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EMPLOI | Chômage : les nouvelles règles – Le Dauphiné Libéré

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La réforme de l’assurance chômage entre en vigueur ce vendredi. Le gouvernement espère ainsi faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi. Mais cette réforme est loin de faire l’unanimité.

Changement des conditions d’accès, dégressivité pour les hauts revenus, extension aux démissionnaires et indépendants… Le gouvernement affiche les moyens et les objectifs de sa réforme de l’assurance chômage : baisser significativement le nombre de chômeurs d’ici à 2021 et réduire le désendettement du gestionnaire du régime, l’Unédic. Il entend accélérer la baisse du chômage enclenchée depuis plusieurs mois. Sur un an, le recul s’établit même à 2,4 %, soit 3,617 millions de personnes en catégorie A (aucune activité).

Un projet ambitieux, jugé cohérent par une étude d’impact de la réforme faite par l’Unédic. Le gestionnaire du régime estime la baisse à 70 000 chômeurs en moyenne par an, soit 210 000 au total d’ici à 2022. La réforme devrait également dégager 3,75 milliards d’euros d’économies sur trois ans, largement suffisant pour combler le déficit annoncé de 3,4 milliards d’euros. Et pour les 350 millions d’euros de surplus ? Ils devraient financer l’accompagnement des chômeurs.

Infographie Visactu
Infographie Visactu

Une « tuerie », pour les syndicats

Sauf que depuis l’annonce de la réforme, les syndicats ne décolèrent pas. Elle a même mis « les nerfs » au secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger : « Cela va créer des drames, en jetant des chômeurs dans la pauvreté ». Il parle d’une « tuerie ».

L’Unédic estime en effet que cette réforme aura un impact négatif pour un entrant sur deux.

Parmi les mesures appliquées dès ce vendredi, la réforme des conditions d’accès est mal vécue : pour percevoir une indemnisation, il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois sur 28 précédemment. Ce changement de règles va concerner 710 000 personnes la première année, selon l’Unédic. Parmi elles, 200 000 ne pourront plus ouvrir de droits la première année, 210 000 les ouvriront cinq mois plus tard et 300 000 verront leurs droits diminuer.

Les syndicats sont encore plus pessimistes sur deuxième volet, mis en place au 1er avril, concernant… le calcul de l’indemnisation. Quatre allocataires sur 10, notamment des jeunes en fin de CDD ou intérim, seront touchés. Et moins de demandeurs d’emploi pourront bénéficier du « cumul emploi chômage » qui permet de disposer d’un petit revenu et d’une allocation.

Changer les comportements

Derrière ces réformes, le gouvernement souhaite changer les comportements de certains demandeurs d’emploi. Il estime que certains ont davantage intérêt à alterner emploi et inactivité, plutôt qu’un travail en continu. Mais c’est un pari auquel ne croient guère les syndicats. « Si l’assurance chômage, ce n’est pas un métier, la précarité ne peut pas non plus être un métier », a taclé Force ouvrière.

Les agents de Pôle emploi seront en tout cas en première ligne ce vendredi pour répondre aux interrogations des demandeurs d’emploi.

Par Justine BENOIT | Publié le 01/11/2019 à 06:04 |Mis à jour il y a environ 1 heures |

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