Elections en Allemagne : conservateurs et sociaux-démocrates au coude-à-coude, recul historique de la CDU… C – franceinfo

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L’après-Merkel reste incertain en Allemagne, dimanche 26 septembre, après les élections fédérales marquant la fin de 16 années de mandats de la chancelière allemande. Les deux principales formations politiques outre-Rhin, le parti social-démocrate (SPD) d’Olaf Scholz et les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) d’Armin Laschet, famille politique d’Angela Merkel, sont arrivés au coude-à-coude dimanche soir, à l’issue d’une journée de vote pour laquelle 60,4 millions d’Allemands étaient appelés aux urnes. Franceinfo fait le point sur ce qu’il faut retenir des premiers résultats du scrutin, dont la participation s’élève à 78%. 

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Le SPD et la CDU-CSU au coude-à-coude

L’écart entre les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates se resserrait déjà dans les enquêtes d’opinion ces derniers jours. Les sondages sortie des urnes ont confirmé cette tendance, dimanche à 18 heures : le SPD et la CDU sont arrivés à égalité, à 25% chacun, selon la Deutsche Welle et l’ARD, tandis qu’une autre chaîne publique, la ZDF, donnait 26% pour la formation d’Olaf Scholz et 24% pour le parti d’Armin Laschet. Derrière ces scores au coude-à-coude, les Verts arrivaient troisième avec 15%, puis les libéraux-démocrates du FDP et le parti d’extrême-droite AfD obtenaient 11% des voix, d’après ces premiers sondages sortie des urnes. 

Les estimations dévoilées en début de soirée, basées sur de premiers résultats, ont confirmé une très légère avance des sociaux-démocrates : ils obtiendraient entre 25,2% et 25,9% des voix, contre 24,5% pour le bloc CDU-CSU, d’après les projections des chaînes de télévision allemandes relayées par Der Spiegel (lien en allemand). Les Verts recueilleraient environ 14% des votes, contre 11,7% pour les libéraux-démocrates du FDP et autour de 10,5% pour l’AfD. Les résultats définitifs doivent être connus dans la nuit. 

Chacun revendique la formation d’un gouvernement 

Dans ce mouchoir de poche, chacune des deux principales formations politiques arrivées en tête s’est positionnée pour la formation de la prochaine coalition à la tête de l’Allemagne. Le parti social-démocrate, par la voix de son secrétaire général, a revendiqué rapidement la formation du prochain gouvernement. “Je suis très heureux de voir ces résultats électoraux. Les Allemands ont décidé de nous donner un bon score, c’est un énorme succès”, a réagi par la suite le candidat du SPD, Olaf Scholz. “Ce dont je suis certain, c’est que nombre de nos concitoyens ont voté pour nous car ils veulent une alternance, car ils veulent que le chancelier du pays soit Olaf Scholz”, a-t-il soutenu. 

Elections en Allemagne : la réaction du social-démocrate Olaf Scholz après les premiers résultats

Du côté de la CDU, Armin Laschet a évoqué des résultats qui “ne nous satisfont pas”, tout en refusant de s’incliner face à son rival social-démocrate. Pour la première fois, selon toute vraisemblance, nous aurons une coalition composée de trois partis”, a-t-il déclaré. “Nous avons reçu un mandat clair de nos électeurs : une voix à notre parti, c’est une voix claire contre un gouvernement de gauche. C’est pourquoi nous allons tout faire pour former un gouvernement.” 

Elections allemandes : le candidat de la CDU, Armin Laschet, réagit après les premiers résultats

Un recul historique pour la CDU d’Angela Merkel

Si ces premières estimations se confirment bien au fil de la nuit, le camp chrétien-démocrate de la CDU et de la CSU accuserait son pire résultats aux élections fédérales depuis 1949. Pour la première fois, les conservateurs obtiennent un score inférieur à 30% des voix, comme le note Mathieu Gallard, directeur de recherche au sein d’Ipsos France. Ils avaient obtenu 33% lors des précédentes élections fédérales en septembre 2017, relève la Deutsche Welle (lien en anglais). 

Le SPD remonte légèrement par rapport à 2017 (où il avait obtenu 20,5% des voix), mais le parti reste en déclin depuis le début des années 2000, où il recueillait autour de 40% des voix. 

Les Verts déçus mais prêts à peser

En tête des intentions de vote au mois de mai, les écologistes ont peu à peu reculé dans les intentions de vote, jusqu’à stagner autour de 16% dans les dernières enquêtes d’opinion. Avec un score d’environ 14% d’après les premiers résultats, les résultats des Verts sont en deçà des espérances, mais le parti écologiste progresse sensiblement par rapport à 2017, où il était arrivé sixième, avec 8,9% des voix. 

La candidate écologiste à la chancellerie, Annalena Baerbock, a concédé qu’il n’y avait “pas de raison de se réjouir” dimanche soir“Nous voulions gagner la chancellerie. Malheureusement cela n’a pas été possible, nous avons fait des erreurs pendant la campagne. Moi-même j’ai fait des erreurs”, a-t-elle déclaré. 

Elections en Allemagne : Annalena Baerbock réagit après l'annonce des premiers résultats

Arrivés troisièmes dimanche soir, les Verts s’annoncent toutefois déterminants dans la formation du futur gouvernement. “Nous avons un mandat clair pour l’avenir de notre pays”, a défendu la candidate des Verts à l’issue des résultats. Leur place dans la prochaine coalition se précise, comme cela avait été le cas entre 1998 et 2005, sous Gerhard Schröder.

Plusieurs scénarios de coalition possibles

Quel gouvernement remplacera la “grande coalition” liant, depuis mars 2018, la CDU d’Angela Merkel et le SPD ? Les résultats étant très serrés entre conservateurs et sociaux-démocrates, plusieurs scénarios restent probables ce soir, chacun des deux camps souhaitant former un gouvernement. Une alliance entre trois formations politiques se profile, ni la CDU ni le SPD ne pouvant obtenir une majorité avec un seul autre parti. 

Olaf Scholz pourrait opter pour la formation d’un gouvernement avec les Verts et les libéraux-démocrates, soit une coalition “feux tricolores”, en référence aux couleurs de chaque parti. Une coalition plus marquée à gauche, rassemblant le SPD, les écologistes et le parti de gauche Die Linke (qui a recueilli 5% des votes) est désormais moins probable car elle ne permettrait pas d’obtenir une majorité, d’après les premières estimations. Autre possibilité : une coalition “Jamaïque”, c’est-à-dire une alliance entre la CDU, les Verts et les libéraux-démocrates. Lors de son discours dimanche soir, Armin Laschet a évoqué la lutte contre le réchauffement climatique, comme un appel du pied au camp écologiste d’Annalena Baerbock. 

Une “grande coalition” entre la CDU-CSU et le SPD, accompagnés des Verts ou des libéraux-démocrates reste-t-elle envisageable ? “Pour moi, ce n’est pas une option que nous privilégions”, a réagi le ministre du Travail social-démocrate Hubertus Heil, relève Politico (lien en anglais)“Il y a des majorités au delà de la ‘grande coalition'”. Dans tous les cas, Olaf Scholz et Armin Laschet se sont engagés, dimanche soir, à former un nouveau gouvernement d’ici Noël. 

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