Elections régionales : l’alliance entre la droite et les macronistes en région PACA divise Les Républicains – Le Monde

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Le président des Républicains Christian Jacob, à gauche, a annoncer retirer à Renaud Muselier (à droite) son investiture pour les élections régionales.

Au parti Les Républicains (LR), on redoutait une telle décision depuis des mois. L’annonce de dimanche 2 mai d’une liste commune aux régionales entre le candidat LR Renaud Muselier et la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, n’en a pas moins été « un coup de massue », voire un « coup de poignard dans le dos » pour beaucoup. Il faut dire que c’est le premier ministre, Jean Castex, issu lui aussi de ses rangs, qui a lui-même administré la pilule amère au parti, dans un entretien au Journal du dimanche.

Mme Cluzel « et des représentants de la majorité parlementaire vont intégrer le dispositif conduit par Renaud Muselier », a déclaré le chef du gouvernement, affirmant vouloir faire barrage à l’extrême droite dans la région. « Je prends acte de la déclaration du premier ministre, et m’en félicite. La voix du rassemblement contre les extrêmes est celle de la raison, et du bon sens », a réagi sur Twitter quelques heures plus tard Renaud Muselier.

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Si l’affaire est dans les cartons depuis plusieurs semaines, le récent ping-pong par médias interposés entre Renaud Muselier et la majorité présidentielle a été bien orchestré. Mercredi 28 avril, en officialisant sa candidature, le président de région a posé le premier caillou estimant que « le bon sens voudrait que la majorité présidentielle [lui] apporte son soutien ». La réponse de l’appareil macroniste, elle, est arrivée directement du sommet. « Renaud ne voulait pas d’accord d’appareils, mais en recevant une réponse du premier ministre, c’est bien l’institution macroniste qui valide l’accord. Je ne suis pas sûr qu’il a bien réalisé l’impact de cette prise de parole de Castex », note un cadre LRM en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

« Ils ont osé l’inacceptable »

A droite, l’effet de cette union a, au contraire, été bien compris. Dans un communiqué publié dimanche après-midi, LR a immédiatement retiré son investiture à Renaud Muselier. Une réponse ferme que beaucoup attendaient. « La peur de perdre des uns, ajoutée au cynisme des autres, n’a jamais fondé une ligne politique. Le premier tour doit être celui de la clarté et de la fidélité à ses convictions, ses engagements et ses alliés naturels », écrit ainsi Christian Jacob, le patron du parti, qui a toujours précisé ne pas vouloir d’alliance avec le mouvement présidentiel au premier tour.

Dans le Sud, les élus LR ont eux aussi très vite condamné ce qu’ils qualifient de « manœuvre ». « Ce que propose Jean Castex, c’est de faire de PACA le laboratoire de l’union LR-LRM avec une tentative d’OPA d’un parti à 10 % sur un parti à 15 %. Nous sommes beaucoup à LR à ne pas vouloir d’une réélection d’Emmanuel Macron en 2022. Si LR acceptait cette main tendue, nous cesserions d’avoir un objet social et c’est bien là l’objectif de Macron », affirme Julien Aubert, le député du Vaucluse, qui redoute un tel mariage depuis plusieurs mois. Lui aussi fortement opposé à cette union, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, n’a pas mâché ses mots sur Twitter : « Jusqu’au bout j’ai espéré leur sursaut, celui d’amis qui se perdent. Ils ont osé l’inacceptable. »

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