L’armée turque a bombardé plusieurs localités du nord-est de la Syrie, mercredi, avant de lancer une opération terrestre, provoquant au moins 15 morts et des milliers de déplacés.

Par Publié aujourd’hui à 10h49, mis à jour à 11h12

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Les habitants de la ville syrienne de Ras Al-Aïn fuient les bombardements turcs, mercredi 9 octobre.

Après des heures de bombardements, l’armée turque et ses supplétifs syriens ont pénétré, mercredi 9 octobre, au nord-est de la Syrie dans les territoires contrôlés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants dominés par les kurdes, qui, alliée aux Américains dans la région depuis 2015, a payé un lourd tribut à la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI).

« Les forces armées turques et l’Armée nationale syrienne [le nouveau nom des rebelles syriens soutenus par Ankara] ont débuté l’opération “Source de paix” dans le nord de la Syrie. » C’est par ce message, rédigé en turc, en anglais et en arabe, sur le compte Twitter du président turc, que le nouveau front s’est ouvert dans cette région jusqu’ici plutôt stable grâce aux efforts conjoints des FDS et de leurs alliés occidentaux – américains, français et britanniques.

Dès mercredi après-midi, l’aviation et l’artillerie turques ont pris pour cibles plusieurs localités frontalières du nord de la Syrie – Tall Abyad, Ras Al-Aïn, Kamechliyé, Ayn Issa et Kobané –, précipitant des milliers de civils sur les routes de l’exode. L’opération a déjà fait au moins 15 morts, dont 8 civils, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Des équipes humanitaires ont indiqué être en train d’évacuer le nord-est de la Syrie.

« Des forces adverses sont entrées à Tall Abyad et Ras Al-Aïn et ont été repoussées », a déclaré Bayan Jiya Kurd, un haut responsable kurde, précisant que les combats se poursuivaient dans les deux villes, jeudi matin. Selon une source sur place contactée par téléphone, les forces prokurdes seraient entrées dans Tall Abyad. La ville a été désertée par ses habitants. Bayan Jiya Kurd a par ailleurs indiqué que des tirs d’artillerie, ainsi que des frappes aériennes visaient, jeudi matin, la ville de Kobané.

Le retour des réfugiés

L’offensive terrestre vise les villes syriennes de Tall Abyad et Ras Al-Aïn, d’où les forces américaines s’étaient retirées lundi, quelques heures après le feu vert ­tacite donné par Donald Trump à l’opération militaire turque. Majoritairement peuplées d’Arabes et situées en terrain plat, ces deux villes sont les maillons faibles de la « ceinture kurde » qui s’étend de l’est de l’Euphrate à la frontière irakienne.

Tenue jadis par l’Etat islamique, Tall Abyad a longtemps servi de point d’entrée aux djihadistes étrangers venus grossir les rangs du « califat » autoproclamé, jusqu’à ce que les forces kurdes prennent la localité, en juin 2015. La ville est située sur un axe routier important qui mène à Rakka, et dont l’accès s’annonce aisé pour les chars turcs. En pénétrant dans cette zone, l’armée turque entend couper la continuité territoriale établie par les forces kurdes.

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