Emmanuel Macron peine à convaincre les Français de ses choix économiques – Le Monde

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Emmanuel Macron, le 15 janvier à l’Elysée, lors de ses vœux à la presse.

Emmanuel Macron, le 15 janvier à l’Elysée, lors de ses vœux à la presse. YOAN VALAT / AFP

C’était le pari d’Emmanuel Macron : adopter l’essentiel des réformes économiques en début de mandat pour en récolter les fruits avant la prochaine échéance présidentielle, prévue en 2022. Trente-deux mois après son arrivée à l’Elysée, l’ancien ministre de l’économie est en passe de remporter son pari. Le chômage baisse (8,6 % de la population active), les créations d’entreprises (815 000 en 2019) comme d’emplois (260 000 l’an dernier) sont au plus haut, la croissance résiste bien (1,3 % en 2019)…

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Lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre, le chef de l’Etat s’en est lui-même félicité. « Nous avons commencé à percevoir, dans le concret de nos vies, les premiers résultats de l’effort de transformation engagé depuis deux ans et demi », a expliqué le locataire de l’Elysée, assurant, notamment, que « plus de 500 000 emplois ont été créés depuis mai 2017 » et que « les investissements internationaux dans notre économie [sont] supérieurs à ceux qu’enregistrent nos voisins ». « La France n’avait pas connu un tel élan depuis des années », a ajouté le président de la République.

« La France est devenue la nation industrielle la plus attractive
en Europe »

« La France est devenue la nation industrielle la plus attractive en Europe », a surenchéri le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mercredi 15 janvier devant le Sénat, rappelant que notre pays a « créé 12 000 emplois industriels en 2019 et 12 000 emplois industriels en 2018 », des chiffres inédits depuis dix ans. « Tout cela n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit de la politique conduite par le président », estime le patron de Bercy, pour qui « faire de la France la première puissance industrielle en Europe », c’est-à-dire devant l’Allemagne, est « à notre portée ».

A l’Elysée, certains se désespèrent pourtant que le chef de l’Etat ne soit pas crédité de ses bons résultats économiques, ou en tout cas pas encore. « Sous le quinquennat précédent, ils auraient été nombreux à rêver d’avoir d’aussi bons chiffres, s’agace un proche d’Emmanuel Macron. A l’époque, ces statistiques étaient scrutées tous les matins. Mais aujourd’hui plus personne n’en parle ! » L’exécutif y a lui-même contribué, en décidant de ne publier les chiffres du chômage qu’une fois par trimestre, alors qu’ils l’étaient tous les mois auparavant. A l’époque, il s’agissait d’éviter la litanie de mauvaises nouvelles.

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