Emmanuel Macron se lance enfin dans la campagne présidentielle – Le Monde

Emmanuel Macron lors d’un déplacement de campagne à Dijon, le 28 mars 2022.

Une déambulation dans un quartier populaire, avec des bains de foule ; des échanges à bâtons rompus, ponctués d’encouragements mais aussi de reproches sur un ton vif… Il a enfin pris son risque. Emmanuel Macron aura donc attendu l’ouverture de la campagne officielle pour se résoudre à entrer de plain-pied dans la mêlée. A moins de quinze jours de l’élection présidentielle, le président de la République a effectué son premier « vrai » déplacement en tant que candidat, en se rendant à Dijon, lundi 28 mars.

Au lieu de jouer la sécurité, en se contentant de « conversations » sur mesure avec des militants soigneusement sélectionnés, comme à Pau et à Poissy (Yvelines), ou de vidéos promotionnelles mises en scène par son équipe, M. Macron a cette fois été au contact, en allant à la rencontre d’habitants et de commerçants. Une première pour lui dans cette campagne minimaliste, qu’il survole. Avant un autre déplacement prévu jeudi dans l’ouest de la France, axé sur l’écologie, et son premier, et peut-être dernier, grand meeting, samedi prochain, à l’Arena de Paris.

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Un changement de format contraint et forcé, tant sa posture en surplomb suscite des craintes dans son entourage. Si l’effet « guerre en Ukraine » l’avait fait bondir dans les sondages, son léger recul ces derniers jours – il reste le grand favori du scrutin, avec 28 % d’intentions de vote au premier tour, selon le sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde – l’a convaincu de changer de stratégie. Plus question d’être focalisé sur le conflit ukrainien, au risque de donner l’impression de ne pas être concentré sur les sujets de préoccupations des Français. Surtout au moment où sa principale concurrente, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, bénéficie d’une dynamique à la faveur d’une campagne de proximité, axée sur le pouvoir d’achat.

Lui qui disait vouloir « être à l’assaut, au combat », la veille, sur France 3, a été servi. Dès son arrivée à la Maison des associations, dans le quartier populaire de Fontaine d’Ouche, M. Macron est interpellé sur le pouvoir d’achat. En particulier sur la flambée des prix de l’essence. Jawad, un agent commercial de 46 ans, fait face au chef de l’Etat, en bras de chemise. « Les 18 centimes que vous donnez sur le gasoil, c’est ridicule ! Comment faire pour remplir un réservoir à 140 euros ? », demande-t-il, avant de regretter de n’avoir « plus rien pour vivre » après avoir « payé les factures ».

Alors que le locataire de l’Elysée lui oppose les 20 milliards d’euros versés au total par l’Etat pour compenser la hausse des prix de l’énergie, Jawad rétorque : « Vous vous rendez pas compte. Mettez-vous à la place d’une famille française. Faire ses courses, mettre de l’essence… C’est horrible ! » Comme un cri du cœur. « Il n’y a pas d’argent magique », répond M. Macron, avant de défendre sa proposition du « dividende salarié », visant à rendre obligatoire le versement d’une prime d’intéressement pour les personnels dans les entreprises qui versent des dividendes.

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