Les gilets jaunes vont-ils apprécier la plaisanterie ? Pour animer le grand débat national et remplacer Chantal Jouanno, dont le salaire trop élevé de présidente de la Commission nationale du débat public avait fait polémique, Emmanuel Macron a choisi de reprendre la main avec la nomination attendue de deux de ses ministres : Sébastien Lecornu, secrétaire d’État en charge de la Cohésion des territoires, s’occupera des relations avec les élus, et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État à l’Écologie, de la partie « grand public » du débat. Or, cette dernière, entrée au gouvernement en octobre en provenance de Danone, a touché en 2018 un salaire beaucoup plus élevé que celui de Chantal Jouanno : 475 899 euros net, selon sa déclaration déposée auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) et repérée par Les Jours. Chantal Jouanno qui, elle, ne devait toucher « que » 176 000 euros brut, avait considéré que ce revenu lui empêcherait de mener ce débat dans des « conditions de sérénité nécessaires », puisque le pouvoir d’achat devait faire partie des sujets de discussion.

Visiblement, cela n’a pas été la préoccupation du gouvernement en choisissant Emmanuelle Wargon. Selon Le Figaro, la secrétaire d’État doit sa nomination comme co-animatrice du grand débat à sa bonne capacité de communication, notamment sur les réseaux sociaux. En réponse au « coup de gueule » de Jacline Mouraud, figure du mouvement, elle avait ainsi publié une vidéo de réponse, filmée avec un smartphone, qui avait été visionnée 200 000 fois, dans laquelle elle déclarait qu’il n’y avait « aucun complot du gouvernement contre la voiture ». Mais Emmanuelle Wargon est aussi un symbole de tout ce que détestent les gilets jaunes et de ce qu’adore la Macronie : une ancienne énarque ayant fait sa carrière dans la haute administration avant d’aller pantoufler dans le privé, puis de revenir dans le public (soit du rétropantouflage).

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