EN DIRECT – Offensive en Syrie : la diplomatie américaine chargée par Trump d’arranger un cessez-le-feu entre Kurdes et Turcs – LCI

































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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

CONFLIT – L’offensive de la Turquie en Syrie est officiellement lancée. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce mercredi le début d’une nouvelle opération militaire, baptisée “Printemps de la paix”, contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. Des frappes aériennes ont visé plusieurs villes frontalières, des civils ont été tués, selon les forces kurdes.

LES FAITS

Ce mercredi 9 octobre, la Turquie a annoncé le début d’une offensive dans le nord-est de la Syrie. Cette action, annoncée par Recep Tayyip Erdogan vise à éliminer “un corridor terroriste” dans le sud de la Turquie contre ce qu’il appelle “la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG)”, qu’elle considère comme un groupe “terroriste” mais qui est soutenue par les pays occidentaux. 

L’opération s’appelle “Source de Paix”, indique le compte twitter de R T Erdogan. Des raids aériens et des explosions ont été entendus dans la région du nord-est du pays.

Ankara affirme avoir pour objectif de créer une “zone de sécurité” qui aurait vocation à accueillir des Syriens réfugiés en Turquie et à séparer la frontière turque des positions des YPG. Elle est destiné à apporter “la paix et la sécurité” en Syrie, selon Erdogan.

REACTIONS

– L’UE exige l’arrêt de l’offensive Turque en Syrie et avertit qu’aucun financement européen ne serait accordé “pour une zone de sécurité”.

– L’ONU demande que les civils soient protégés et Poutine appelle Erdogan “à bien réfléchir” avant de lancer cette offensive. 

– La France condamne “très fermement” l’offensive turque et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU. 

– Le Congrès américain fera payer “très cher” à la Turquie son offensive en Syrie, précise un sénateur américain. 

– Le gouvernement allemand juge que l’offensive turque “risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence” de Daech.

– Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab estime que l’opération “risque saper les progrès accomplis dans la lutte contre Daech”.

LIGNE ROUGE

L’offensive de la Turquie contre des forces kurdes en Syrie n’a pas franchi à ce stade la ligne rouge tracée par Donald Trump, qui a menacé Ankara de sanctions économiques en cas de comportement disproportionné ou “inhumain”, a déclaré jeudi un haut responsable américain.

Interrogé sur la définition de cette ligne rouge, ce responsable du département d’Etat américain a expliqué que cela inclurait “un nettoyage ethnique” ainsi que des “frappes aériennes ou terrestres aveugles contre la population civile”.

CESSEZ-LE-FEU ?

Donald Trump a chargé la diplomatie américaine d’arranger un cessez-le-feu entre Turcs et Kurdes, a déclaré un haut responsable américain.

“Nous avons été chargés par le président de tenter de voir s’il y a des zones d’entente possibles entre les deux parties, s’il est possible de parvenir à un cessez-le-feu, et c’est ce que nous sommes en train de faire”, a expliqué ce haut responsable du département d’Etat américain, sans plus de précisions.

TRUMP

Sur Twitter, le président américain Donald Trump propose trois alternatives pour régler le conflit entre la Turquie et les Kurdes en Syrie. “Envoyer des milliers de troupes et gagner militairement, frapper la Turquie très fort financièrement et avec des sanctions ou faire de la médiation pour un accord entre la Turquie et les Kurdes”, a-t-il posté sur le réseau social.

MANIFESTATION

Les Kurdes de Paris se sont réunis ce jeudi soir place de la République.

Urgent

COALITION

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires Étrangères, demande une réunion d’urgence de la coalition internationale anti-EI. “Il faut que cette coalition internationale se réunisse parce qu’on est dans une situation nouvelle et parce que le combat contre Daech (acronyme arabe de l’EI, ndlr) risque de reprendre, parce que Daech n’attend que cette opportunité pour sortir”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères sur France 2.

DJIHADISTES

Les évasions des djihadistes étrangers détenus en Syrie par les Kurdes pourraient être facilitées avec l’attaque de la région par l’armée turque. Les forces kurdes reprochent d’ailleurs à la Turquie le bombardement d’une prison abritant de nombreux prisonniers de Daech. De quoi soulever une réelle inquiétude.

Offensive turque en Syrie : faut-il craindre une grande évasion des djihadistes retenus par les Kurdes ?

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PARLY

La ministre française des Armées, Florence Parly, a déclaré que Paris voulait “que la Turquie renonce à cette intervention”. “La Turquie est un allié de l’OTAN et cela permet d’avoir des conversations avec ce pays extrêmement franches”, a-t-elle expliqué à la radio France Info. “J’ai eu l’occasion cet après-midi d’échanger avec le ministre de la Défense turc. La conversation a été musclée, je peux vous le dire”, a-t-elle ajouté. “Chacun comprend les intérêts de sécurité de la Turquie, mais il faut qu’elle cesse ses attaques”.   

ONU 

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé ce jeudi 10 octobre sa “profonde inquiétude” devant l’escalade de la violence dans le nord-est de la Syrie, au lendemain de l’offensive lancée par Ankara. “Toute solution pour la Syrie sera de respecter la souveraineté, le territoire et l’unité” du pays, a ajouté le secrétaire général en visite dans la capitale danoise, où se tient jusqu’à samedi le sommet des maires des grandes villes du monde (C40).

En direct

ONU

Les cinq membres européens du Conseil de sécurité de l’ONU ont réclamé ce jeudi 10 octobre à “la Turquie d’arrêter (son) action militaire unilatérale” en Syrie, dans une déclaration à l’issue d’une réunion en urgence à huis clos tenue par cette instance. À ce stade, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et la Pologne n’ont pas réussi à entraîner l’adhésion de l’ensemble de leurs partenaires du Conseil à leur déclaration, selon des diplomates.

CRI DE COLÈRE

Ils s’appellent Chilane, Silan et Arya. Tous les trois Kurdes, ils partagent un même sentiment de trahison après l’offensive turque au nord-est de la Syrie. Pour alerter sur ces attaques, qui ont déjà déjà fait une trentaine de morts, dont des civils, des manifestations sont prévues samedi en France. LCI a recueilli leurs témoignages.

“On nous abandonne” : la colère des Kurdes de France après l’offensive turque

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RÉPERCUSSION

La Norvège, pays allié de la Turquie au sein de l’Otan, a annoncé jeudi la suspension de toute nouvelle exportation d’armements vers Ankara après le lancement d’une offensive militaire turque dans le nord-est de la Syrie. “Étant donné que la situation est complexe et change rapidement, le ministère des Affaires étrangères, par mesure de précaution, ne traitera pas de nouvelles demandes de licences d’exportation de matériels de défense et de matériels à usages multiples (…) vers la Turquie jusqu’à nouvel ordre”, a déclaré la cheffe de la diplomatie norvégienne, Ine Eriksen Søreide, dans un courriel à l’AFP.

VICTIMES

Au moins six civils, dont un bébé et une fillette, ont été tués et plusieurs dizaines blessés ce jeudi 10 octobre par des projectiles tirés sur des villes frontalières turques par une milice kurde syrienne qui fait l’objet d’une offensive d’Ankara, selon les autorités.

RÉPERCUSSION

L’Italie a convoqué jeudi l’ambassadeur turc à Rome, a annoncé le ministère des Affaires étrangères. “À la suite des initiatives militaires turques dans le nord-est de la Syrie, le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio a ordonné la convocation de l’ambassadeur de Turquie en Italie”, indique le ministère dans un communiqué.

VICTIMES

Deux autres civils ont été tués ce jeudi 10 octobre en Turquie par des obus tirés depuis la Syrie par une milice kurde, a rapporté la télévision étatique turque, portant à quatre le nombre de tués dans la journée. Deux civils ont été tués dans la province de Mardin, frontalière de la Syrie. Peu avant, le gouvernorat de la province voisine de Sanliurfa avait fait état de deux personnes tuées, dont un bébé, dans des tirs de roquettes et d’obus.

MANIFESTATIONS

Plusieurs organisations ont appelé jeudi à des rassemblements samedi à Paris, en soutien aux Kurdes de Syrie et contre l’offensive turque déclenchée contre leurs positions, critiquée par de nombreux pays. Une première manifestation de soutien se déroulera à 11h30 sur le parvis des droits de l’homme, place du Trocadero, à l’appel notamment de l’Institut kurde de Paris, de la revue La règle du jeu du philosophe Bernard-Henri Levy et du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF).

VICTIMES

Au moins deux civils, dont un bébé, ont été tués et 46 blessés ce jeudi 10 octobre par des projectiles tirés sur une ville frontalière turque par une milice kurde syrienne, selon les autorités locales. Un bébé syrien et un homme turc ont été tués par des roquettes et obus qui se sont abattus sur les villes frontalières d’Akçakale et de Ceylanpinar, ont indiqué les autorités locales dans un communiqué, ajoutant que les 46 blessés avaient été hospitalisés. 

En direct

MACRON

Le président Emmanuel Macron appelle la Turquie “à mettre un terme le plus rapidement possible” à son offensive. Il juge que l’opération dans le nord-est de la Syrie “risque d’aider Daech à reconstruire son califat.” “Ce risque d’aider Daech à reconstruire son califat, c’est la responsabilité que prend la Turquie”, a-t-il dénoncé lors d’une conférence de presse à Lyon.

ISRAËL

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné “vigoureusement” ce jeudi 10 octobre “l’invasion” des forces turques et a mis en garde contre un potentiel “nettoyage ethnique” des Kurdes dans ce secteur. Israël était prêt à fournir une “aide humanitaire”.

QUAI D’ORSAY

La France a convoqué ce jeudi 10 octobre l’ambassadeur de Turquie après le lancement de l’offensive turque. L’entrevue doit avoir lieu en début d’après-midi, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

ERDOGAN

En réponse aux critiques européennes contre l’offensive turque, Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d’ouvrir les portes de l’Europe à des millions de réfugiés. “Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants”, a déclaré le président turc lors d’un discours à Ankara.

ARRESTATION

Le responsable du site internet d’un journal d’opposition turc a été interpellé jeudi par la police, a indiqué son employeur, au moment où les autorités font la chasse aux critiques d’internautes contre son opération en Syrie. “Le responsable de notre site Internet Hakan Demir a été placé en garde à  vue après avoir été arrêté chez lui tôt ce matin”, a indiqué Birgün dans un communiqué, ajoutant: “Nous pensons que cette arrestation est liée à des informations publiées sur notre site”.

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HOLLANDE

L’ex-président François Hollande a demandé mercredi des sanctions contre la Turquie en cas de poursuite de son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans  la lutte anti-djihadiste. “Le Conseil de sécurité qui se réunit ce jeudi doit décider de sanctions contre la Turquie, si l’offensive se poursuit, et l’Union européenne doit faire immédiatement de même”, a-t-il déclaré dans un entretien au Parisien.

SÉCURITÉ

Deux importants djihadistes du groupe Etat islamique (EI) détenus par les forces kurdes en Syrie ont été placés sous le contrôle de l’armée américaine à la suite de de l’offensive turque, a confirmé mercredi un responsable américain de la Défense, alors que selon la presse américaine il s’agirait de deux Britanniques, membres d’un groupe surnommé les “Beatles”.

VIDÉO

Les premières images de l’opération turque baptisée “Printemps de la paix”.

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En direct

USA

Des sénateurs américains proposent des sanctions draconiennes si la Turquie ne quitte pas la Syrie.

VIDÉO

Quel sort pour les djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie ?

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En direct

KURDES

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), ont affirmé ce mercredi 9 octobre avoir “repoussé” l’offensive turque sur la frontière nord de la Syrie, peu après qu’Ankara eut annoncé avoir lancé la phase terrestre. “L’offensive terrestre des forces turques a été repoussée par les combattants des FDS” dans la région de Tal Abyad, a écrit le porte-parole des FDS, Mustefa Bali, sur Twitter.

LE DRIAN

“L’opération unilatérale lancée par la Turquie en Syrie doit cesser”, indique le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un tweet. “Elle remet en cause les efforts sécuritaires et humanitaires de la coalition contre  Daech et risque de porter atteinte à la sécurité des Européens”, a ajouté sur son compte Twitter le chef de la diplomatie française. 

TRUMP

Le président américain Donald Trump a espéré ce mercredi 9 octobre que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui a lancé une offensive militaire contre des forces kurdes en Syrie, agisse de manière “rationnelle” et aussi “humaine” que possible. “J’espère qu’il agira de manière rationnelle”, a déclaré Trump depuis la Maison Blanche. “Nous verrons comment il mène (cette opération)”, a-t-il ajouté. “S’il le fait de manière injuste, il paiera un énorme prix économique”, a-t-il mis en garde, reprenant une menace proférée en début de semaine.

En direct

OFFENSIVE TERRESTRE

Le ministère turc de la Défense annonce le début de la phase terrestre de l’offensive de la part de la Turquie. Des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré ce mercredi 9 octobre dans le nord-est de la Syrie dans le cadre d’une offensive lancée par Ankara contre une milice kurde soutenue par les pays occidentaux. “Nos forces armées héroïques et l’Armée nationale syrienne (rebelles syriens soutenus par Ankara) ont commencé la phase terrestre de l’opération”, a indiqué le ministère dans un communiqué.

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VICTIMES

Au moins 15 personnes, dont 8 civils, ont été tuées ce mercredi 9 octobre au cours de l’offensive turque contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Parmi les victimes, deux sont mortes lors de tirs d’artillerie contre la ville de Qamichli, une ville majoritairement kurde, a précisé l’OSDH, qui avait préalablement annoncé un bilan total de 11 personnes tuées dont 8 civils.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, 40 personnes ont également été blessées lors de l’offensive turque.

CONDAMNATION

Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a exprimé ce mercredi 9 octobre sa “sérieuse préoccupation” après l’offensive “unilatérale” de la Turquie contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie. Cette opération “risque de déstabiliser la région, exacerber la crise humanitaire et saper les progrès accomplis dans la lutte contre Daech”, a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères dans un long communiqué, avertissant que le Royaume-Uni ne “soutiendra pas de projets de rapatriement (de réfugiés syriens) tant que les conditions ne sont pas en place pour un retour volontaire et sûr”.

CONDAMNATION

L’Arabie saoudite condamne “l’agression de l’armée turque lancée dans le nord-est de la Syrie” contre les forces kurdes, a indiqué ce mercredi 9 octobre le ministère des Affaires étrangères saoudien. L’offensive turque risque d’avoir des “répercussions négatives sur la sécurité et la stabilité de la région” et de “saper les efforts internationaux de lutte contre le groupe terroriste État islamique”, a écrit le ministère saoudien sur son compte Twitter.

HOLLANDE

Dans un entretien au Parisien, l’ancien président de la République François Hollande appelle à une réaction dont il détaille les étapes. “La première, c’est de rétablir la zone tampon, avec le retour des soldats américains. Cela relève de l’administration américaine”, explique-t-il. “Deuxièmement, le Conseil de sécurité qui se réunit ce jeudi doit décider de sanctions contre la Turquie, si l’offensive se poursuit, et l’Union européenne doit faire immédiatement de même. Troisième décision, majeure : les Kurdes sont nos alliés, ils ont mené le combat contre Daech. Or, la Turquie est membre de l’OTAN. Comment admettre qu’un pays qui est dans une alliance avec nous puisse attaquer une force qui a été notre principal partenaire contre Daech. Donc la question de la relation de la Turquie avec l’Otan est posée.”

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VICTIMES

Au moins 11 personnes, dont 8 civils, ont été tuées ce mercredi 9 octobre au cours de l’offensive turque contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Parmi les victimes, deux sont mortes lors de tirs d’artillerie contre la ville de Qamichli, une ville majoritairement kurde.

TRUMP

Le président américain Donald Trump a estimé ce mercredi 9 octobre que l’offensive lancée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde était “une mauvaise idée”. “Ce matin, la Turquie, membre de l’Otan, a envahi la Syrie. Les États-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée”, a indiqué Trump dans un bref communiqué de la Maison Blanche.

CONDAMNATION

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok a annoncé ce mercredi 9 octobre avoir convoqué l’ambassadeur turc aux Pays-Bas après le lancement d’une offensive menée par Ankara dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde soutenue par les Occidentaux dans la lutte anti-djihadistes. “Les Pays-Bas condamnent l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie. J’ai convoqué l’ambassadeur de Turquie. Appelons la Turquie à ne pas poursuivre sur la voie choisie”, a déclaré le ministre Blok dans un tweet.

CIVILS

Des “milliers” de personnes ont fui ce mercredi 9 octobre les frappes aériennes d’Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). “Il y a des milliers de déplacés dans la région de Ras al-Aïn et des villages de Tal Abyad”, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Ils ont fui vers des secteurs adjacents épargnés par les raids.

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ONU 

Une réunion en urgence et à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU a été demandée pour jeudi 10 octobre au matin par les membres européens du Conseil de sécurité de l’ONU, ont indiqué ce mercredi 9 octobre des sources diplomatiques. Cette réunion a été réclamée par la Belgique, la France, l’Allemagne, la Pologne et le Royaume Uni.

OTAN

L’Otan appelle la Turquie à la “retenue” dans son opération en Syrie. Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a appelé ce mercredi 9 octobre la Turquie à la “retenue” dans son opération en Syrie et à ne “pas compromettre les succès réalisés” contre Daech. “Je compte sur la Turquie pour agir avec retenue et veiller à ce que les progrès que nous avons réalisés dans la lutte contre l’État islamique ne soient pas compromis. Je discuterai de cette question avec le président Erdogan vendredi”, a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

En direct

VICTIMES

Au moins deux civils ont été tués et deux autres blessés mercredi dans les bombardements turcs qui ont visé un village à l’ouest de Ras al-Aïn, région frontalière du nord de la Syrie, a annoncé une alliance de combattants kurdes et arabes. “Deux civils ont perdu leur vie, deux autres ont été blessés dans les bombardements aériens turcs sur le village de Micharrafa”, ont annoncé sur Twitter les Forces démocratiques syriennes (FDS).

CONDAMNATION

Le gouvernement allemand a “condamné ce mercredi 9 octobre avec la plus grande fermeté” l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie, qui “risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence” de Daech. “Nous exhortons la Turquie à mettre fin à son offensive et à défendre ses intérêts sécuritaires de manière pacifique”, a ajouté dans un communiqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

En direct

VICTIMES

Selon les forces kurdes, des civils font partie des “victimes” dans les frappes turques à la frontière. D’après Anadolu, l’agence de presse turque, la région de Tell Abyad est pilonnée par des tirs de mortier. Il y a eu des “bombardements intensifs des avions turcs sur des positions militaires et des villages de civils” à Tal Abyad, Ras al-Aïn, Qamichli ou encore Ain Issa, ont annoncé sur Twitter les Forces démocratiques syriennes (FDS). 

ÉCLAIRAGES

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LE CONGRÈS AMÉRICAIN MENACE 

Le Congrès américain fera payer “très cher” à la Turquie son offensive en Syrie, précise un sénateur américain. 

CONTEXTE 

Après l’annonce du retrait des forces américaines stationnées dans le nord de la Syrie par Donald Trump, où elles assuraient la stabilité depuis la chute du groupe armé État islamique, le président turc avait prévenu ce dimanche qu’il n’allait pas tolérer plus longtemps la présence des groupes armés kurdes le long de sa frontière avec la Syrie si les Américains pliaient bagages. 

En août, la Turquie et les États-Unis, étaient tombés d’accord pour créer ensemble cette zone de sécurité. Mais pressée, Ankara n’a cessé depuis de dénoncer des retards, menaçant de passer unilatéralement à l’action.

Si les pays occidentaux sont reconnaissants envers les YPG pour leur rôle de premier plan dans la défaite militaire du groupe État islamique en Syrie, Ankara estime de son côté que ce sont des terroristes en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une guérilla en Turquie.

Urgent

DERNIERE MINUTE

La France condammne “très fermement” l’offensive turque et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, quelques instants après le début de l’opération turque.

“La France, l’Allemagne et le Royaume uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement ce qui est rapporté”, a-t-elle dit devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. “Nous saisissons le Conseil de sécurité des Nations unies”, a-t-elle ajouté.

PENDANT CE TEMPS…

Des familles de jihadistes français retenus en Syrie appellent l’Etat à les rapatrier, craignant que la possible offensive turque dans le nord-est syrien n’expose les enfants à de “nouvelles horreurs”.

Les camps dans lesquels sont retenus les femmes françaises ayant rejoint le groupe État islamique, et leurs enfants, se trouvent dans le nord-est de la Syrie, non loin de la zone menacée par une possible offensive turque contre les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie.

Selon les familles, “entre 200 et 300 enfants français sont prisonniers avec leurs mères dans des conditions épouvantables dans les camps” tenus par les Kurdes, salués par les alliés occidentaux pour leur rôle dans la récente défaite militaire de l’EI en Syrie et en Irak. Ankara les considère, à l’inverse, comme un groupe terroriste. 

L’UE EXIGE L’ARRET DE L’OFFENSIVE 

L’UE exige l’arrêt de l’offensive Turque en Syrie et menace de couper ses financements, a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Il a averti qu’aucun financement européen ne serait accordé “pour une zone de sécurité”.

“La Turquie doit cesser l’opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d’une zone de sécurité, n’attendez pas de financement de l’Union européenne”, a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles”.

La Turquie a mis sa menace à exécution. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce mercredi 9 octobre le début d’une nouvelle offensive militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais bête noire d’Ankara. “Les Forces armées turques et l’Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l’opération ‘Printemps de la paix’ dans le nord de la Syrie”, a annoncé le chef d’État dans un message sur compte Twitter. 

Une opération militaire qui vise, selon le président Erdogan, “les terroristes des YPG et de Daech” et a pour objectif de mettre en place une “zone de sécurité” dans le nord-est de la Syrie. “La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays”, a-t-il ajouté pour justifier l’opération.

Lire aussi

Des “raids aériens” et des tirs d’artillerie ont visé mercredi la région de Ras al-Aïn et ses environs, située dans le nord syrien à la frontière avec la Turquie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Rapportant la fuite de dizaines de civils, un correspondant de l’AFP a notamment pu voir des colonnes de fumée s’élever tout près de la frontière tandis que des avions survolaient le secteur. “Les avions de guerre turcs ont commencé à mener des frappes aériennes sur des zones civiles, il y a une forte panique parmi les gens”, a indiqué de son côté un porte-parole des forces kurdes, Mustafa Bali.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016. Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche 6 octobre à une telle opération avant de revenir sur ses propos et d’assurer que les États-Unis n’avaient “pas abandonné les Kurdes”, qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de le groupe État islamique. Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille menée de front contre Daech, Ankara n’est pas du même avis. Elle considère ces combattants kurdes comme un groupe “terroriste” et une menace à sa sécurité en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le sol turc.

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