Emmanuel Macron : « La République n’admet aucune aventure séparatiste » – Le Monde

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Le président français Emmanuel Macron lors d’un discours au Panthéon pour célébrer les 150 ans de la République, vendredi 4 septembre.

« Le moment, je le mesure, est solennel et émouvant. » Vendredi 4 septembre, au Panthéon, Emmanuel Macron a présidé une cérémonie de naturalisation : « Le jour même où la République célèbre son anniversaire. C’était le 4 septembre 1870 », a rappelé le chef de l’Etat en préambule de son discours, date de la proclamation de la Troisième République par Léon Gambetta après la défaite de Napoléon III à Sedan.

Le discours de Macron en intégralité : « La République est volonté, la République est transmission. Jamais achevée, toujours à reconquérir »
  • Hommage aux grandes figures

Le président de la République en a profité pour rendre hommage à « tant de figures, françaises non par héritage mais par les combats menés » : et de citer Léon Gambetta, mais aussi Marie Curie, qui « fit le choix de servir la France dans les tranchées comme simple infirmière » ; Joséphine Baker, qui « aimait sa patrie d’adoption au point de risquer sa vie pour elle, en entrant en résistance » ; ou encore Félix Eboué, « descendant d’esclaves, [qui] répondit dès le 18 juin à l’appel du général de Gaulle ».

Pour Emmanuel Macron, ces personnalités sont « autant d’exemples (…) de vies en République. Autant de destins dont Matthew, Noura, Patricia, Catherine, Rana [dont le chef de l’Etat préside ce vendredi la cérémonie de naturalisation] vous êtes aujourd’hui les légataires ». Le chef de l’Etat les a ensuite appelés à « endosser pleinement les habits de citoyen français ». Pour le président de la République, devenir français, c’est « accepter d’être plus qu’un individu poursuivant ses intérêts propres ; un citoyen, qui concourt au bien commun, fait preuve de responsabilité vis-à-vis de ses compatriotes ».

Le président de la République a par ailleurs annoncé qu’un hommage national serait rendu dans la cour des Invalides à l’avocate et figure du féminisme Gisèle Halimi, morte le 28 juillet. « De sa chère Tunisie à notre Assemblée nationale, des prétoires aux hémicycles, de plaidoyers en manifestes, celle qui était née Zeiza Taïeb plaida pour l’émancipation des peuples et fit faire des bonds de géant à la cause des femmes », a-t-il dit.

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  • L’égalité comme « priorité du quinquennat »

« Etre français, c’est d’abord aimer passionnément la liberté », a ajouté Emmanuel Macron. « La liberté, dans notre République, est un bloc », a-t-il dit, évoquant la liberté de participer au choix de ses dirigeants, « et donc le droit de vote », la liberté de conscience et la laïcité, « qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire » mais qui n’est « pas séparable d’une liberté d’expression allant jusqu’au droit au blasphème ».

Emmanuel Macron a poursuivi en s’attardant sur un autre pilier de la République : l’égalité. « Etre français, c’est reconnaître en chaque femme, en chaque homme, une même dignité. Etre français, c’est aimer la justice », a-t-il déclaré. « Chaque citoyen, quel que soit le lieu où il vit, le milieu d’où il vient, doit pouvoir construire sa vie par son travail, par son mérite. Nous sommes encore loin, trop loin de cet idéal », a-t-il reconnu, promettant d’aller « plus loin, plus fort » pour promouvoir « l’égalité des chances » qui est « une priorité du quinquennat ».

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  • Condamnation du « séparatisme »

Le président a ensuite fermement condamné toute forme de « séparatisme », soulignant que la République était « toujours à protéger » car elle est « fragile » et « précaire » :

« Il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un dieu, (…) entendent imposer la loi d’un groupe, non. La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste. »

C’est pourquoi, « un projet de loi de lutte contre les séparatismes sera présenté dès cet automne », a annoncé Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat a ensuite insisté sur l’importance des « liens du respect et de la civilité  » : « Les policiers, les gendarmes, les magistrats, les maires, toutes celles et ceux qui luttent contre la violence, contre le racisme et l’antisémitisme, jouent un rôle déterminant et, par symétrie, ceux qui s’en prennent à eux doivent être lourdement condamnés. » Et d’ajouter : « Ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre, aux élus, ne passeront pas. »

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Pour Emmanuel Macron, être français signifie aussi être lié par « des références, une culture, une histoire commune » : « La République commence (…) bien avant la République elle-même car ses valeurs sont enracinées dans notre histoire. »

« Aimer nos paysages, notre histoire, notre culture. En bloc, toujours. Le sacre de Reims et la Fête de la Fédération. C’est pour cela que la République ne déboulonne pas de statues. (…) On ne choisit jamais une part de France, on choisit la France. »

Le Monde avec AFP

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