En Irak, Macron confronté à l’onde de choc afghane – Le Monde

Spread the love

La visite d’Emmanuel Macron se voulait toute entière tournée vers l’Irak. Mais elle s’est déroulée, samedi 28 août à Bagdad, dans l’ombre de la débâcle occidentale en Afghanistan, près de deux semaines après le retour au pouvoir à Kaboul des talibans. Le chef de l’Etat français ne pouvait ignorer l’onde de choc suscitée par le retrait précipité des Etats-Unis et la victoire des fondamentalistes islamistes à Kaboul.

La situation en Irak n’est pas comparable à celle de l’Afghanistan, mais les deux pays sont confrontés à une menace commune, comme l’a montré l’attentat meurtrier perpétré par l’organisation Etat islamique (EI) au cœur de la capitale afghane, aux portes d’un aéroport devenu, du moins jusqu’au 31 août, l’unique point de sortie du pays.

Le premier ministre irakien, Mustapha Al-Khadami, accueille Emmanuel Macron, en visite pour deux jours. Aéroport de Bagdad, Irak, vendredi 27 août 2021.

M. Macron a d’abord eu des entretiens avec le premier ministre irakien, Mustapha Al-Khadami. Puis il a participé à la « conférence des voisins de l’Irak », organisée par Bagdad en partenariat avec Paris, afin d’ouvrir un forum de dialogue et de coopération entre les pays de la région. A chacune de ses interventions, M. Macron s’est employé à donner des gages aux dirigeants irakiens, sur fond de doutes, renforcés par le fiasco afghan, au sujet de l’engagement des Etats-Unis dans cette vaste région.

« Nous maintiendrons notre présence » en Irak

Dans la zone verte de la capitale irakienne, le secteur ultra-sécurisé où sont logés les ministères et l’ambassade américaine, il a ainsi martelé que la France restera engagée contre l’EI, dans le pays comme ailleurs, au nom de la lutte contre le terrorisme. « Quels que soient les choix du gouvernement américain, nous maintiendrons notre présence » dans le pays, a assuré le président français. « Nous avons les capacités opérationnelles » pour le faire, a-t-il précisé.

Rencontre à la Primature, siège du gouvernement irakien, à Bagdad, le 28 août 2021.

Une manière, en creux, de se distinguer du flou entourant les intentions de Washington. Paris tient d’ailleurs à ce que les Etats-Unis maintiennent leur présence en Irak « si nécessaire ». Les effectifs américains ont été réduits à 2 500 personnes par l’ancien président Trump, un étiage que Joe Biden n’a, à ce stade, pas remis en cause.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La débâcle en Afghanistan instille le doute sur le maintien des Américains en Irak

Côté français, quelque 800 soldats sont engagés dans la région dans la lutte antiterroriste dans le cadre de l’opération « Chammal » – nom donné au volet français de l’opération interalliée « Inherent Resolve » rassemblant plus de 70 nations à la demande du gouvernement irakien. Elle vise à apporter un soutien militaire aux forces locales engagées dans le combat contre l’EI sur leur territoire qu’il n’est pas question de retirer. Pour Paris, l’EI constitue toujours une réelle menace en Irak, même si le « califat » a été défait en 2017. Des cellules plus ou moins dormantes y sont encore présentes, capables d’organiser, comme au mois de juillet dans la capitale, des attentats meurtriers.

Il vous reste 40.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply