Emmanuel Macron condamne le racisme, « une trahison de l’universalisme républicain » – Le Monde

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Sa parole était attendue et réclamée par l’opposition alors que la mort aux Etats-Unis de George Floyd a ravivé en France la contestation à propos des circonstances de la mort en 2016 d’Adama Traoré après une interpellation par des gendarmes, ainsi que les accusations de violences et de racisme contre les forces de l’ordre.

Emmanuel Macron a fustigé mercredi 10 juin, en conseil des ministres, « le racisme et la discrimination, ce fléau qui est une trahison de l’universalisme républicain » et « une maladie qui touche toute la société », a rapporté la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Le chef de l’Etat « a appelé à être intraitable sur ce sujet » et à « renforcer les actions » contre le racisme. A propos des manifestations en mémoire de George Floyd et contre les violences policières, il a aussi « tenu à refuser tout amalgame en soulignant que l’écrasante majorité des forces de l’ordre ne saurait être salie », a ajouté Mme Ndiaye.

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  • Laurent Nunez défend les policiers et les gendarmes

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, a défendu avec vigueur mercredi les policiers et les gendarmes. « Les policiers n’ont pas été lâchés. Ils sont soutenus. Il peut y avoir des comportements individuels » pour « des faits et des propos racistes », mais « cela n’enlève rien à la confiance que j’ai en eux », a-t-il déclaré sur Europe 1.

« Je suis très fier des policiers et des gendarmes. (…) Je ne supporte pas le procès qu’on fait à la police nationale et à la gendarmerie nationale. (…) Il n’est pas possible de dire qu’il y a un racisme systémique dans la police nationale et la gendarmerie nationale. »

M. Nunez est revenu sur l’annonce, lundi, du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, d’une « suspension » des fonctionnaires en cas « de soupçon avéré » de racisme et a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une présomption de culpabilité. « Quand une faute est avérée, il y aura une mesure conservatoire de suspension, qui ne pourra pas excéder quatre mois en attendant la clôture des procédures administrative et/ou judiciaire », a-t-il expliqué.

Il a insisté sur le fait que, dans la police et la gendarmerie, en cas de « faits et de propos racistes », il y avait « toujours des procédures engagées et [qu’]elles aboutiss[aient] ». « Nous ne laisserons pas passer une stigmatisation de la police », a ajouté le secrétaire d’Etat.

Interrogé sur l’hypothèse d’une « généralisation » des pistolets à impulsion électrique pour les forces de l’ordre, M. Nunez a répondu que cela n’était pas prévu. Mais, a-t-il ajouté, il y a « un programme pour augmenter les dotations ». « C’est une piste de réflexion car c’est une alternative au contact physique », a-t-il dit aussi.

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  • Un gendarme noir insulté dans une manifestation, le patron des gendarmes saisit la justice

Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), Christian Rodriguez, a décidé de saisir la justice après qu’un gendarme noir a été traité de « sale vendu » lors d’une manifestation contre les violences policières, a-t-on appris mercredi.

Dans une vidéo diffusée dans l’émission « Quotidien » de TMC, tournée le week-end dernier lors du rassemblement organisé sur le Champ-de-Mars, à Paris, une manifestante interpelle un gendarme noir : « Vendu, sale vendu », crie-t-elle. Le militaire, qui porte un bouclier, reste impassible.

Le DGGN a décidé de saisir la justice – en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale – afin qu’une enquête soit engagée. Cet article impose à « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit (…) d’en donner avis sans délai au procureur de la République ».

La semaine dernière, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, avait fait de même après qu’un policier noir avait été insulté de la même manière lors de la manifestation du comité La Vérité pour Adama devant le Palais de justice de Paris. Le policier avait décidé de déposer plainte.

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Le Monde avec AFP

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