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Les grèves contre la réforme des retraites d’Emmanuel Macron

REFORME – Toujours contestée, la réforme des retraites arrive en séance plénière à l’Assemblée nationale ce lundi 17 février. Plusieurs syndicats ont appelé à la grève dans les transports, tandis qu’une manifestation a démarré à Paris en début d’après-midi. Suivez les dernières infos du jour.

OLIVIER FAURE

“Votre âge d’équilibre conduira les carrières les plus pénibles à cotiser plus longtemps encore pour financer les retraites de ceux qui ont la plus grande espérance de vie et les pensions les plus élevées ?”

PARTI SOCIALISTE

Olivier Faure fustige le caractère universel de la réforme : “Les régimes spécifiques se substituent aux régimes spéciaux : les pilotes de ligne, les transporteurs ont droit à la mansuétude du pouvoir mais pas les conducteurs de bus ou de TGV. A croire qu’il faudrait mieux transporter des marchandises. […] Vous nous dites que cette réforme est lisible. Mais selon que vous soyez à la retraite, nés avant 1975 ou après, que vous ayez un régime spécial, les dates de calcul seront encore différents. Et je passe sur la valeur d’achat du point.”

RETRAITES

Comment mieux prendre en compte la parentalité dans le nouveau calcul des pensions ? Auparavant, l’ensemble se comptait en trimestres. Aujourd’hui, c’est en point. Le projet de loi, lui, ambitionne de mieux prendre en compte les suspensions de carrière liées aux grossesses. Toutefois, le partage des majorations (en trimestres avant, en points aujourd’hui), semble toujours, du moins en partie, relever de la libre répartition au sein du couple.

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CONSEQUENCE

C’est l’une des conséquences les plus visibles de la grève entamée par les avocats, une des plus intenses que connait le mouvement social contre le projet de loi de réforme des retraites : les tribunaux fonctionnent au ralenti et de nombreuses affaires doivent être régulièrement reportés. Cela avait par exemple été le cas du procès du père Prénat, accusé de pédocriminalité. 

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49-3 ?

Même si dans la majorité et l’exécutif, la ligne officielle est de ne pas vouloir utiliser le 49-3, une autre musique commence à monter : “Ce n’est pas l’objectif, mais on ne l’exclut pas si le débat est clairement impossible”, ont confié certains marcheurs à l’AFP. 

Une hypothèse aussitôt battue en brèche par le patron des députés LR Damien Abad qui prévient la majorité : “Ce sera votre Waterloo politique”. “Du délire”, a estimé de son côté le patron de la CFDT Laurent Berger.

De leur côté, les rangs de la gauche de la gauche ont promis “une vie d’enfer” à la majorité, Jean-Luc Mélenchon assurant qu’il tiendrait “la tranchée” jusqu’à la “victoire” contre “la plus terrible régression sociale de toute la Ve République”. Optimiste, dans la salle des Quatre colonnes, il estimait “que nous étions plus proches de la victoire aujourd’hui qu’il y a quelques semaines”.

BATAILLE PARLEMENTAIRE

La demande de référendum déposée par le groupe communiste à l’Assemblée a été rejetée par les députés, ce lundi soir. 160 élus ont voté contre, et 70 pour. Parmi les signataires de cette motion référendaire, les élus PCF, PS, LFI, Libertés et Territoires et un LR.

“Acte rare, acte fort”, selon les termes d’André Chassaigne, il était destiné à ce que le projet de loi de réforme des retraites soit soumis à référendum aux Français. “Bien sûr qu’on veut voir et savoir si les Français avalent vos bobards”, avait lancé l’insoumis François Ruffin en soutien, quand le socialiste Olivier Faure voulait que “le peuple puisse trancher”.

La majorité, elle, a rejeté sans surprise la motion : “Pourquoi un seul référendum et pas 41.000 pour chacun de vos amendements”, a ironisé le LaRem Jean-René Cazeneuve. “Une obstruction”, a de son côté critiqué la MoDem Nathalie Elimas.

CHAHUT

Comme en atteste cette journaliste du Parisien, les premiers pas ministériels d’Olivier Véran ont été quelques peu mouvementés, cet après-midi à l’Assemblée nationale.

DISSONANCE

Alors que la majorité et le gouvernement n’ont majoritairement jamais cessé de reprocher à la France insoumise, notamment, ses milliers d’amendements, la présidente de la commission spéciale a, elle, salué les temps d’échange qui s’y sont déroulés, rejetant le terme “d’obstruction parlementaire”.

MELENCHON

Après avoir cru entendre Laurent Pietraszewski qualifier leur tactique parlementaire de “terroriste”, le député insoumis a corrigé le tir… le secrétaire d’Etat aux retraites parlait en réalité de “tactique tayloriste”, référence à cette organisation du travail consistant à faire répéter les mêmes tâches aux mêmes employés sur l’intégralité de leur temps de travail.

DÉTERMINÉ

Le patron du PS Olivier Faure n’entend surtout pas précipiter le débat.

CONFERENCE DE FINANCEMENT

En même temps que le texte arrive à l’Assemblée, la “conférence de financement” va démarrer ses travaux : organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) vont se retrouver pour débuter leurs travaux mardi et jeudi à 9h30 au ministère des Solidarités.

Charge à eux de trouver un moyen de financer le futur système des retraites, dont le déficit est attendu à “12 milliards d’euros par an en 2027”. Le problème étant que ce diagnostic n’est pas partagé entre gouvernement, organisations patronales et syndicales. Les syndicats, et notamment la CFDT, jugent que ce sont les politiques de réduction des cotisations sociales qui sont à l’origine de ces prévisions. Et encouragent, comme la CGT ou d’autres organisations syndicales, à les augmenter pour augmenter les recettes. 

Un constat non partagé par le gouvernement et le patronat, qui ne veulent pas entendre parler de ce biais, dans lequel ils voient “une hausse du coût du travail”, et défendent de ce point de vue un recul de l’âge de départ.

VERAN

Le successeur d’Agnès Buzyn est également revenu sur le minimum contributif, qui sera versé à “ces agriculteurs, ces artisans, ces commerçants” qui touchent “700 euros aujourd’hui. Cela les concernera-t-il tous, quels que soient leurs revenus ?

VERAN

Dans son discours de présentation du projet de loi de réforme des retraites à l’Assemblée nationale, le tout frais ministre de la Santé Olivier Véran, ancien corapporteur du texte, a défendu “une ambition immense” mais aussi un système “construit autour d’une solidarité”.

“Il nous faut corriger” les “défauts” du système actuel, soulignant, pour son argumentaire, que “du haut de ses 39 ans”, il avait “déjà cotisé à 4 régimes”.

L’OPPOSITION REFUSE UNE DURÉE DE DÉBAT LIMITÉE

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LaREM) a proposé sans succès aux groupes politiques de limiter à 100 heures, sur trois semaines, les débats sur la réforme des retraites, objet de 41.000 amendements, a-t-on appris de source parlementaire.

Le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon a déclaré devant la presse que “nous n’en voulons pas”. “Au demeurant, pourquoi leur faciliterait-on le travail, c’est pas le but”, a-t-il ajouté.

ASSEMBLÉE

Ce lundi à l’Assemblée nationale, des députés du parti communiste français (PCF) ont arboré des t-shirts demandant la tenue d’un référendum concernant la réforme des retraites.

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MANIFESTATION À PARIS

Plusieurs centaines de personnes ont commencé à manifester lundi à Paris contre le projet de réforme des retraites, le jour de son arrivée dans l’hémicycle à l’Assemblée nationale, à l’appel d’une coordination composée de grévistes et de militants CGT et SUD.

La manifestation, à l’appel du Front social, coordination créée après la mobilisation contre la loi Travail à la fin du quinquennat précédent, s’est ébranlée en début d’après-midi de la place de l’Opéra en direction du palais Bourbon.

“Nous sommes très surpris que l’intersyndicale n’appelle pas à manifester ce lundi”, a dit à l’AFP  Gaël Quirante, secrétaire départemental SUD Poste 92 et l’un des organisateurs de la “coordination nationale”.

Le militant fait référence aux confédérations CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU, qui mène la fronde contre la réforme des retraites depuis le 5 décembre et appellent à une nouvelle journée interprofessionnelle jeudi.

OLIVIER VÉRAN

Le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé va prendre le relais d’Agnès Buzyn. La passation des pouvoirs s’est déroulée ce lundi matin

PHILIPPE MARTINEZ

Le leader de la CGT était ce lundi l’invité politique d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI. Retrouvez l’intégralité de son interview

Réforme des retraites : “On a affaire à un gouvernement autoritaire”, dénonce Philippe Martinez

PHILIPPE MARTINEZ 

Le secrétaire général de la CGT dénonce “un gouvernement autoritaire”. 

RÉFORME : UN CALENDRIER “PAS TENABLE” ?

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que les partenaires sociaux avaient besoin de plus de temps pour négocier dans le cadre de la conférence de financement.

“Je crois que le calendrier dans lequel on est enfermé n’est pas tenable”, a déclaré M. Roux de Bézieux sur RTL.

Interrogé sur le fait de savoir si le Medef allait demander plus de temps pour négocier, il a répondu : “oui, très clairement”, alors que les partenaires sociaux, réunis dans la conférence de financement qui débute  cette semaine, doivent remettre d’ici à la fin avril leurs propositions pour équilibrer financièrement le système des retraites à l’horizon 2027.

Pour le président du Medef, davantage de temps est nécessaire pour discuter en particulier du thème de la pénibilité, sur lequel l’organisation s’oppose notamment aux propositions de la CFDT pour définir des métiers pénibles.

GRÈVE DANS LES TRANSPORTS

Quelques perturbations sont notées en Ile-de-France : “Le trafic est plus bas et perturbé sur les lignes 2, 5 et 12 du métro, notamment la 5 avec un train sur quatre ce matin et un sur trois dans l’après-midi”, selon la RATP. Un dépôt de bus à Nanterre est resté bloqué 1H30.

On est toutefois loin de la “journée morte” à laquelle appelaient plusieurs syndicats. Le mouvement sera “peu suivi”, assurait hier le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sur BFMTV. “Il y aura un trafic normal à la SNCF, un trafic normal ou quasi normal à la RATP”.

MARTINEZ 

“On a affaire à un gouvernement autoritaire. Plus il défend ce projet de loi, moins les Français le comprennent.”   

MARTINEZ 

“On va nous présenter une loi qui est plus qu’à trou. Les pensions vont évoluer sur un indice qui n’existe pas : est-ce que c’est sérieux ? Ce n’est pas comme ça qu’on convainc l’opinion publique.”  

MARTINEZ

“Jeudi, il y aura des grèves dans le public, dans le privé et dans les transport aussi. C’est l’occasion de rappeler qu’une très grande majorité des citoyens sont contre cette réforme.” 

MARTINEZ 

“Il y a besoin que les syndicats travaillent et agissent ensemble. (…) Les salariés ont besoin d’agir ensemble. La journée de mobilisation est jeudi prochain.” 

CORBIERE

“Je vous cite exactement la page 13 du programme d’Emmanuel Macron : il n’y aura pas de baisse des pensions de retraite ni d’allongement de la durée du temps de travail. Ce n’était pas dans son programme”

CORBIERE

“Quand on discutait de la privatisation d’EDF, sous Nicolas Sarkozy, les députés socialistes avaient sorti 136.000 amendements ! Moi, ma manière de jeter ma robe d’avocat, mon cahier de professeur, c’est de jeter mes 19.000 amendements. On n’a pas autre chose.”

CORBIERE

“Je ne suis pas au service du gouvernement, donc je ne sais pas si le texte sera voté avant l’été. Ce que je propose, c’est donc un référendum, comme le veulent deux Français sur trois”.

CORBIERE

“C’est un coup de force. Donc nous, on assume que face à un texte qui veut faire de la destruction, on fait de l’obstruction. J’utilise les faibles moyens qui me sont alloués comme député pour le faire : amendements, obstruction”. 

CORBIERE

“J’ai la faiblesse de penser qu’en démocratie, il faut écouter le peuple. Et les Français sont opposés à ce texte. Le Conseil d’Etat lui-même dit que le texte est lacunaire, avec 29 ordonnances. J’ai une haute opinion de ce qu’est un député, et on nous demande de voter à l’aveugle. Quand on a posé la question du calcul de la valeur du point, on nous a répondu que ce serait calculé selon le revenu moyen par tête, qui n’est pas encore défini. Ce n’est pas un loup, c’est une meute  de loup.”

CORBIERE

“Nous sommes farouchement opposés à cette réforme des retraites : elle est mauvaise pour les Français, elle veut les faire travailler plus longtemps en utilisant l’astuce de l’âge d’équilibre ce qui leur permet de dire que l’âge légal ne va pas bouger”.

PENIBILITE

A sa sortie, Pascale Coton a indiqué avoir “demandé à Matignon de revoir sa copie”, évoquant la situation des salariés des usines d’incinération qui “n’ont que cinq ans [d’espérance] de vie à la retraite”.

Même dépit du côté de l’Unsa, dont le patron Laurent Escure a constaté l’existence d’un “contentieux avec les employeurs”, demandant à l’exécutif de “prendre ses responsabilités”.

“Tout le monde se renvoie la balle pour savoir qui va payer”, a regretté François Hommeril, numéro 1 de la CFE-CGC.

PHILIPPE

“Sur certains sujets, les discussions vont continuer”. Notamment sur la réparation de la pénibilité, qui “ne fait pas consensus entre les organisations patronales et syndicales”.

Sur le minimum contributif, Edouard Philippe a précisé : “Quiconque partira à la retraite à partir de 2022 après avoir travaillé toute sa vie au smic percevra au minimum 1000 euros en 2022, 1147 euros en 2025. Certains partenaires sociaux veulent améliorer ces paramètres. Le gouvernement est disposé à en discuter.”

PHILIPPE

Sur la pénibilité, le Premier ministre explique que les concertations “ont mis à jour trois priorités : la prévention, la possibilité de reconversion, et les questions relatives à la réparation”.

“Le gouvernement va inviter les branches professionnelles à ouvrir des discussions dans les six mois qui suivront la publication de la loi pour lancer un plan massif de prévention de la pénibilité.”

“Nous allons proposer un amendement visant à créer un véritable droit à la reconversion pour les populations exposées à toutes les formes de pénibilité.” Le but est de permettre à un salarié exposé à la pénibilité de financer “une formation longue de six mois, rémunérée, pour basculer vers un nouveau métier”.

PHILIPPE

A propos de la transition entre l’ancien et le nouveau système de retraites, le Premier ministre garantit que “tous les assurés” verraient “le maintien des droits acquis et une transition très progressive”.

Sur l’emploi des seniors, Edouard Philippe déclare : “La retraite progressive restera ouverte à 60 ans et sera rendue beaucoup plus facile d’accès. Nous étendrons ce dispositif à la fonction publique avec des paramètres adaptés aux spécificités de ce secteur.”

“Nous allons déplafonner dans la fonction publique le compte épargne temps pour rendre possible des mi-temps en fin de carrière, par exemple à l’hôpital.”

PHILIPPE

“Que l’on critique le projet du gouvernement c’est très sain, que l’on s’y oppose dans la rue c’est normal. Mais je crois que priver la représentation nationale d’un débat de fond c’est moins facilement acceptable pour le gouvernement, les députés de la majorité. Il est de l’intérêt de notre démocratie que notre Assemblée nationale puisse être le cadre d’un débat serein, passionné sans doute, mais réel.”

PHILIPPE

Ce matin, les partenaires sociaux étaient reçus par Edouard Philippe pour “faire un bilan” des concertations sur la réforme des retraites, avant la reprise des débats à l’Assemblée et de la “conférence de financement” la semaine prochaine. Le Premier ministre s’est exprimé à l’issue.

“La réunion multilatérale a conclu ce premier cycle de concertation sur un bon bilan. Il acte de nouvelles avancées sociales pour nos concitoyens et nous laisse du temps pour régler quelques points à ce stade sans accord.”

VEYRIER

Le secrétaire général de Force ouvrière, lui, a rappelé son opposition au système universel par points : il est dangereux de soutenir un système qui favorisera le recul de l’âge de la retraite, alors que le problème se situe à l’entrée dans l’emploi, aussi bien chez les plus jeunes que chez les seniors.

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BERGER

Le patron de la CFDT a appelé les députés à déposer des amendements en faveur d’une meilleure prise en compte de la pénibilité.

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REFERENDUM

Selon un sondage Ifop publié ce jeudi dans L’Humanité et La Marseillaise, deux Français sur trois sont favorables à l’organisation d’un référendum sur la réforme des retraites, partagés entre tout à fait favorables ou plutôt favorables (32% et 35%).

Et, si ce référendum devait avoir lieu, les personnes interrogées indiquent qu’elles voteraient contre l’instauration du système universel par points tel que proposé par le président de la République.

FORCE OUVRIERE 

Du côté d’Yves Veyrier, que dit-on ? “Les défaillances qu’on constate au moment de la retraite, niveau de pension, âge de départ effectif pour une retraite pleine ne sont pas le fait de la sortie du système mais de l’entrée, c’est-à-dire de l’emploi, aussi bien les seniors que les plus jeunes. C’est ça qu’il faut traiter avant de poser la question d’une réforme des systèmes de retraite”.

“Nous avons déploré auprès du Premier ministre qu’il faille attendre les grèves pour avoir une discussion à ce sujet. Nous estimons que ces questions ne se résoudront pas en quelques semaines mais le dossier sera bouclé ce soir.”

“Nous avons redit au Premier ministre que nous ne nous laisserions pas détourner du sujet qui nous importe le plus : le retrait du système de retraite universelle par points. Nous sommes de plus en plus convaincus que c’est une erreur qu’il faut éviter.”

“Sur la question de la pénibilité, puisque le gouvernement nous renvoie aux discussions au niveau des branches, nous lui avons demandé qu’il stoppe son projet.”

LAURENT BERGER

A la sortie d’une réunion multilatérale à Matignon, le patron de la CFDT fait ses premiers commentaires. 

“On peut noter un certain nombre d’avancées du côté de l’accès à la retraite progressive dès l’âge de 60 ans, ouverte aux fonctionnaires.”

“Sur la question du mode de pension, ça reste encore en suspens. Il y a bien les 85% du Smic annoncés, mais il n’y a pas eu d’effort supplémentaire, c’est renvoyé à la conférence de financement.”

“Quant à la pénibilité, pour la CFDT, il y a un point crucial qui n’est pas annoncé, c’est la question de la réparation. Nous voulons des négociations dans les branches pour faire en sorte qu’on définisse les métiers exposés aux 4 critères, avec des définitions dans les branches, pour que ces salariés puissent avoir la possibilité d’un départ anticipé. On sent un gros blocage des organisations patronales et la CFDT a réaffirmé qu’il n’y avait pas de réforme de retraites justes s’il n’y avait pas de réparation. Le gouvernement doit faire des choix et, peut-être, ne pas faire plaisir à tout le monde”.

“Il appartient aussi aux députés de déposer des amendements” allant dans ce sens.

HOLLANDE

A partir du moment où cette réforme a été “bien mal préparée, bien mal présentée, bien mal construite et aujourd’hui bien mal comprise”, “le mieux serait de redonner aux Français les explications nécessaires et les garanties”. C’est le constat tiré par François Hollande, ce matin sur France 2, au sujet de la réforme des retraites. 

Pour l’ancien président, “il n’y a pas les garanties qui permettent de dire à chacun quelle sera sa retraite demain.”

DANIEL COHEN

“L’Etat est parti avec une idée fausse sur cette réforme, en pensant que c’est inéquitable. Mais les professions visées lui ont dit que rien n’était inéquitable. Le saut dans l’inconnu que constitue ce régime par points aurait mérité qu’on prenne plus de temps.”

DANIEL COHEN

La conférence de financement ne peut pas se tenir sans être au clair sur les raisons pour lesquelles il y aurait un déficit en 2027. Il y en aura un mais on n’en connait pas le niveau. Les dépenses de retraites n’évoluent pas. L’explication du déficit, c’est la baisse des cotisations. Et ce n’est pas démographique. C’est lié au fait que les simulations du COR ont pris en compte une baisse du nombre d’employés dans la fonction publique. Donc, nous avons un problème de recettes puisque cela crée un trou de cotisations. Or, c’est ridicule, puisque sous prétexte de faire des économies dans la fonction publique, on crée un problème de recettes.”

DANIEL COHEN

L’économiste, favorable au système par points, n’est pas convaincu par le retrait de l’âge-pivot et les pas du gouvernement. “Il a retiré l’âge pivot pour réintroduire l’âge d’équilibre, et il a échoué à rassurer les gens. Les chercheurs, les syndicalistes et les parlementaires ne comprennent pas l’étude d’impact. Nous avons un scénario à 1,3% de croissance de la productivité du travail. On ne sait pas ce que ça donne dans d’autres mesures. Le gouvernement a ajouté beaucoup d’opacité à cette situation”.

DANIEL COHEN

“Cette réforme des retraites n’a pas réussi à entraîner un consentement général. Elle a été mal pensée, s’est appliquée sans qu’on comprenne vraiment”.

DANIEL COHEN

“Il y a une forme d’égoïsme catégoriel, mais on ne peut pas reprocher à une profession de se mobiliser pour ses intérêts”, remarque sur LCI l’économiste Daniel Cohen à propos des avocats. “Mais il faut noter que la démographie de cette profession est très favorable, avec les avantages, les réserves de cotisation que ça comprend”, ce qui légitime leur volonté de conserver leur autonomie.

CRITIQUE

“Fiasco parlementaire”, “plus bel exemple d’amateurisme”… la droite n’a pas mâché ses mots contre la façon dont le gouvernement a mené sa réforme des retraites. Le président du Sénat Gérard Larcher réagissait ainsi à cette phrase présidentielle, où Emmanuel Macron invitait les parlementaires LaRem se féliciter “d’être des amateurs”. “Si voter sans savoir, si c’est ça l’amateurisme, oui, ça conduit à ça : obliger à voter des textes qui ne sont pas achevés, qui ne sont pas prêts”. Une référence au fait que les textes doivent être complétés par 29 ordonnances et que la question du financement n’y est pas abordée.

Dans le même ton, les députés LR et leur patron Damien Abad ont tous dénoncé “une Berezina à tous les étages”, fustigeant “l’impréparation et l’amateurisme du gouvernement [qui] entraînent ce simulacre de débat en commission spéciale.” Le député a même critiqué la gauche, dénonçant “une complicité cachée entre LFI et le gouvernement”.

INFO LCI – Appel à la grève dans les stations de ski ce samedi : des dizaines de stations concernées

Le passage en commission spéciale de la réforme des retraites va bientôt s’achever, sans que cela ait permis d’examiner en intégralité les amendements déposés par l’opposition. Alors que le texte doit arriver en séance le 17 février, cette dizaine de jours devant les députés aura toutefois permis de soulever de nouvelles interrogations. Les oppositions ont ainsi de nouveau dénoncé un “texte à trous”, référence aux nombreuses ordonnances prévues par l’exécutif pour le compléter.

Surtout, c’est la question de la valeur du point qui a posé problème. Alors que le Premier ministre avait indiqué en décembre qu’il serait calculé en fonction de la courbe des salaires, il est apparu qu’il serait en réalité établi en fonction du revenu moyen, donc en intégrant les revenus des indépendants. 

Par ailleurs, c’est aussi la question du minimum contributif qui est posée. Alors qu’il y avait eu un engagement à ce que chacun touche une somme restant encore indéterminée mais dans les eaux des 1000 euros par mois, Emmanuel Macron a refroidi l’ambiance, mardi 11 février au soir, lors de son adresse aux députés LaRem : “Il ne faut pas se leurrer : on ne pourra pas aller à 1000 euros pour tous. On n’a pas les moyens.”

Suivez l’actualité autour de la réforme dans le live ci-dessus.

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