EN DIRECT – Afghanistan : Biden défend coûte que coûte tout le retrait américain – LCI

INTERNATIONAL – Malgré la prise de contrôle des talibans et les scènes de désespoir à l’aéroport de Kaboul, le président des États-Unis a assuré que la mission de Washington n’avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans le pays instable. Suivez les dernières informations.

JOE BIDEN “DÉFEND FERMEMENT” LE RETRAIT D’AFGHANISTAN

Lors de son allocution, Joe Biden a dit “défendre fermement” la décision du retrait américain d’Afghanistan. 

AVENIR DES RELATIONS AMÉRICANO-AFGHANES

Les États-Unis affirment par la voix du porte-parole du département d’État qu’ils ne reconnaîtront un gouvernement mené par les talibans en Afghanistan qu’à condition que ces derniers respectent les droits des femmes et rejettent les terroristes. “Concernant notre position vis-à-vis d’un quelconque futur gouvernement en Afghanistan, elle dépendra du comportement de ce gouvernement. Elle dépendra du comportement des talibans”, a déclaré Ned  Price devant la presse.

EMMANUEL MACRON ÉVOQUE L’AFGHANISTAN 

Le chef de l’État est revenu ce lundi 16 août lors d’une allocution télévisée sur la reprise de Kaboul et d’une grande partie de l’Afghanistan par les talibans, évoquant notamment “l’urgence absolue” de l’évacuation des Français sur place et la réponse face aux menaces terroristes dans le pays.

Emmanuel Macron : “L’Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu’il a été”

LES TALIBANS ONT-ILS CHANGÉ ?

Vingt ans après avoir été chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis, les talibans sont de retour à la tête de l’Afghanistan. S’ils souhaitent montrer un visage plus pacifique, des observateurs craignent que ces promesses ne soient pas crédibles.

Afghanistan : les talibans ont-ils changé ces 20 dernières années ?

REPRISE DU TRAFIC AÉRIEN À KABOUL 

Selon le Pentagone, le trafic a repris à l’aéroport de Kaboul. Les évacuations des personnels occidentaux d’Afghanistan peuvent donc reprendre.

ÉVACUATION SÉCURISÉE DE KABOUL 

Dans son allocution ce lundi, Joe Biden a mis en garde les talibans. Les États-Unis feront un usage “dévastateur de la force” si les opérations d’évacuation se voient menacées à Kaboul. En cas d’attaque, la réponse sera “rapide et puissante”, a-t-il déclaré.

DROITS EN AFGHANISTAN

Joe Biden a affirmé que le retrait des Américains d’Afghanistan ne serait pas synonyme d’un abandon définitif de l’Afghanistan. “Nous allons continuer de soutenir la population afghane. Nous allons faire en sorte, grâce à la diplomatie, de lutter contre l’instabilité et la violence”, indique le président américain. “Nous allons soutenir les droits élémentaires des Afghans, des femmes et des jeunes filles, comme nous le faisons partout dans le monde. J’ai été très clair, la défense des droits humains doit être le cas de notre politique étrangère, pas une annexe”, assène-t-il. 

6000 SOLDATS AMÉRICAINS SUPPLÉMENTAIRES

Joe Biden a annoncé le déploiement de 6000 soldats américains supplémentaires à Kaboul pour sécuriser le retrait des ressortissants des États-Unis et le départ d’un certain nombre de personnels afghans.

JOE BIDEN “DÉFEND FERMEMENT” LE RETRAIT D’AFGHANISTAN

Lors de son allocution, Joe Biden a dit “défendre fermement” la décision du retrait américain d’Afghanistan. 

PRÉSENCE AMÉRICAINE EN AFGHANISTAN

Depuis la Maison Blanche, Joe Biden a rappelé lundi que l’intervention en Afghanistan avait toujours eu pour objectif de lutter contre le terrorisme. “Notre mission en Afghanistan n’a jamais été de reconstruire un pays, de construire une nation. Notre seul intérêt reste d’empêcher une attaque terroriste en terre américaine”, assène-t-il. “Désormais, je veux que l’on se concentre sur les menaces d’aujourd’hui, pas celles d’hier”, affirme le président américain pour qui le retrait est la bonne décision.

À noter néanmoins que des interventions ponctuelles anti-terroristes pourront avoir lieu en Afghanistan “si nécessaires”.

ALLOCUTION DE JOE BIDEN

Le président américain prend la parole depuis la Maison Blanche sur le retrait d’Afghanistan.

INTERVIEW

 L’Afghanistan est désormais aux mains des talibans. Mais qui sont ces combattants, déjà au pouvoir dans les années 1990, et d’où viennent-ils ? Élément de réponse avec l’historien Jean-Charles Jauffret

“Le régime des talibans, c’est la négation de tous les droits humains”

FACT CHECK 

Alors que le retour des talibans attise les craintes de répression à l’égard des femmes, des clichés vieux de plusieurs décennies ressurgissent. Ils dépeignent un pays où femmes et filles disposaient d’une plus grande liberté, mais où de fortes inégalités demeuraient.

Afghanistan : les droits des femmes étaient-ils vraiment plus étendus dans les années 1960-1970 ?

LES DROITS DES FEMMES AFGHANES

Lors de la fin de son intervention, Emmanuel Macron a eu un mot pour le sort des femmes en Afghanistan. “Les défis auxquels les Afghanes et les Afghans seront confrontés dans les prochaines semaines et les prochains mois sont terribles, immenses. Le peuple afghan a le droit de vivre dans la sécurité et le respect de chacun. Les femmes afghanes ont le droit de vivre dans la liberté et la dignité”, assène le chef d’État français. 

“Le destin de l’Afghanistan est entre ses mains mais nous resterons, fraternellement aux côtés des Afghanes en disant très clairement à ceux qui optent pour la guerre, l’obscurantisme et la violence aveugle qu’ils font le choix de l’isolement et d’une misère sans fin”, a-t-il encore prévenu.

QUID DES FLUX MIGRATOIRES

“La déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe. La France, comme je l’ai dit, fait et continuera de faire son devoir pour protéger ceux qui sont les plus menacés”, a indiqué Emmanuel Macron depuis le fort de Brégançon. “L’Europe ne peut pas, à elle-seule, assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers, important”, assène le président qui mise sur “réponse robuste, coordonnée et unie”.

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME CONTINUE

Autre enjeu majeur du retrait d’Afghanistan, les rapports avec le terrorisme. “Au-delà de l’urgence, j’entends prendre au nom de la France plusieurs initiatives étroites avec les autres États européens et nos alliés. Notre action visera à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ses formes”, souligne Emmanuel Macron qui rappelle que les groupes terroristes présents en Afghanistan “chercheront à tirer profit de la déstabilisation”. “L’Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu’il a été”, martèle-t-il. 

“Le retour à la stabilité passera par une telle action politique et diplomatique par le biais du Conseil de sécurité de l’ONU”, estime encore le chef d’État tricolore.

L’ÉVACUATION DES RESSORTISSANTS FRANÇAIS, LA PRIORITÉ

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a confirmé que l’évacuation des Français d’Afghanistan constituait une priorité absolue. “Nos ressortissants ont été progressivement évacués en anticipation ces dernières semaines. Nous sommes en contact avec tous les Français qui voudraient rejoindre le sol national, qu’ils se trouvent à l’aéroport militaire, à l’aéroport civil ou sur le site de l’ambassade”, lance le président français. “Les employés afghans des structures françaises qui pouvaient être menacées, ainsi que leurs familles – ce qui représente plus de 600 personnes – ont aussi pu être accueillis et pris en charge dans de bonnes conditions”, ajoute-t-il.

Par ailleurs, la France continue d’évacuer “les personnels civils afghans qui ont travaillé pour l’armée française ainsi que leurs familles”. “C’est notre devoir et notre dignité de protéger ceux qui nous ont aidé, assène le chef d’État français. “Des artistes, journalistes, militants sont également menacés en raison de leur engagement. Nous les aiderons parce que c’est l’honneur de la France d’être aux côtés de ceux qui partagent nos valeurs”, termine-t-il.

MACRON REND HOMMAGE AUX SOLDATS DÉCÉDÉS EN AFGHANISTAN

Depuis le fort de Brégançon, Emmanuel Macron a rendu hommages aux soldats français décédés lors de l’intervention en Afghanistan. “Nombre d’unités de l’armée française sont passées dans ces vallées durant ces années : légionnaires, tirailleurs, marsouins, chasseurs alpins, marins, auteurs. Et c’est à eux que je tiens d’abord ce soir à m’adresser, à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés. Nous n’oublierons pas nos soldats, nous n’oublierons pas nos morts 90 au total”, assène le président tricolore. 

“UN COMBAT JUSTE”

“Notre pays a été, pendant treize années, engagé militairement en Afghanistan”, rappelle Emmanuel Macron. L’intervention internationale a commencé il y a exactement vingt ans, après les attentats du 11 septembre 2001 et le refus du régime taliban de l’époque de livrer Ben Laden, l’organisateur de ces attentats”, souligne le président français. “Notre combat était juste et c’est l’honneur de la France de s’y être engagé”, martèle-t-il.

EMMANUEL MACRON DÉBUTE SON ALLOCUTION

Depuis le fort de Brégançon, Emmanuel Macron commence sa prise de parole sur l’Afghanistan. Le chef d’État français évoque un “tournant historique” à l’œuvre dans ce pays. Ce dernier aura des conséquences majeures pour l’ensemble de la communauté internationale, pour l’Europe et pour la France.

📺 ALLOCUTION D’EMMANUEL MACRON 

Suivez la prise de parole du chef de l’État depuis le fort de Brégançon sur TF1 (en cliquant ici) et LCI (vidéo en tête de cet article).

UN ENTRETIEN ENTRE DIRIGEANTS EUROPÉENS

Selon une source proche de l’Élysée, Emmanuel Macron s’est entretenu successivement avec la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre anglais Boris Johnson ce lundi après-midi. Ce dernier a, par ailleurs, appelé à organiser une rencontre virtuelle des dirigeants du G7 pour évoquer la situation de l’Afghanistan. Selon lui, il est nécessaire “pour la communauté internationale de se rassembler et d’adopter une approche unifiée sur l’Afghanistan, à la fois en termes de reconnaissance de tout futur gouvernement et en œuvrant à empêcher une crise humanitaire”. 

Pour rappel, le président de la République va s’adresser solennellement ce lundi à 20h sur la prise de pouvoir des talibans à Kaboul.

UN GOUVERNEMENT QUI “MANQUAIT DE LEADERSHIP”

Le gouvernement afghan s’est effondré car il “manquait de leadership”, a déclaré lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. “On peut financer, on peut former, on peut conseiller, on peut assister”, argue-t-il, mais “on ne peut pas acheter la force de caractère, on ne peut pas acquérir du leadership”. “Et le leadership manquait”, assène-t-il.

L’OUZBÉKISTAN DURCIT LE TON 

Selon l’AFP, l’Ouzbékistan aurait “forcé à atterrir” 46 avions et hélicoptères afghans ayant traversé la frontière. Ces appareils – qui transportait environ 585 soldats – ont “traversé illégalement l’espace aérien de la République d’Ouzbékistan” et ont été contraints de se poser à l’aéroport international de Termez, dans le sud, a précisé lundi le procureur général ouzbek. 

LE HAMAS FÉLICITE LES TALIBANS 

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a félicité lundi les talibans pour leur “victoire” après leur reprise du pouvoir à Kaboul. Dans un communiqué, il “félicite le mouvement des talibans et ses courageux dirigeants pour cette victoire, qui est l’aboutissement de son long combat durant ces 20 dernières années”. 

Pour le Hamas, ce coup de force démontre que “la résistance des peuples, en tête desquels le peuple palestinien en lutte, est destinée à la victoire”.

LES VOLS DEPUIS KABOUL SUSPENDU

Le Pentagone a annoncé lundi la suspension des vols civils et militaires depuis l’aéroport de Kaboul. Une annonce qui intervient dans un contexte où les occidentaux cherchent à rapatrier leurs ressortissants après la prise de pouvoir des talibans. 

Ce lundi, une foule d’Afghans tentant désespérément de quitter le pays a fait son apparition sur le tarmac, rendant impossibles de nouveaux décollages. “Les forces militaires américaines sont sur place et travaillent avec d’autres militaires, turcs et internationaux, pour disperser les gens. Nous ne savons pas combien de temps cela va prendre”, a affirmé John Kirby, le porte-parole du Pentagone. 1000 soldats supplémentaires ont été envoyés sur place, a-t-il indiqué.

LA SITUATION À L’AÉROPORT DE KABOUL EN PHOTOS

De nouvelles photos satellites, publiées par l’entreprise Maxar, démontrent bien l’ampleur de la panique à l’aéroport de Kaboul. Les pistes, habituellement réservées exclusivement aux appareils et aux personnels qualifiées, sont notamment noires de monde. 

TÉMOIGNAGE

Tout juste rentrée d’Afghanistan, la journaliste du Monde Ghazal Golshiri a fait le point pour LCI sur la situation à Kaboul. Très émue, elle est aussi revenue sur le désespoir de la population locale.

TÉMOIGNAGE – “Les Afghans se sentent abandonnés et trahis”, relate la journaliste Ghazal Golshiri, de retour de Kaboul

UNE MAUVAISE ÉVALUATION DE LA SITUATION EN AFGHANISTAN

La communauté internationale a “mal évalué” la situation en Afghanistan, où les talibans se sont très rapidement emparés du pouvoir, a estimé lundi le chef de la diplomatie allemande. 

“Il n’y a rien à dire de plus. Nous tous, le gouvernement, les services de renseignement, la communauté internationale, nous avons mal évalué” la conjoncture dans ce pays, a ainsi expliqué Heiko Maas. “C’était une erreur d’appréciation de notre part à tous”, reconnaît  le ministre allemand des Affaires étrangères. Désormais, il faut “tirer des leçons et des conséquences” de toute cette affaire, souligne-t-il.

“ÉVITER UN BAIN DE SANG”

“Le président ne s’est pas enfuit. Il a été prié de partir pour éviter un bain de sang mais demeure le chef d’État du pays. Il a choisi son peuple plutôt que sa position”, a affirmé à la BBC un membre de l’administration d’Ashraf Ghani. “Nous ne savons pas quand il reviendra en Afghanistan”, a-t-il ajouté.

PRISE DE PAROLE DE BIDEN

Selon la Maison Blanche, Joe Biden va prendre la parole ce lundi (19H45 GMT, 21h45 en France). Le président américain va notamment évoquer l’Afghanistan et le retrait en catastrophe des occidentaux du pays. Pour ce faire, il écourte son séjour à Camp David, lieu de villégiature des chefs d’État américains.

RENCONTRE AU SOMMET À DOHA

Selon un responsable du Pentagone, le chef des forces américaines à Kaboul -le général Kenneth McKenzie – a rencontré dimanche des responsables des talibans à Doha. Lors de cette réunion au sommet, les Américains ont réclamé que l’aéroport de la capitale afghane ne soit pas attaqué. Aucun autre détail, notamment quant à un possible arrangement, n’a toutefois été dévoilé. 

Les États-Unis ont déployé quelque 6.000 soldats pour sécuriser l’évacuation de dizaines de milliers d’Américains et d’Afghans ayant aidé les États-Unis à l’aéroport de Kaboul.

DEUX HOMMES ARMÉS TUÉS À L’AÉROPORT DE KABOUL

Un responsable du Pentagone a indiqué que deux soldats afghans armés avaient été neutralisés lundi aux abords de l’aéroport de Kaboul. “Au milieu des milliers de personnes qui se trouvaient là pacifiquement, deux types ont brandi leurs armes d’un air menaçant”, a-t-il expliqué à l’AFP sous couvert d’anonymat. “Ils ont été tués tous les deux”, ajoute-t-il.

RÉUNION D’URGENCE DE L’OTAN MARDI 

Les ambassadeurs des pays de l’Otan tiendront mardi une réunion d’urgence pour discuter de la situation en Afghanistan, a indiqué un responsable à l’AFP. Dans la foulée, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, donnera une conférence de presse à 13H00 GMT (15H00 heure de Bruxelles).

L’ONU APPELLE LE MONDE À “S’UNIR”

Antonio Guterres a appelé le monde à réagir face à la menace talibane. “La communauté internationale doit s’unir pour s’assurer que l’Afghanistan ne soit jamais à nouveau utilisé comme une plateforme ou un refuge pour des organisations terroristes”, assène le président de l’ONU qui veut aussi veiller à ce que les “droits fondamentaux” soient respectés. “Les prochains jours seront cruciaux. Le monde nous regarde. Nous ne devons ni ne pouvons abandonner la population en Afghanistan”, a-t-il ajouté. 

ENVIRON 10.000 PERSONNES À ÉVACUER POUR L’ALLEMAGNE

Selon Angela Merkel, l’Allemagne a identifié environ 2.500 personnes à évacuer d’Afghanistan. Il s’agit, pour l’essentiel, d’Afghans et de membres de leurs familles ayant travaillé avec l’armée allemande. À ce chiffre, s’ajoute une liste de 2.000 autres personnes, avocats et défenseurs des droits de l’homme, qui ont également exprimé le souhait de partir. En comptabilisant les membres de leurs familles, le nombre de personnes à faire sortir du pays s’élève à 10.000, indique la chancelière allemande. 

LES ÉTATS-UNIS GÈLENT CERTAINS FONDS D’ÉTAT AFGHANS

Selon l’AFP, l’administration Biden a rendu inaccessible aux talibans les réserves de la Banque centrale afghane détenues aux Etats-Unis. “Les actifs de la Banque centrale que le gouvernement afghan possède aux États-Unis ne seront pas mis à la disposition des talibans”, a expliqué un porte-parole de la Maison Blanche.

LA POPULATION “TRAUMATISÉE” 

“Tout le monde est traumatisé et c’est le chaos à l’aéroport. Tout le monde essaie de s’échapper. L’incertitude est telle que personne ne sait ce qui se passe, tout le monde a peur”, affirme un résident afghan, interrogé lundi par Yalda Hakim, une journaliste de la BBC. “Ils (les talibans) essaient d’annoncer qu’ils prennent (en charge) la sécurité et tout. Mais les gens ont peur”, assène-t-il. 

PLUSIEURS APPAREILS “EN DÉTRESSE” AU TADJIKISTAN

Le Tadjikistan, ex-république soviétique d’Asie centrale, a indiqué lundi à plusieurs agences de presse russes avoir autorisé l’atterrissage de plusieurs avions de l’armée afghane ayant lancé “un signal de détresse”.

“Plus de cent militaires d’Afghanistan ont débarqués à l’aéroport de Bokhtar” au sud du pays, a déclaré à l’AFP le ministère tadjik des Affaires étrangères.

UN AVION AFGHAN ABATTU

Un avion militaire afghan s’est écrasé dimanche en Ouzbékistan après avoir été abattu par les défenses aériennes locales alors qu’il tentait de franchir la frontière, indiquent les agences de presse RIA et Reuters. 

L’équipage de l’appareil se serait éjecté et aurait survécu.

“L’avion militaire a traversé illégalement la frontière de l’Ouzbékistan. Une enquête est en cours” sur le crash de l’avion afghan, a déclaré à l’AFP Bakhrom Zoulfikarov, un porte-parole du ministère de la Défense.

ANALYSE

Le spécialiste des États-Unis Jean-Eric Branaa estime que la victoire des talibans et l’effondrement dimanche du gouvernement afghan et de son armée financée par Washington est une “humiliation” et un “terrible désaveu” pour le pays.

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“PLUS GROSSE DEBACLE DE L’OTAN”

Le dirigeant du parti conservateur allemand d’Angela Merkel et candidat à sa succession à la chancellerie, Armin Laschet, a qualifié lundi le retrait d’Afghanistan des troupes occidentales de “plus grosse débâcle (…) de l’Otan depuis sa création”.

“C’est la plus grande débâcle que l’Otan ait subie depuis sa création et c’est un changement d’époque auquel nous sommes confrontés”, a souligné M. Laschet, le président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), après la victoire fulgurante des talibans en Afghanistan.

SCENES DE DESESPOIR

Plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des Afghans qui, prêts à tout pour fuir leur pays, s’accrochent à des avions sur le point de décoller. Selon des témoins, au moins deux personnes auraient chuté mortellement d’engins qui avaient déjà pris de la hauteur.

INTERDICTION D’ENTRER DANS LES MAISONS SANS PERMISSION 

Les talibans ont informé leurs combattants que “personne n’est autorisé à entrer dans la maison d’autrui sans permission”, a affirmé un de leurs porte-parole, Suhail Shaheen. 

RENSEIGNEMENTS

“Les dirigeants [américains] ont été informés par l’armée qu’il ne faudrait peu de temps aux talibans pour tout contrôler”, selon les déclarations d’un responsable du renseignement américain à ABC, qui souligne que “personne n’a écouté.”

TÉMOIGNAGE

Contactée dimanche par les autorités françaises en vue d’une évacuation imminente de Kaboul, tombée aux mains des talibans, une Française a témoigné ce lundi pour LCI se disant “totalement effondrée” face à la situation.

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MERKEL POINTE “UN EFFET DOMINO”

Angela Merkel a qualifié lundi d'”amère” la situation en Afghanistan et jugé que la décision du retrait des troupes occidentales avait été prise par les États-Unis, entre autres, “pour des raisons de politique intérieure”.

“Il y a eu un effet domino après le retrait des troupes”, a déclaré la chancelière allemande au cours d’une réunion à huis clos devant les cadres de son parti, l’Union démocrate-chrétienne allemande (CDU), selon des propos rapportés à l’AFP par des participants. Elle a ajouté que la responsabilité du retrait militaire occidental revenait aux États-Unis, ont poursuivi ces sources.

L’IRAN ÉVOQUE UNE “SOURCE DE SÉCURITÉ ET DE STABILITÉ”

Le président iranien Ebrahim Raïssi a estimé lundi que “la défaite” des États-Unis en Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir, devait se transformer en une “opportunité de paix” dans ce pays voisin de la République islamique d’Iran.

Le président Raïssi a également affirmé, au cours d’un entretien avec le ministre des Affaires étrangères sortant, Mohammad Javad Zarif, selon le texte publié sur le site de la présidence, que Téhéran “tenait aux relations de bon voisinage avec l’Afghanistan”, selon un communiqué officiel.  

“La République islamique d’Iran croit que l’autorité issue de la volonté du peuple opprimé d’Afghanistan est la source de la sécurité et de la stabilité”, a ajouté M. Raïssi, toujours selon le communiqué qui ne mentionne pas explicitement les talibans.

UNE “ERREUR” DE L’OTAN

L’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a jugé lundi que le retrait des troupes de l’Otan d’Afghanistan “sans négociation” préalable avait été “une erreur”, laissant le champ libre aux talibans.

“Après le 11 septembre, ne l’oublions pas, nous avions le devoir de combattre le terrorisme islamiste”, a défendu l’ancien responsable des Verts, retiré depuis plus de 15 ans de la vie politique.

UN APPEL À LA RÉSISTANCE

Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda, a appelé lundi ses compatriotes à le rejoindre pour résister aux talibans qui sont en train de prendre le pouvoir en Afghanistan, tout en pressant les “amis de la liberté” étrangers d’aider son pays.

Dans une tribune publiée par la revue française La Règle du jeu, fondée par l’écrivain Bernard-Henri Lévy, le fils du héros de la résistance antisoviétique qui lutta ensuite contre les talibans, affirme vouloir faire “sien” le combat de son père pour la liberté, alors que “la tyrannie triomphe en Afghanistan”.

REDDITION

Après la prise du pays par les talibans, les soldats de l’armée afghane font souvent le choix de se rendre. Ils espèrent recevoir une lettre de pardon leur permettant d’être graciés.

Afghanistan : les talibans délivrent des “lettres de pardon” pour s’éviter l’opposition de l’armée

L’avancée parait inexorable. Ce dimanche matin, les talibans ont pris la ville de Jalalabad, dans le nord-est de l’Afghanistan, “Nous nous sommes réveillés ce matin avec les drapeaux blancs des talibans partout en ville. Ils sont dans la ville. Ils sont entrés sans combattre”, a relaté Ahmad Wali, un habitant de Jalalabad.

Quelques heures plus tard seulement, des combattants ont ensuite été vus aux portes de Kaboul, dans les faubourgs Est de la capitale afghane, alors que les civils occidentaux sont en train d’être évacués et que plusieurs milliers de soldats américains doivent être déployés sur place.  

Pour éviter des représailles, “L’Émirat islamique a rapidement ordonné à toutes ses forces d’attendre aux portes de Kaboul, de ne pas essayer d’entrer dans le ville”, a affirmé sur twitter Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans. “Il y a des combattants talibans armés dans notre quartier, mais il n’y a pas de combats”, a toutefois déclaré à l’AFP un habitant d’une banlieue située à l’est de la capitale.

Toute l’info sur

L’Afghanistan aux mains des talibans

Une progression éclair des talibans

Même si une poignée de villes mineures sont encore sous le contrôle du gouvernement, la chute de Kaboul ne semble plus qu’être une question de jours. En à peine dix jours, les talibans ont pris le contrôle de la quasi-totalité du pays. Encore samedi soir, les talibans s’emparaient de Mazar-i-Sharif, la quatrième plus grande ville afghane et le principal centre urbain du nord du pays.

Face à cette avancée, l’Union européenne a menacé les talibans d’un “isolement” et d’un “manque de soutien international” s’ils venaient à prendre le “pouvoir par la force”. Dans un communiqué, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a en effet appelé les talibans à “reprendre des discussions” avec les autorités et réclamé “un cessez-le-feu complet et permanent”. 

Par précaution, plusieurs pays, dont les Pays-Bas, la Finlande, la Suède, l’Italie et encore l’Espagne, ont annoncé ce vendredi la réduction au strict minimum de leur présence dans le pays, quand  d’autres, comme la Norvège et le Danemark, ont préféré fermer provisoirement leurs ambassades. 

Joe Biden a par ailleurs décidé ce samedi de porter à quelque 5.000 soldats le déploiement militaire à Kaboul pour sécuriser l’évacuation de civils face à l’offensive fulgurante des talibans, tout en défendant sa décision de mettre fin à 20 ans de guerre en Afghanistan. Le président américain a également prévenu les talibans que toute action qui “mettrait en danger des ressortissants américains ou notre mission recevrait une réponse militaire rapide et forte”. 

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Pour rappel, les talibans ont lancé leur offensive en mai dernier, dopé par le retrait final des troupes américaines et étrangères, qui doit être achevé d’ici au 31 août. Ils s’étaient d’abord emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer de grande résistance, avant de poursuivre leur avancée de manière spectaculaire ces dix derniers jours.

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