Endettement : Altice s’offre un peu de répit

Endettement : Altice s’offre un peu de répit

Enfin une bonne nouvelle pour Altice. Endettée à hauteur de 60 milliards d’euros, la maison mère de SFR a reculé de deux ans le remboursement de l’essentiel de ses dettes, à 2027 au lieu de 2025. Pour cela, Altice International a levé sur le marché un nouvel emprunt de 800 millions d’euros, remboursable en octobre 2027. Avec cette opération de refinancement, cette entité regroupant notamment ses activités à l’étranger n’a plus « d’échéance majeure avant 2027 ».

Selon Les Echos, Altice a réussi là un test important vis-à-vis des marchés puisque c’est la première fois que le groupe des télécoms et de médias faisait appel aux investisseurs depuis la révélation, cet été, du scandale de corruption qui a ébranlé son empire. Il a même obtenu plus que les 500 millions d’euros initialement escomptés.

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Meo, Altice Dominicana, Teads dans la corbeille

Cette bouffée d’oxygène devrait permettre à Altice International de négocier dans des conditions plus favorables les cessions d’actifs visant à donner des gages au marché. Au Portugal, le groupe de Patrick Drahi aurait mis en vente Meo, le premier opérateur du pays, ainsi que la société de déploiement de la fibre FastFiber. Il en attendrait dix milliards d’euros.

Parmi les autres actifs logés dans Altice International et susceptibles d’être vendus, on trouve sa filiale en République dominicaine. Racheté en 2013 à Orange, Altice Dominicana, l’un des principaux opérateurs du pays, a été évalué, en 2017, à 2,5 milliards de dollars.

Dans la corbeille, on trouve, enfin, Teads, le spécialiste français de la vidéo publicitaire en ligne, racheté en 2017 pour 285 millions d’euros. Selon Les Echos, Altice aurait tenté de vendre cette filiale, deux ans plus tard, n’ayant pas obtenu les synergies internes espérées. Puis en 2021, le groupe envisageait d’introduire Teads en Bourse aux Etats-Unis, sur la base d’une valorisation de 4 à 5 milliards d’euros.

Une opération de refinancement qui a un prix

Le quotidien économique rappelle que l’opération de refinancement d’Altice International a un prix. Altice devrait payer à ses créanciers « un coût environ quatre fois plus élevé que sa ligne de dette d’origine qui arrivait à maturité dans deux ans ». Le taux passerait de 2,25 % à 10 %. Le groupe subit la dégradation de sa note par les agences de notation financière ainsi que la remontée des taux d’intérêt.

Pour autant, le risque pris par les créanciers est moindre avec Altice International qu’avec d’autres entités du groupe. Son taux d’endettement s’élève, a calculé Les Echos, à 4,8 fois son Ebitda – le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement – contre 5,2 fois pour Altice France et 6,7 fois pour les activités aux Etats-Unis (Altice USA).

Si le groupe de Patrick Drahi a obtenu un répit d’ici 2027 où il devra rembourser un total de quelque 13 milliards d’euros, sa filiale SFR fera face, avant cette date, à une échéance de 1,6 milliard d’euros. Dans ce contexte, Altice serait prêt à vendre une partie du capital de l’opérateur, son principal actif en Europe. SFR et ses activités en France seraient valorisés environ 30 milliards d’euros.

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