, serait elle-même proche des idées survivalistes. Interdite de voir Mia seule, elle avait indiqué à la mi-janvier vouloir partir en camping-car avec l’ambition de passer « en dessous des radars de la société », toujours selon les mots du procureur d’Epinal. La maman refusait « toute collaboration avec les services éducatifs et souhaitait vivre en marge de la société ». La mère de famille souhaitait scolariser sa fille à son domicile mais s’était heurtée au refus de l’Education nationale.

Elle avait aussi expliqué au juge des enfants ne pas vouloir que la justice ou l’école publique ne s’immisce dans sa vie ou celle de sa fille. Elle n’avait le droit de la voir que deux fois par mois. Lola Montemaggi se serait déjà montrée violente à l’endroit de son conjoint devant sa fille et aurait tenu des propos suicidaires à plusieurs reprises. Son profil semble assez proche de celui des trois auteurs présumés du rapt arrêtés dans le XIXe. Comment les a-t-elle rencontrés et pourquoi a-t-elle fait appel à eux ? A ce stade de l’enquête, ce point reste un mystère. Le télescopage entre l’enlèvement de Mia et cette mouvance survivaliste suivie activement par les services de renseignements ces dernières années rend l’affaire d’autant plus troublante.

Âgée de 8 ans, Mia mesure 1m30. Elle a les yeux bruns, les cheveux longs et bruns avec une frange. Au moment de son enlèvement, elle portait un pantalon noir, un gilet à fermeture éclair avec des points dorés et une doudoune blanche à pois noir doublée en fourrure blanche. Les auditions des trois hommes interpellés ce jour et suspectés de l’avoir enlevé à sa grand-mère viennent de débuter et pourraient permettre d’en savoir plus sur les projets de Lola Montemaggi, qui possède une Peugeot 207 noire. Tout élément permettant de faire avancer l’enquête doit être communiqué sans délai à ce numéro : 0 800 363 268.

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