En Biélorussie, nouvelle démonstration de force face à un Loukachenko fébrile – Le Monde

Spread the love
Des milliers de personnes étaient réunies autour de la station de métro Pouchkinskaïa, à l’ouest de la capitale, le 15 août pour rendre hommage à un homme ayant trouvé la mort à proximité lors d’une manifestation lundi dernier.

Depuis une semaine, la Biélorussie vit sur un fil. Face-à-face, deux forces qui s’affrontent avec des armes bien différentes et inégales. Samedi 15 août, l’opposition mobilisée contre la réélection frauduleuse du président Alexandre Loukachenko a offert une nouvelle démonstration de force. La mobilisation est apparue comme l’une des plus importantes depuis le début des protestations.

Dans toutes les grandes villes du pays jusque dans certains villages, les habitants ont massivement répondu à l’appel de l’opposante Svetlana Tsikhanovskaïa. L’ancienne candidate à la présidence s’est exprimée vendredi pour appeler à un week-end de manifestations pacifiques à travers tout le pays. « Allons et défendons ensemble notre choix » a-t-elle lancé, depuis la Lituanie où elle s’est réfugiée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Figure de la révolte biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa contrainte de fuir son pays

Répression et torture

Toute la journée, des milliers de manifestants – les femmes en première ligne – sont apparus sur les réseaux sociaux, déambulant dans les rues du pays avec des fleurs, ballons et drapeaux. Plusieurs vidéos ont également montré des manifestants retirant le drapeau actuel de la Biélorussie de bâtiments officiels pour le remplacer par le drapeau blanc et rouge des opposants, l’autre drapeau biélorusse symbole de l’indépendance du pays. Des rassemblements inédits dans la Biélorussie autoritaire d’Alexandre Loukachenko, d’autant plus après une semaine rythmée par des images de violences et d’arrestations – plus de 7 000.

Les nombreux récits de prisonniers libérés et des tortures qui leur ont été infligées auraient pu refroidir les ardeurs de l’opposition. Mais jusqu’ici, la stratégie de la violente répression semble au contraire avoir eu l’effet inverse. La diffusion samedi soir par l’agence de presse AP d’une photo montrant Alexander Taraikovsky, 34 ans, décédé lundi dernier lors d’un rassemblement pourrait jouer un rôle dans la mobilisation des Biélorusses. Cette photo remet en question l’affirmation des autorités qui l’avaient accusé de s’être tué en manipulant un engin explosif. L’image semble montrer un simple manifestant tué par la police. Samedi midi, plusieurs milliers de personnes s’étaient rendues à ses funérailles dans le centre de Minsk. Depuis plusieurs heures, les forces de l’ordre brillent par leur absence, répit provisoire ou tournant dans le conflit, à Minsk, on craint pour autant toujours une deuxième vague de répression.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Répression en Biélorussie : « Les gens étaient allongés, comme un tapis vivant, dans une mare de sang »

La carte de l’ingérence étrangère

De son côté, le président Loukachenko, peu visible dans les médias depuis le week-end dernier, a passé la journée dans son palais présidentiel. Depuis son bureau, le dictateur a refusé les propositions des pays baltes et de la Pologne d’une médiation politique. Puis assis à la table de son Conseil de Sécurité, il s’est une nouvelle fois refusé à admettre une perte de contrôle de son pays. Pour diviser le mouvement, le chef d’État joue au maximum la carte de l’ingérence étrangère.

Il vous reste 61.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply