Emmanuel Macron se rend à Rome, en Italie, ce dimanche pour voir le pape… et Giorgia Meloni ? – Ouest-France

Le président français Emmanuel Macron se rend dimanche et lundi à Rome pour voir le pape François et prononcer un discours sur la paix sur fond de conflit en Ukraine, sans exclure d’être le premier dirigeant étranger à rencontrer la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Emmanuel Macron a été invité à s’exprimer à l’ouverture, dimanche, du forum international pour la paix organisé par la communauté catholique italienne Sant’Egidio, l’un des canaux de la diplomatie de l’ombre du Vatican.

Un sommet interreligieux de trois jours

Selon l’Élysée, il devrait s’inscrire dans la lignée de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, en septembre, lorsqu’il avait dénoncé « un retour de l’âge des impérialismes et des colonies » imposé par l’invasion russe de l’Ukraine.

À Rome, Emmanuel Macron insistera sur le multilatéralisme pour affronter les « crises qui parcourent notre planète » – climat, inégalités et guerre en Ukraine – ainsi que « sur l’importance d’éviter la création de fractures artificielles » entre le Nord et le Sud, a expliqué la présidence française.

Le chef de l’État français assume depuis le début du conflit ukrainien en février de continuer à parler à son homologue russe Vladimir Poutine, à la différence d’autres dirigeants occidentaux et notamment du président américain Joe Biden. Il a encore plaidé, vendredi à Bruxelles, pour que Kiev et Moscou reviennent « autour de la table » lorsque ce sera « acceptable » pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky – mais aussi « le plus tôt possible ».

Ce sommet interreligieux de trois jours intitulé « Le Cri de la paix » se clôturera mardi en présence du pape.

Ce dernier recevra Emmanuel Macron lundi matin en audience au Vatican, pour la troisième fois depuis qu’il est président, la précédente remontant à il y a moins d’un an, en novembre 2021.

Il devrait aussi être question d’Ukraine, d’autres sujets internationaux, ainsi que des débats de société qui agitent la France, comme l’accueil des réfugiés et peut-être la fin de vie.

Turbulences en vue

Le souverain pontife s’est élevé vendredi contre l’euthanasie lors d’un discours devant des élus français, au moment même où Paris s’apprête à lancer une convention citoyenne sur cette question délicate pour aboutir à un éventuel changement de la loi.

La visite à Rome n’a donc, initialement, aucune dimension bilatérale publique avec l’Italie.

Mais elle s’inscrit dans un contexte politique qu’Emmanuel Macron peut difficilement ignorer : l’entrée en fonction ce week-end du gouvernement de Giorgia Meloni, dont le parti post-fasciste Fratelli d’Italia a remporté les élections législatives à la tête d’une coalition dominée par l’extrême droite.

Le président français peut-il venir à Rome sans la rencontrer ? Cela pourrait être perçu comme un affront, alors même que les relations franco-italiennes, au beau fixe tant que Mario Draghi dirigeait la Péninsule, risquent de traverser une zone de turbulences avec l’eurosceptique et souverainiste Meloni.

« Rien n’est exclu à l’heure où je vous parle », a indiqué le porte-parole du gouvernement Oliver Véran, vers 11 h sur Europe 1 et C News, interrogé sur une visite du Président à la Première ministre.

Un avant-goût de ces tensions a eu lieu avant même sa nomination, lorsque la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, Laurence Boone, a prévenu début octobre que la France serait « très vigilante sur le respect des valeurs et des règles de l’État de droit » en Italie. « Menace inacceptable d’ingérence », s’était aussitôt insurgée celle qui est depuis devenue la première femme Première ministre dans son pays.

Emmanuel Macron a tenté de calmer le jeu en assurant être « tout à fait prêt à travailler avec elle ».

Et Giorgia Meloni a donné des gages à ses partenaires européens en martelant son attachement à l’Otan et sa détermination à soutenir l’Ukraine, tout en nommant des personnalités qu’ils peuvent juger rassurantes aux postes-clés des Affaires étrangères et de l’Économie.

Le chef de l’État français, qui s’entretiendra avec le président de la République italienne Sergio Mattarella lundi lors d’un déjeuner privé, a expliqué qu’il prendrait le pouls de ce garant des subtils équilibres institutionnels italiens avant de décider d’un éventuel tête-à-tête avec Giorgia Meloni, si c’est « utile » et « respectueux » des « usages diplomatiques ».

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