En Afghanistan, les talibans s’emparent de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays – Le Monde

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Des soldats afghans inspectant les lieux d’une attaque à la bombe, le 6 juillet 2021 dans la province de Kandahar.

Les talibans se sont emparés, vendredi 13 août, de Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand, dans le sud de l’Afghanistan, après avoir laissé quarante-huit heures à l’armée et aux responsables politiques et administratifs pour évacuer la ville, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un haut responsable sécuritaire.

Ils ont, en outre, revendiqué dans la nuit la prise de Kandahar (sud), la deuxième plus grande ville du pays. Ils ont aussi pris sans résistance, vendredi matin, Chaghcharan, la capitale de la province de Ghor (centre), a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le porte-parole du gouverneur. Ils s’étaient déjà emparés jeudi d’Hérat (ouest), la troisième ville afghane, et s’étaient rapprochés jusqu’à 150 kilomètres de Kaboul en prenant Ghazni, au sud-ouest de la capitale.

Lire le reportage en Afghanistan : « S’ils arrivent à Kaboul, les talibans vont tout brûler »

En huit jours, les insurgés se sont ainsi emparés de près de la moitié des capitales provinciales afghanes. Ils contrôlent l’essentiel du nord, de l’ouest et du sud du pays. Kaboul, Mazar-e Sharif et Jalalabad sont les trois seules grandes villes encore sous le contrôle du gouvernement.

Les talibans ont lancé une offensive en mai, à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, qui doit être achevé d’ici au 31 août. Ils s’étaient d’abord emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer de grande résistance. Puis leur avancée a progressé de manière dramatique ces derniers jours, plusieurs centres urbains tombant entre leurs mains, souvent sans offrir là encore une grande résistance.

Les talibans se sont aussi emparés jeudi d’Hérat (ouest), la troisième ville afghane.

8 000 militaires américains pour des évacuations

En raison de « l’accélération » du rythme de cette avancée, Washington a décidé de « réduire encore davantage » sa « présence diplomatique » à Kaboul « dans les prochaines semaines », a annoncé le porte-parole du département d’Etat Ned Price.

Pour mener à bien cette évacuation de diplomates américains, le Pentagone va déployer 3 000 soldats à l’aéroport international de la capitale. Un millier d’autres seront envoyés au Qatar en soutien technique et logistique et entre 3 500 et 4 000 seront positionnés au Koweït pour faire face à une éventuelle dégradation de la situation. En tout, ce sont donc près de 8 000 militaires américains qui sont remobilisés.

Lire le décryptage : En difficulté face aux talibans, Kaboul dénonce l’abandon de son mentor américain

« Il ne s’agit pas d’un réengagement militaire dans le conflit », a assuré la diplomatie américaine. Mais ce redéploiement massif – il ne restait plus que 650 soldats américains dans tout le pays – peut être interprété comme un message adressé aux insurgés pour qu’ils ne s’attaquent pas à Kaboul et à son aéroport.

Une réunion internationale s’est achevée jeudi à Doha, au Qatar, sans avancée significative. Dans une déclaration commune, les Etats-Unis, le Pakistan, l’Union européenne et la Chine ont affirmé qu’ils ne reconnaîtraient aucun gouvernement en Afghanistan « imposé par la force ». Mais du fait de leur avancée, les talibans risquent, à ce stade, de n’être nullement enclins au compromis, alors que les autorités leur ont proposé en catastrophe « de partager le pouvoir en échange d’un arrêt de la violence », selon un négociateur gouvernemental aux pourparlers de Doha, qui a requis l’anonymat.

Lire l’analyse : L’ombre du Pakistan derrière l’avancée des talibans en Afghanistan

Le Monde avec AFP

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