Emmanuel Macron inaugure en coup de vent le Salon de l’agriculture – Le Monde

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le ministre de l’agricultre, Julien Denormandie, au Salon international de l’agriculture, à Paris, le 26 février 2022.

Emmanuel Macron se rêvait en apôtre du temps long. A l’heure de briguer un second mandat, le locataire de l’Elysée entendait redonner à la France le sentiment d’une « maîtrise de son destin », en projetant le pays dans un futur prometteur fait d’investissements et de progrès. Il fallait voir l’avenir à dix ans et même au-delà sans crainte ni angoisse. Las ! L’arrivée des chars russes en Ukraine oblige le chef de l’Etat à renouer avec les contraintes de l’immédiateté. Et c’est en homme pressé, bousculé par un agenda mouvant et l’actualité dramatique d’une « guerre en Europe », selon ses mots, que le président de la République s’est rendu, samedi 26 février, au Salon international de l’agriculture, au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris.

Bien loin des quatorze heures passées en 2019 à déambuler au milieu des vaches salers ou des fromages de Savoie, le chef de l’Etat aura effectué une visite expresse d’à peine deux heures pour s’entretenir avec un monde agricole inquiété par les tensions géopolitiques en cours. Avant un conseil de défense dans l’après-midi et un coup de fil à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, au petit matin, le président aura néanmoins consacré une part de son emploi du temps pour se rendre dans la « plus grande ferme de France », cédant au rituel politique.

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Le président de la République tenait à remercier les agriculteurs lors du Salon censé sceller des « retrouvailles » après deux années de pandémie. « Vous avez tenu », a-t-il salué, rappelant la teneur des messages divulgués auparavant aux soignants, en « première ligne » de cette crise sanitaire. « Vous avez tenu pour nourrir la nation française, pour continuer d’exporter aussi », a-t-il insisté.

« Plan de résilience »

Mais la page du Covid-19 n’est pas encore refermée que s’ouvre un nouveau front plus inquiétant encore, lié à l’invasion russe en Ukraine. Face au monde agricole, mais aussi au reste du pays, le chef de l’Etat n’a guère cherché à rassurer ou à minimiser la portée des événements. « La guerre revient en Europe et nous nous voyons aujourd’hui dans un contexte inédit, grave et historique », a-t-il lâché, avant de livrer sa « conviction » : « cette crise durera ».

Un ton grave traduisant « le retour du tragique » prédit maintes fois par le chef de l’Etat dans une Europe habituée à la paix. Une façon, aussi, de souligner le rôle qui incombe au président de la République. En août 2017, dans un entretien au Point, Emmanuel Macron estimait que « depuis trop longtemps, nous nous sommes résignés à une vie démocratique sans sel. Nous sommes en train de payer le prix de cette bêtise collective qui consiste à croire en la fin de l’Histoire, alors qu’elle nous revient au contraire en plein visage. » Pour l’affronter, disait-il, « nous devons renouer avec l’héroïsme politique propre au monde républicain, retrouver le sens du récit historique ».

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