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Elections municipales à Paris : Agnès Buzyn tend la main à Cédric Villani – Le Monde

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C’est un premier geste très symbolique. Quelques heures seulement après avoir remplacé au pied levé Benjamin Griveaux comme candidate à la Mairie de Paris, Agnès Buzyn a téléphoné lundi 17 février au dissident Cédric Villani, a annoncé l’entourage du mathématicien. Objectif : examiner les conditions d’un rassemblement entre les deux candidats.

La perspective d’une réconciliation rapide semble néanmoins éloignée. Cédric Villani a certes accepté de discuter avec la nouvelle candidate officielle de La République en marche (LRM) – dont le député a été exclu fin janvier –, alors qu’il avait refusé de répondre au dernier appel téléphonique de Benjamin Griveaux. Mais lors de l’entretien, Cédric Villani a posé une série de conditions très exigeantes « pour envisager d’éventuelles convergences », a-t-il fait savoir.

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La première porte sur le programme. Dans l’éventualité d’un accord de second tour, Cédric Villani réclame au parti présidentiel des concessions « majeures » sur l’écologie, la démocratie et la métropole. Il demande qu’Agnès Buzyn reprenne à son compte plusieurs points clés de son propre programme : un plan d’investissement de 5 milliards d’euros en faveur du climat, l’agrandissement de Paris et le recours au tirage au sort pour représenter les citoyens dans la vie publique. Trois éléments qui ne figurent pas du tout dans le programme élaboré par Benjamin Griveaux et son équipe.

Les macronistes mettent la pression

Le médaillé Fields demande également à LRM d’envisager un accord de second tour avec les Verts de David Belliard « pour réussir l’alternance à Anne Hidalgo sur une base écologiste et progressiste ». Cette fois-ci, ce sont les écologistes qui risquent de tousser. Depuis le début de la campagne, ils ont fait de LRM leur « principal adversaire ». S’ils ont envisagé d’associer Cédric Villani à une éventuelle « coalition climat », ils ont toujours exclu d’y faire entrer les candidats officiels du parti présidentiel.

Même sans lendemain, l’initiative d’Agnès Buzyn confirme la pression mise par les macronistes sur Cédric Villani depuis le retrait de Benjamin Griveaux. Samedi, alors que les dirigeants du parti présidentiel et leurs partenaires cherchaient encore qui pourrait remplacer leur candidat, le secrétaire général de LRM, Stanislas Guerini, s’était déjà entretenu avec l’ancienne star des mathématiques.

« Quand Benjamin Griveaux était candidat, un ralliement était effectivement totalement inenvisageable mais avec cette nouvelle configuration tout est à présent possible », voulaient croire certains militants de LRM, samedi, sur les marchés. La rencontre n’a toutefois pas permis de ramener le dissident dans les rangs du parti.

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Le lendemain, c’était au tour du vice-président de l’Assemblée nationale, Hugues Renson, soutien déclaré de Cédric Villani, d’œuvrer à une réconciliation. « Aujourd’hui, c’est l’esprit de responsabilité qui doit primer pour chacun. Il exige le rassemblement », a-t-il tweeté. « Cette nouvelle situation rebat totalement les cartes, commentait le chiraquien dimanche matin. Si on ne veut pas s’effondrer entre Anne Hidalgo et Rachida Dati, il faut profiter de cette séquence très compliquée, et que le parti comme Cédric prennent leurs responsabilités. » Des initiatives pour l’heure sans résultat.

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