Emmanuel Macron annonce la formation d’un gouvernement au Liban « dans les quinze jours » – Le Monde

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Au terme de sa deuxième visite dans le pays en un mois, le président français a proposé d’organiser à Paris une conférence d’aide au Liban dans la deuxième quinzaine d’octobre.

Emmanuel Macron veut y croire : l’ensemble des forces politiques libanaises se sont engagées à former rapidement un gouvernement, a annoncé, mardi 1er septembre dans la soirée, le président français, lors d’une conférence de presse au terme de sa visite à Beyrouth.

« Toutes les formations politiques sans exception se sont engagées ce soir, ici même, que la formation de ce gouvernement de mission ne prendrait pas plus de quinze jours », a-t-il déclaré à l’issue d’entretiens avec les principaux dirigeants politiques.

Il a ajouté que le gouvernement rassemblerait des personnalités « compétentes » et serait formé « comme un collectif indépendant qui aura le soutien de toutes les formations politiques ». Le nouveau premier ministre, Mustapha Adib, nommé quelques heures avant l’arrivée de M. Macron lundi, doit commencer mercredi les consultations parlementaires pour la formation de son équipe.

« Ce n’est pas une carte blanche qui est donnée au Liban »

Le président français a rappelé que « la moyenne ces dernières années » pour la formation des gouvernements au Liban était « entre cinq et onze mois » en raison des divergences politiques. M. Macron a assuré que M. Adib avait « sur le plan politique un soutien massif des forces politiques, même s’il n’est pas unanime ». « Cette légitimité, il ne peut l’obtenir qu’en formant rapidement un gouvernement de mission fait de professionnels, une équipe la plus solide possible », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’éventualité que des sanctions puissent viser des personnalités libanaises si les réformes n’étaient pas appliquées, il a répondu simplement qu’« une partie des mécanismes qui devaient accompagner le peuple libanais ne pourr[ait] pas être activée » dans ce cas.

« Ce n’est pas une carte blanche qui est donnée au Liban, c’est une exigence avec un rendez-vous dans six à huit semaines », a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse. « L’exigence commence maintenant, et je ne vous lâcherai pas. » Le président a aussi annoncé qu’il reviendrait au Liban en décembre.

Au terme de sa deuxième visite dans le pays en un mois, le président français a proposé d’organiser à Paris une conférence d’aide au Liban dans la deuxième quinzaine d’octobre. Mercredi, le secrétaire d’état américain chargé du Proche Orient, David Schenker, est attendu dans la capitale libanaise.

Manifestations à Beyrouth

Dans le centre-ville de Beyrouth, des centaines de manifestants réunis pour marquer le centenaire du « Grand Liban » ont fustigé la « coopération » du président Macron avec la classe dirigeante.

« Il devait venir nous écouter, nous aider à réaliser nos aspirations, ne pas s’asseoir avec des corrompus et des criminels qui ont tué leur peuple », a lancé l’un d’eux, Rima, 46 ans. « En coopérant, vous devenez complices », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par une manifestante.

Dans la soirée, des heurts violents ont éclaté entre des manifestants et les forces de l’ordre, faisant 22 blessés, dont l’un a été hospitalisé, a indiqué la Croix-Rouge libanaise.

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Série d’entretiens en Irak

Lors de sa visite menée au pas de course, le président français a également fait le point sur la distribution de l’aide internationale promise au lendemain de l’explosion au port de Beyrouth, qui a fait au moins 188 morts et plus de 6 500 blessés le 4 août.

M. Macron a aussi déclaré qu’il se rendait en Irak mercredi : « Je vous confirme que je serai demain matin en Irak pour lancer, en lien avec les Nations unies, une initiative pour accompagner une démarche de souveraineté », a déclaré le président.

A Bagdad, il rencontrera le premier ministre et son homologue, en signe de solidarité avec ce pays en crise, ont fait savoir des sources gouvernementales irakiennes

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Le Monde avec AFP et Reuters

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